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Les ambassadeurs de l’UE ont fait part de leurs inquiétudes suite aux décisions adoptées par le Parlement roumain pour protéger les fonctionnaires de haut rang de poursuites pour des allégations de corruption. D’après une enquête d’EurActiv Roumanie.
Au moment de l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’UE le 1er janvier 2007, il restait des points faibles dans la réforme judiciaire et la lutte contre la corruption – et dans le cas de la Bulgarie, dans la lutte contre la criminalité organisée. Ces faiblesses impliquaient le risque que ces deux pays ne soient pas capables d’appliquer correctement le droit communautaire et que les Bulgares ne puissent pas jouir pleinement de leurs droits en tant que citoyens européens. Pour aider ces pays, un mécanisme de coopération et de vérification a été mis en place.
Les derniers rapports annuels sur la Bulgarie et la Roumanie seront publiés le 23 juillet. Ils sont préparés par le Secrétariat Général sous l’autorité du président de la Commission et en accord avec le vice-président Barrot.
Les ambassadeurs de l’UE à Bucarest ont rencontré les membres du Parlement roumain pour exprimer leur mécontentement face au non-respect des engagements du pays dans la lutte contre la corruption.
Robin Barnett, l’ambassadeur britannique, a critiqué la récente décision de la Cour constitutionnelle selon laquelle toutes les enquêtes lancées sur les responsables politiques de haut rang doivent être autorisées par le Parlement.
En adoptant la décision, le Parlement a en effet accordé une protection à l’ancien Premier ministre Adrian Nastase et à l’ancien ministre des Transports Miron Mitrea, tous deux poursuivis pour corruption.
Les récentes mesures ne servent qu’à ériger des obstacles dans la lutte contre la corruption, selon M. Barnett cité dans la presse roumaine. Le représentant britannique a également fait part de sa consternation face à la nouvelle décision, puisque les personnes mises en examen sont notifiées à l’avance des perquisitions effectuées dans leurs locaux par les autorités judiciaires.
Si les criminels commencent à considérer la Roumanie comme un paradis judiciaire au sein de l’UE, tous les Etats membres seront affectés, a déclaré M. Barnett.
L’ambassadeur néerlandais, Jaap Werner, a partagé ce point de vue. Il a averti que l’UE s’attend à ce que le Parlement européen contribue à la lutte contre la corruption au lieu de perturber les enquêtes judiciaires. Il a également déploré le fait que le Parlement soit incapable de décider de poursuivre les responsables politiques de haut rang dans la mesure où les députés n’assistent pas toujours aux sessions plénières, ce qui ne permet pas d’atteindre le niveau de participation nécessaire pour tenir un vote.
L’année dernière, plusieurs décisions des députés roumains ont marqué une régression dans la lutte contre la corruption. En 2007, le Parlement roumain a amendé le Code pénal afin que les procureurs signalent à l’avance toute enquête impliquant des personnalités politiques.
Willem de Pauw, un procureur belge expert de l’UE, a rédigé un rapport, cité par The Economist, qui conclut qu’au lieu de progresser dans la lutte contre la corruption de haut niveau, la Roumanie régresse sur tous les fronts. Si les efforts fournis pour lutter contre la corruption continuent au rythme actuel, dans près de six mois la Roumanie redeviendra ce qu’elle était en 2003, poursuit-il.
Selon des diplomates étrangers cités dans le même article, le problème est que des pays comme la France ont fait pression pour que la Roumanie rejoigne l’UE plus tôt dans leur propre intérêt, qu’il soit financier ou géopolitique. De plus, la pression politique pourrait désormais couvrir, et non exposer, le problème. Si le rapport européen de juillet sur la Roumanie est aussi inconsistant que le dernier, cela ne fera qu’alimenter les soupçons, a-t-il ajouté.