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EPIA Business Development Unit Intern – Paid Internship
Interim Public Affairs Manager
Account Executive in Public Affairs - Financial Services Practice
Policy advisor International Affairs
Writer/Web Editor - Native English
Consultant (Scientist) to work on the NERC-funded project "VALOR"
Mettre une annonceLes négociations d'adhésion ont été officiellement ouvertes en octobre 2005. Néanmoins, des obstacles subsistent sur la voie de l'adhésion de la Turquie à l'UE. Il s'agit entre autres des relations commerciales avec Chypre, de la liberté d'expression, ainsi que des droits de la minorité kurde.
Depuis la naissance de la Turquie moderne en 1923, cet Etat à majorité musulmane est demeuré une démocratie laïque étroitement alignée sur l'Occident. La Turquie est un membre fondateur de l'ONU et un membre de l'OTAN depuis 1952. Ankara siège au sein du Conseil de l'Europe depuis 1949, de l'OCDE depuis 1961, et a accédé au statut de membre associé de l'Union de l'Europe occidentale en 1992. Ankara s'est par ailleurs engagée sur la voie d'une coopération étroite avec la Communauté économique européenne dès 1959, et depuis cette date la question de l'entrée de la Turquie au sein de la CEE, puis de l'Union, fait l'objet de débats particulièrement animés.
Dates clés :
Dans le cadre de sa décision du 17 décembre 2004, le Conseil européen à reconnu les importants progrès faits par la Turquie sur le plan législatif dans plusieurs domaines, mais a ajouté que ces derniers devaient être consolidés et élargis. De plus, le rapport a également noté les progrès concernant la stabilité et la prévisibilité économiques du pays, ainsi que l'indépendance et l'efficacité accrues du système judiciaire. Concernant le respect des droits de l'homme et l'exercice des libertés fondamentales, la Turquie a, selon le rapport, adhéré aux conventions européennes et internationales les plus pertinentes.
Fait encore plus important pour Ankara, la Turquie a obtenu une date (3 octobre 2005) pour le lancement des négociations d'adhésion. Elle souhaitait à l'origine une date plus proche, étant donné l'engagement pris lors du sommet de Copenhague d'ouvrir les négociations "sans délai" après que la Turquie a fait, selon l'UE, suffisamment d'éfforts au niveau de ses réformes.
La Commission a par la suite établi un cadre pour les négociations d'adhésion avec la Turquie. Ce document a été publié le 29 juin 2005. Le cadre de négociations, qui a été qualifié de "rigoureux" par le commissaire à l'élargissement, Olli Rehn, repose sur les éléments suivants :
A travers l'UE, les arguments autour de l'adhésion prévue de la Turquie concernent une série de domaines (démographique, politique, géographique, etc.). L'ensemble des Etats membres constatent que, si la Turquie devait adhérer à l'UE, elle deviendrait, lors de son adhésion, l'Etat membre le plus peuplé de l'UE. La population actuelle de la Turquie est de 71 millions d'habitants, et, selon les démographes, pourrait atteindre entre 80 et 85 millions de personnes dans les 20 prochaines années. On peut comparer ces chiffres à ceux du plus grand membre actuel de l'UE, l'Allemagne, qui compte 83 millions d'habitants aujourd'hui, mais dont la population devrait passer à environ 80 millions d'ici 2020.
Un autre sujet controversé porte sur la place de la Turquie par rapport aux frontières de l'Europe, dont l'existence même fait l'objet de discussions très vives. Beaucoup d'observateurs voient dans cette question (souvent mise en avant pour contester la légitimité de la candidature turque) un faux débat servant à masquer des préjugés philosophiques et intellectuels, et rappellent que le traité de Rome prévoyait la constitution d'une union d'Etats européens avant tout fondée sur le partage de valeurs communes.
L'un des débats les plus sensibles porte sur la question des différences culturelles et religieuses. Les partisans de la candidature turque estiment que, dans la mesure où l'Union européenne se considère elle-même comme une mosaïque culturelle et religieuse, les différences entre la Turquie et les Etats membres actuels de l'UE ne devraient pas être considérées comme de réels problèmes.
Les préoccupations des Etats membres au sujet du respect des droits de l'homme en Turquie ainsi que des questions régionales et globales liées à la sécurité ont été également des facteurs clés expliquant le processus de candidature prolongé de la Turquie.
