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Réunion des dirigeants internationaux pour marquer la fin de la Guerre froide [FR][en][de

Publié: lundi 9 novembre 2009   

Les anciens et actuels dirigeants internationaux vont se rendre en Allemagne aujourd’hui (9 novembre) pour célébrer le 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin – symbole parfait d’une Guerre froide qui a divisé un pays et un continent.

Contexte:

Avant l’érection du Mur de Berlin en 1961, quelques 3,5 millions d’Allemands de l’Est ont émigré en Allemagne de l’Ouest. Après sa construction, quelques 5 000 personnes essayèrent de s’échapper par-dessus le Mur, avec pour résultat entre 100 et 200 morts.

A l’occasion d’une vague révolutionnaire qui a balayé le bloc de l’Est, le 9 novembre 1989 un fonctionnaire gouvernemental de l’Allemagne de l’Est annonça, après un malentendu, que tous les citoyens de la RDA pouvaient visiter librement Berlin-Ouest et l’Allemagne de l’Ouest. Des dizaines de milliers d’Allemands de l’Est se rendirent alors immédiatement aux points de passe frontaliers. Les gardes frontières de l’Allemagne de l’Est ne leur opposèrent aucune résistance.

Des foules d’Allemands de l’Est escaladèrent et passèrent derrière le Mur, rejoints par des Allemands de l’Ouest de l’autre côté dans une atmosphère festive. Les semaines qui suivirent, des morceaux du Mur furent détruits. La chute du Mur de Berlin ouvrit la voie à la réunification allemande, conclue formellement le 3 octobre 1990.

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Autres articles:

Les souvenirs du 9 novembre 1989 ont dominé les unes des journaux allemands ce week-end, et les chaînes de télévision ont diffusé des programmes documentaires, des témoignages de témoins visuels et des panels de discussion à propos de l’évènement qui a changé la face de l’Europe.

Il y a eu peu d’évènement historique aussi radical et immédiatement visible que celui du 9 novembre 1989, a écrit le Koelnische Rundschau dans un éditorial.

Toute personne ayant été avant huit heures à la Porte de Brandebourg aurait considéré comme un rêve absurde le fait qu’il y ait une foule de gens au sommet du Mur quatre heures plus tard.

Des personnalités centrales de cette période qui ont inauguré la chute du communisme en Europe de l’Est, tels que l’ex-dirigeant soviétique Mikhail Gorbachev et Lech Wałęsa, qui dirigeait les protestations anticommunistes en Pologne à la tête du syndicat Solidarność, prendront part lundi aux évènements commémoratifs autour de ce qui fut une capitale divisée.

Les dirigeants des nations qui occupèrent l’Allemagne après guerre se joindront à eux, mis à part les Etats-Unis, qui seront représentés par la secrétaire d’Etat Hillary Clinton.

Le premier ministre britannique Gordon Brown, le président français Nicolas Sarkozy et le président russe Dimitri Medvedev devraient tous participer aux célébrations organisées par la chancelière Angela Merkel, avec également une série de rencontres bilatérales.

Des milliers de touristes ont déferlé dans la capitale pour marquer cet évènement, qui a accéléré la réunification de l’Allemagne, la chute du Rideau de fer et la fin de l’Union soviétique.

Le jour le plus heureux

Mme Merkel, qui travaillait comme chercheuse scientifique à Berlin-Est en ce temps là, a déclaré ce week-end que la chute du Mur était le jour le plus heureux dans l’histoire récente de l’Allemagne.

Des célébrations sont prévues dans toute la ville, y compris un tombé de 1 000 dominos géants colorés sur une distance de 1,5 km (0,9 mile) sur le tracé du Mur original.

Secouée par la fuite massive de ses citoyens vers le Berlin-Ouest capitaliste, l’Allemagne de l’Est communiste avait commencé à ériger une barrière de protection anti-fasciste dans les premières heures du 13 août 1961.

Selon une étude publiée cette année, au moins 136 personnes sont mortes tuées au Mur de Berlin entre 1961 et 1989 en essayant de le franchir.

Cependant, des milliers parvinrent à échapper aux champs de mines, aux chiens et aux gardes dans leurs miradors, utilisant des plans ingénieux et notamment des tunnels, des montgolfières ou des compartiments cachés dans des voitures afin de rejoindre l’Ouest.

Pour certains Allemands, la réunification de 1990 reste un sujet délicat. Plusieurs centaines de manifestants de gauche ont défilé samedi pour protester contre les célébrations planifiées à Berlin.

Un nouveau sondage conduit auprès de quelque 1 000 Allemands par le quotidien Leipziger Volkszeitung montre qu’un Allemand sur huit souhaite la reconstruction du Mur – avec des chiffres quasiment égaux à l’Est et à l’Ouest.

Des survivants de la Guerre froide ont réfléchi à ce jour qui a vu l’ouverture des frontières de l’Allemagne de l’Est à l’Ouest, après que des milliers de ses citoyens ont commencé à s’échapper derrière le Rideau de fer via la frontière austro-hongroise lors de l’été 1989.

Helmut Schmidt, 90 ans, ancien chancelier ayant dirigé l’Allemagne de l’Ouest entre 1974 et 1982, a déclaré à la chaîne publique NDR qu’il avait été profondément ému lorsque le Mur était tombé.

J’ai toujours su que nous aurions la chance en Europe un jour ou l’autre de réunir les deux Etats allemands de l’après guerre, mais je ne pensais pas que je vivrais assez longtemps pour le voir, a-t-il dit. Cela m’a presque submergé.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv.)

