Le social démocrate victorieux, qui s’est présenté sur une plate-forme préconisant la légalité et l’intégration à l’UE, a pris des mesures pour atténuer la tension entre son pays et la Serbie voisine en déclarant que si la Servie répondait aux demandes de la Croatie, il n’y aurait pas de raison de la poursuivre en justice.
La plainte de la Croatie à l’encontre de la Serbie à la Hague est ouverte depuis le 2 juillet 1999 et concerne la violation de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide par l’armée puis la République fédérale de Yougoslavie contre sa population croate. Le Cour internationale de justice a statué contre les objections préliminaires de la Serbie le 18 novembre 2008.
La Serbie a longtemps demandé à la Croatie de retirer ses poursuites judiciaires et de résoudre les questions liées aux guerres civiles des Balkans en dehors des tribunaux. La Serbie pense depuis plusieurs années qu’il est préférable que les conflits issus des guerres des années 90 soient résolus en dehors du processus judiciaire par des moyens pacifiques. Toutefois, pour que cette approche serbe fonctionne, il faut des partenaires des deux côtés.
Après avoir échoué à convaincre la Croatie, la Serbie a aussi poursuivi Zagreb pour génocide devant la Cour internationale de justice le 4 janvier 2010 avec une attention spéciale portée sur les opérations entreprises par les forces croates durant l’opération « Tempête » (4 au 8 août 1995).
Les tensions juridiques semblent avoir favorisé de manière inattendue l’élection de M. Josipovic, dont la décision est encore plus inattendue, étant donné qu’il était l’un des auteurs de la poursuite de la Croatie contre la Serbie.
Le président serbe M. Tadic a répondu rapidement à ce signal. Il a félicité M. Josipovic et déclaré que la Serbie et la Croatie partageaient toutes deux un futur commun dans l’UE. Les deux pays jouent un rôle décisif dans la transformation des Balkans de l’ouest en une zone de stabilité et de développement durables, a-t-il dit.
Concernant la poursuite judiciaire, il a réitéré qu’il n’y avait pas de culpabilité collective et que chaque criminel avait ses propres noms et prénoms. Les criminels doivent être punis pour ce qu’ils ont fait par respect pour les victimes et leurs familles et pour le bien de la réconciliation dans les Balkans.
Par ailleurs, M. Tadic et son parti démocratique mettent la pression en faveur d’une déclaration parlementaire officielle condamnant le massacre de Srebrenica en juillet 1995. L’énoncé exact du texte a débouché sur un débat politique enflammé.
Cette avancée pourrait s’avérer être un pas supplémentaire vers l’apaisement des tensions pas seulement avec les Croates, mais aussi avec les Pays-Bas, qui restent les principaux opposants, via leur veto, au statut de candidat de la Serbie en raison de l’engagement des troupes néerlandaises pour mettre fin au nettoyage ethnique pendant les guerres des Balkans.



