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Hier 24 juillet, le gouvernement serbe a décidé de remettre en place ses ambassadeurs dans les pays de l’UE qui ont reconnu l’indépendance du Kosovo. Cette décision vise à encourager les dirigeants de l’UE à accorder à la Serbie le statut de candidat, décision qui pourrait déjà intervenir à la fin de l’année.
Cette décision signifie que les diplomates retourneront en Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Finlande, France, Grande-Bretagne, Italie, Hongrie, Pays-Bas, République Tchèque, Slovénie et Suède. Dès leur nomination, ce sera le tour des ambassadeurs auprès du Danemark et de la Pologne.
Cette initiative annule une décision du cabinet de l’ancien Premier ministre Vojislav Kostunica, qui avait rappelé les ambassadeurs auprès des pays qui avait reconnu l’indépendance du Kosovo le 17 février (EurActiv 18/02/08)
Belgrade n’ayant pas d’ambassade en Estonie, Lettonie, Lituanie, Irlande et au Luxembourg, ce sont les ambassadeurs des pays voisins qui sont responsables des affaires diplomatiques. La Serbie a laissé ses diplomates dans les pays qui n’ont pas reconnu l’indépendance kosovare, à savoir l’Espagne, la Grèce, Chypre, le Portugal, la Roumanie et la Slovaquie.
Le gouvernement a précisé que cette décision ne s’appliquerait qu’aux pays de l’UE. Les Etats-Unis, à l’instar des autres pays non européens à avoir reconnu l’indépendance du Kosovo, ne verront pas le retour des diplomates serbes.
Le ministre des Affaires étrangères serbe, Vuk Jemeric, expliquait que la décision d’hier avait pour but de développer les relations diplomatiques de la Serbie. Il a également souligné que cela ne devait pas être interprété comme le signe d’un relâchement sur la question du Kosovo, qu’il considère toujours comme faisant partie de la Serbie.
C’est ce que l’opposition nationaliste avait fait remarqué, comparant la décision à une capitulation serbe.
La décision du gouvernement semble faire partie d’une offensive de charme auprès des dirigeants européens. La Serbie espère ainsi accélérer le processus d’intégration de la Serbie dans les institutions occidentales.
Lundi 21 juillet, les autorités serbes ont capturé Radovan Karadzic, le criminel de guerre le plus recherché d’Europe, mettant fin à 13 ans de cavale. Karadzic sera livré au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) (EurActiv 22/07/08).
Olli Rehn, Commissaire européen à l’élargissement, a salué cette arrestation, la qualifiant d’étape importante pour les efforts serbes en vue d’une adhésion à l’UE. D’autres exigent désormais l’intensification des efforts pour appréhender le numéro 2 de la liste, le général Ratko Mladic.
La coopération avec le TPIY a toujours été l’exigence principale de l’UE par rapport à la poursuite du rapprochement de la Serbie. Il s’agit du dernier obstacle à la ratification de l’accord de stabilisation et d’association (ASA), un accord de préadhésion signé à la fin avril (EurActiv 30/04/08).
Enjoignant l’ancien gouvernement Kostunica de coopérer avec le tribunal à plusieurs reprises, l’UE avait toujours obtenu la même réponse : Karadzic et Mladic ne se trouvent pas en Serbie (EurActiv 23/04/08)