Positions:

La chute du Mur de Berlin en 1989 et la réunification l’année suivante ont transformé les relations avec la Russie, apportant un sentiment de confiance et de gratitude, a déclaré le premier ministre Vladimir Poutine.

C’est l’une des pierres fondatrices de nos relations, a expliqué M. Poutine dans un entretien avec la chaîne de télévision russe NTV. Nous comprenons tous que nous avons besoin les uns des autres, a dit M. Poutine.

Lors de la célébration du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin au Centre Sava de Belgrade, le président serbe Boris Tadic a déclaré que le 5 octobre 2005, la Serbie avait fait tomber ses propres murs de Berlin élevés par une politique destructrice menée par des régimes non démocratiques pendant les années 1990, a écrit le site Internet Emportal. Il a ajouté que l’unification de l’Europe serait complète seulement lorsque les pays des Balkans occidentaux deviendront des Etats membres de l’UE.

Il a redit que l’adhésion à l’UE était un objectif stratégique central de la Serbie, et qu’une Allemagne moderne et unie avait un rôle spécial dans l’accomplissement de cet objectif. Contrairement aux Allemands, qui ont choisi il y a 20 ans de rétablir les droits démocratiques de la souveraineté, les peuples de l’ancienne Yougoslavie ont suivi un chemin historique opposé : de l’unification aux divisions, de l’état de droit à l’anarchie, de la paix à la guerre, mettant en place une isolation longue d’une décennie, a déclaré le président serbe.

M. Tadic a estimé qu’aujourd’hui, les peuples des Balkans occidentaux étaient encore sur la voie de l’unification sous le toit européen et c’est pourquoi la démolition du Mur de Berlin prendra tout son sens uniquement lorsque tous les pays de la région deviendront membres de l’UE.

Lothar Biskyprésident du GUE/GVN au Parlement européen a déclaré : l’ouverture du Mur le 9/11/1989 a apporté d’importantes opportunités pour un développement pacifique de l’Europe et pour la fin de la Guerre froide. Beaucoup de ces opportunités ont été saisies (liberté de mouvement, liberté de la presse, démocratie, élargissement à l’est et beaucoup d’autres), mais d’autres ne l’ont pas été. Du coup, des conflits militaires dans les Balkans et le Caucase ont éclaté. Dans ces deux dernières décennies, les peuples d’Europe ont développé leurs relations et une compréhension mutuelle. L’intégration européenne a fait des progrès considérables.

L’ouverture du Mur a également mis en avant l’opportunité pour la gauche d’affronter le passé et d’en tirer des conclusions quant aux déformations du socialisme d’Etat, a-t-il ajouté. L’idée d’un socialisme démocratique, écrasée par la force à Prague en 1968, a été remise au goût du jour et développée. Il n’y a pas de socialisme sans démocratie ni liberté.

Comme la chancelière Angela Merkel, je crois que le 9 novembre est le jour le plus heureux dans l’Histoire récente de l’Allemagne, a déclaré Joseph Daul, président du groupe PPE  au Parlement européen. Et j’ajoute qu’il s’agit également du jour le plus heureux pour l’Europe entière parce qu’avec la chute du Mur de Berlin, la réunification de tout le continent s’est réalisée, a-t-il continué.

La chute du Mur indique la fin d’un régime dictatorial communiste qui a oppressé des millions d’hommes et de femmes en Europe centrale et orientale pendant des décennies. C’est également le symbole d’une liberté retrouvée et une pierre angulaire politique majeure dans l’Histoire de l’Europe, a jouté le président du groupe parlementaire de centre droit.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a déclaré : la chute du Mur de Berlin représente non seulement l’effondrement du totalitarisme en Europe centrale et orientale, mais c’est également le symbole frappant de la réunification de l’Allemagne et de l’Europe toute entière. Le 9 novembre 1989 fut un moment pendant lequel tout a semblé possible, marqué par la joie, le désir de liberté et l’idée d’une révolution pacifique. Un jour réellement historique qui me rappelle sous de nombreux aspects la révolution portugaise de 1974 que j’ai connu comme étudiant à 18 ans.

1989 a été une année qui a transformé l’Europe et la chute du Mur de Berlin a été l’une des images symboliques les plus poignantes de notre époque, a déclaré Margot Wallström, vice-présidente de la Commission européenne en charge des relations interinstitutionnelles et de la stratégie de communication.

L’Union européenne est née il y a 50 ans sur la base d’une réconciliation historique construite par M. Adenauer et M. De Gaulle entre la France et l’Allemagne, a déclaré Jerzy Buzek, président du Parlement européen. La réconciliation de ces deux pays fut à l’origine de la réconciliation de toute l’Europe démocratique de l’époque. Sans cette compréhension, le grand projet d’intégrer les démocraties occidentales n’aurait pas été possible. L’apogée de cela, c’est la poignée de main entre Helmut Kohl et François Mitterrand à Verdun, un endroit symbolique pour les deux nations, a-t-il ajouté.

Ce fut à ce moment là, en 1989, que nous commençâmes un processus très important : la construction d’une nouvelle identité européenne. Et cette fois ci pour le bénéfice de tous, dirigé contre personne, liant l’Est et l’Ouest. C’est à ce moment là que le mythe fondateur de la nouvelle Europe est né ! Le traité de Lisbonne qui a désormais été ratifié par tous les Etats membres est une autre étape sur ce chemin, a-t-il expliqué.

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