Les souvenirs du 9 novembre 1989 ont dominé les unes des journaux allemands ce week-end, et les chaînes de télévision ont diffusé des programmes documentaires, des témoignages de témoins visuels et des panels de discussion à propos de l’évènement qui a changé la face de l’Europe.
Il y a eu peu d’évènement historique aussi radical et immédiatement visible que celui du 9 novembre 1989, a écrit le Koelnische Rundschau dans un éditorial.
Toute personne ayant été avant huit heures à la Porte de Brandebourg aurait considéré comme un rêve absurde le fait qu’il y ait une foule de gens au sommet du Mur quatre heures plus tard.
Des personnalités centrales de cette période qui ont inauguré la chute du communisme en Europe de l’Est, tels que l’ex-dirigeant soviétique Mikhail Gorbachev et Lech Wałęsa, qui dirigeait les protestations anticommunistes en Pologne à la tête du syndicat Solidarność, prendront part lundi aux évènements commémoratifs autour de ce qui fut une capitale divisée.
Les dirigeants des nations qui occupèrent l’Allemagne après guerre se joindront à eux, mis à part les Etats-Unis, qui seront représentés par la secrétaire d’Etat Hillary Clinton.
Le premier ministre britannique Gordon Brown, le président français Nicolas Sarkozy et le président russe Dimitri Medvedev devraient tous participer aux célébrations organisées par la chancelière Angela Merkel, avec également une série de rencontres bilatérales.
Des milliers de touristes ont déferlé dans la capitale pour marquer cet évènement, qui a accéléré la réunification de l’Allemagne, la chute du Rideau de fer et la fin de l’Union soviétique.
Le jour le plus heureux
Mme Merkel, qui travaillait comme chercheuse scientifique à Berlin-Est en ce temps là, a déclaré ce week-end que la chute du Mur était le jour le plus heureux dans l’histoire récente de l’Allemagne.
Des célébrations sont prévues dans toute la ville, y compris un tombé de 1 000 dominos géants colorés sur une distance de 1,5 km (0,9 mile) sur le tracé du Mur original.
Secouée par la fuite massive de ses citoyens vers le Berlin-Ouest capitaliste, l’Allemagne de l’Est communiste avait commencé à ériger une barrière de protection anti-fasciste dans les premières heures du 13 août 1961.
Selon une étude publiée cette année, au moins 136 personnes sont mortes tuées au Mur de Berlin entre 1961 et 1989 en essayant de le franchir.
Cependant, des milliers parvinrent à échapper aux champs de mines, aux chiens et aux gardes dans leurs miradors, utilisant des plans ingénieux et notamment des tunnels, des montgolfières ou des compartiments cachés dans des voitures afin de rejoindre l’Ouest.
Pour certains Allemands, la réunification de 1990 reste un sujet délicat. Plusieurs centaines de manifestants de gauche ont défilé samedi pour protester contre les célébrations planifiées à Berlin.
Un nouveau sondage conduit auprès de quelque 1 000 Allemands par le quotidien Leipziger Volkszeitung montre qu’un Allemand sur huit souhaite la reconstruction du Mur – avec des chiffres quasiment égaux à l’Est et à l’Ouest.
Des survivants de la Guerre froide ont réfléchi à ce jour qui a vu l’ouverture des frontières de l’Allemagne de l’Est à l’Ouest, après que des milliers de ses citoyens ont commencé à s’échapper derrière le Rideau de fer via la frontière austro-hongroise lors de l’été 1989.
Helmut Schmidt, 90 ans, ancien chancelier ayant dirigé l’Allemagne de l’Ouest entre 1974 et 1982, a déclaré à la chaîne publique NDR qu’il avait été profondément ému lorsque le Mur était tombé.
J’ai toujours su que nous aurions la chance en Europe un jour ou l’autre de réunir les deux Etats allemands de l’après guerre, mais je ne pensais pas que je vivrais assez longtemps pour le voir, a-t-il dit. Cela m’a presque submergé.
(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv.)