L'avenir de l'île divisée de Chypre est également un sujet extrêmement controversé. La décision du Conseil européen en décembre 2004 comprenait une formule de compromis sur la question chypriote, selon laquelle les parties concernées devaient tenter de trouver une solution au conflit avant la date prévue du 3 octobre 2005 pour lancer les négociations d'adhésion avec Ankara. Cependant, les négociations d'adhésion seront désormais lancées sans avoir résolu le conflit chypriote.
Les résultats des référendums sur la Constitution européenne au cours du premier semestre 2005 (notamment les votes négatifs en France et aux Pays-Bas) ont nui à la candidature turque. Bien que d'importantes recherches et études ne soient pas parvenues à démontrer que l'élargissement en général et la candidature de la Turquie en particulier ont été des facteurs clés expliquant le rejet de la Constitution par l'opinion publique, l'été 2005 a vu une croissance du scepticisme en Europe au sujet des perspectives européennes de la Turquie.
La Turquie doit encore faire des progrès dans le domaine de la liberté d'expression. L'UE souhaiterait notamment que la Turquie réforme son code pénal et l'article controversé 301, sur lequel reposaient les affaires dites "de l'identité turque" contre des écrivains et des journalistes.
Avec les prochaines élections législatives en Turquie en 2007 et le déclin du soutien de l'opinion publique à l'adhésion du pays à l'UE, les problèmes semblent de plus en plus difficiles à résoudre. Les citoyens turcs sont de plus en plus lassés par le processus de négociation. Un récent Eurobaromètre a révélé que seuls 44% des Turcs considérait l'adhésion à l'UE comme une bonne chose, contre 66% au printemps 2005. Une étude du German Marshall Fund of the US, publiée en juin, a confirmé cette tendance. Les politiciens turcs utilisent de plus en plus ce sentiment, notamment en vue des prochaines élections. Cette tendance a été récemment illustrée par les critiques des citoyens turcs concernant les commentaires du Pape Benoît XVI sur l'Islam, le 15 septembre 2006.
L'Allemagne a été un des principaux pays à défendre la candidature de la Turquie sous la direction du chancelier Gerhard Schroder. Cependant, la récente prise du pouvoir au cours de l'automne 2005 par les Chrétiens démocrates, menés par Angela Merkel, pourrait modifier la position du pays. Mme Merkel s'est fortement opposée à l'adhésion de la Turquie, soutenant "qu'inviter la Turquie à devenir un pays candidat [...] était une erreur." L'Allemagne reste cependant le principal partenaire économique et commercial de la Turquie au sein de l'UE. Le volume du commerce bilatéral, évalué à 14 milliards d'euros par an, a doublé au cours des dix dernières années. Près de 14% des exportations turques sont à destination de l'Allemagne, tandis que 17% du total des exportations allemandes sont à destination de la Turquie. Près de 1100 entreprises allemandes sont aujourd'hui établies en Turquie, et plus de 3 millions de touristes allemands visitent la Turquie chaque année. Sur les 2,5 millions de Turcs vivant en Allemagne, 600 000 ont déjà obtenu la citoyenneté allemande.
Le Royaume-Uni reste déterminé à poursuivre l'élargissement de l'UE et considère comme prioritaire le lancement des négociations d'adhésion avec Ankara le 3 octobre 2005. Cependant, en raison de l'échec récent des référendums sur la Constitution européenne et le changement perceptible d'humeur dans certains cercles politiques européens, il pourrait s'avérer difficile pour Londres de maintenir le rythme de l'élargissement. La Turquie est un partenaire commercial important du Royaume-Uni. En 2002, ce dernier était la troisième destination des exportations turques et la sixième source principale d'importations. Le montant total du commerce bilatéral pour 2002 s'est élevé à 3,7 milliards de livres (5,4 milliards d'euros).
La France, qui avec l'Autriche, s'est engagé à tenir un référendum sur l'adhésion de la Turquie à l'UE, semble de plus en plus sceptique sur la question turque. Tandis que le Président Chirac a été un ardent défenseur des ambitions d'Ankara, le référendum sur la Constitution européenne a mis à jour les réserves du grand public français.
