En octobre 2009, les Nations unies ont approuvé la requête de la Serbie de demander à la CIJ si la sécession du Kosovo était légale. Le jugement devrait prendre du temps, mais les audiences ont débuté et les deux parties opposées produiront leurs arguments aujourd’hui.
Si la CIJ décide de l’illégalité de la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, cela porterait un coup sérieux à ses espoirs d’atteindre le statut d’Etat et mettrait un terme à la vague de reconnaissances formelles par la communauté internationale.
Le ministre des Affaires étrangères serbe Vuk Jeremic a déclaré à Reuters que les Serbes espéraient que la décision finale dise en substance qu’il est impossible de faire sécession d’un Etat internationalement reconnu en temps de paix.
Le premier ministre adjoint du Kosovo Rame Manaj a répondu en affirmant qu’il était possible pour le Kosovo de vivre avec la Serbie seulement en étant deux Etats indépendants. La Serbie a déporté la moitié de la population en dehors du Kosovo, a tué et massacré plus de 12 000 personnes […] et c’est à cause de tout cela que nous avons déclaré notre indépendance, a-t-il fait valoir.
Le statut d’Etat pour le Kosovo a été accepté par 22 Etats membres de l’UE. Chypre, la Grèce, la Roumanie, la Slovaquie et l’Espagne se sont tous opposés à la déclaration d’indépendance, craignant que cela ne débouche sur un précédent dangereux par rapport à leurs propres minorités.
De plus, les quatre BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) se sont opposés au statut indépendant du Kosovo, partageant les mêmes inquiétudes que les cinq pays européens.
Le Kosovo est déjà membre du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, mais le règlement final de son indépendance serait son acceptation en tant que membre de l’Assemblée générale de l’ONU. Afin d’y pénétrer, de nombreuses autres reconnaissances internationales sont nécessaires.
Un jugement positif de la CIJ faciliterait certainement le chemin du Kosovo vers une pleine indépendance. Un jugement négatif le forcerait à retourner à la table des négociations avec la Serbie ou à lui accorder le statut d’un « nouveau Taiwan ».
EurActiv avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EurActiv.


