Les ambassadeurs de l’UE à Bucarest ont rencontré les membres du Parlement roumain pour exprimer leur mécontentement face au non-respect des engagements du pays dans la lutte contre la corruption.
Robin Barnett, l’ambassadeur britannique, a critiqué la récente décision de la Cour constitutionnelle selon laquelle toutes les enquêtes lancées sur les responsables politiques de haut rang doivent être autorisées par le Parlement.
En adoptant la décision, le Parlement a en effet accordé une protection à l’ancien Premier ministre Adrian Nastase et à l’ancien ministre des Transports Miron Mitrea, tous deux poursuivis pour corruption.
Les récentes mesures ne servent qu’à ériger des obstacles dans la lutte contre la corruption, selon M. Barnett cité dans la presse roumaine. Le représentant britannique a également fait part de sa consternation face à la nouvelle décision, puisque les personnes mises en examen sont notifiées à l’avance des perquisitions effectuées dans leurs locaux par les autorités judiciaires.
Si les criminels commencent à considérer la Roumanie comme un paradis judiciaire au sein de l’UE, tous les Etats membres seront affectés, a déclaré M. Barnett.
L’ambassadeur néerlandais, Jaap Werner, a partagé ce point de vue. Il a averti que l’UE s’attend à ce que le Parlement européen contribue à la lutte contre la corruption au lieu de perturber les enquêtes judiciaires. Il a également déploré le fait que le Parlement soit incapable de décider de poursuivre les responsables politiques de haut rang dans la mesure où les députés n’assistent pas toujours aux sessions plénières, ce qui ne permet pas d’atteindre le niveau de participation nécessaire pour tenir un vote.
L’année dernière, plusieurs décisions des députés roumains ont marqué une régression dans la lutte contre la corruption. En 2007, le Parlement roumain a amendé le Code pénal afin que les procureurs signalent à l’avance toute enquête impliquant des personnalités politiques.