Le nouveau président Nicolas Sarkozy est fermement opposé à l'adhésion de la Turquie à l'UE. Il a déclaré que l'Union européenne n'était pas simplement une idée mais une entité géographique et a rejeté l'adhésion turque. N. Sarkozy a également ajouté que l'Europe devrait suspendre les négociations d'adhésion avec la Turquie et qu'elle favorise en revanche l'établissement d'un "partenariat privilégié". En 1998, Paris et Ankara ont signé un plan d'action introduisant une dimension stratégique dans les relations franco-turques. Les entreprises françaises figurent parmi les principaux investisseurs en Turquie, bien que la France ne se classe qu'au 5ème rang en terme de volume d'investissements. La Turquie a exporté des marchandises à destination de la France pour une valeur de 2,12 milliards de dollars américains (1,75 milliards d'euros) en 2002 tandis que la valeur de ses importations a atteint 1,76 milliards de dollars américains (1,45 milliards d'euros). Les Français représentent le 4ème plus gros contingent de touristes visitant la Turquie chaque année. Parallèlement, l'extrême droite très anti-islamiste a fait d'importants progrès sur la scène politique française (avec, en toile de fond, la réticence croissante de ce pays à accepter de nouveaux membres dans le club des 15).
Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a répondu aux remarques de Nicolas Sarkozy de la façon suivante : "Les négociations d'adhésion avec la Turquie se poursuivent sur la base d'un mandat accordé par les Etats membres à l'unanimité". Il a ajouté : "Si l'un des Etats membres, ou plusieurs, souhaite modifier ce mandat, c'est à eux de s'en charger et d'en accepter les conséquences". J. M. Barroso a clairement fait comprendre qu'il souhaitait que les discussions actuelles se poursuivent : "La Commission souhaiterait que les négociations se poursuivent, et nous recommandons aux Etats membres de ne pas prendre de décisions définitives avant la fin des négociations".
La Grèce, ennemi traditionnel de la Turquie, est presque devenue une fervente supportrice de l'adhésion d'Ankara à l'UE. Selon Athènes, il vaut mieux que la Turquie soit dans le club qu'en dehors. "Nous pensons simplement que si la Turquie rejoint l'Union européenne, elle sera obligée, lors de son adhésion, de respecter ses règles et ses valeurs, ce qui résoudra en soi-même beaucoup de nos problèmes," a déclaré l'ancien ministre grec de la défense, Yannos Papantoniou. Le gouvernement du Premier ministre grec, Costas Karamanlis, poursuit son approche bienveillante.
La Pologne, qui a adhéré à l'UE le 1er mai 2004, se méfie du fait que la Turquie, une fois accepté au sein du club européen, bénéficie de subventions massives et soit un pays beaucoup trop grand pour la capacité d'absorption de l'UE. Néanmoins, Varsovie a également réitéré à plusieurs reprises son soutien de la candidature turque.
Le premier ministre du Luxembourg, Jean-Claude Juncker, a déclaré : "Nous devrions également pouvoir établir différentes relations de traité pour les nouveaux Etats membres", ajoutant : "Tous les Etats membres de l'UE ne doivent pas adhérer aux politiques européennes ou les incorporer avec le même degré d'intensité. A mon avis, si elle doit comprendre un jour 35 ou 40 Etats membres, l'UE doit concevoir une nouvelle forme d'intensité d'adhésion".
La Turquie est un allié essentiel des Etats- Unis, et Washington considère donc que l'UE devrait accepter cette grande nation musulmane comme membre à part entière. Les responsables américains estiment que l'accession de la Turquie au statut d'Etat membre de l'UE pourrait faire figure d'exemple à suivre pour l'ensemble du monde musulman.
Le Président de la Commission, Jose Manuel Barroso, a déclaré que l'UE restait fidèle à ses engagements, mais a également expliqué que les préoccupations des Européens au sujet des perspectives d'adhésion de la Turquie ne pouvaient être ignorées. Les "signaux envoyés par les électeurs [doivent être] pris au sérieux", a-t-il indiqué. A cette fin, la Commission a annoncé son intention de lancer un dialogue de la société civile à travers les Etats membres sur l'élargissement en général et l'adhésion de la Turquie en particulier. En 2006, environ 40 millions d'euros seront destinés à ce projet. Le 25 septembre 2005, le président de la Commission a appelé à suspendre momentanément l'élargissement à la suite de l'adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie. Il a déclaré : "Je ne pense pas qu'il serait raisonnable de poursuivre les élargissements avant d'avoir résolu la crise constitutionnelle en Europe".