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Serbie : le dirigeant socialiste brigue le poste de premier ministre

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Publié 08 mai 2012, mis à jour 09 mai 2012

Que ce soit au sein d’une coalition avec le Parti démocrate pro-européen du président sortant, Boris Tadić, ou avec le Parti progressiste de l’ancien ultranationaliste Tomislav Nikolić, le dirigeant socialiste Ivica Dačić se voit déjà occuper le poste de premier ministre du pays. Un reportage d’EurActiv Serbie.

Les élections menées le 6 mai en Serbie ont confirmé le soutien de la population pour le Parti progressiste serbe et le Parti démocrate, mais tous deux devront sans doute former une coalition avec le Parti socialiste de Serbie.

La coalition qui rassemble les socialistes, Serbie unie et le Parti des retraités unis de Serbie a remporté 15 % des voix, ce qui en fait la troisième force politique du pays. Elle est donc dans une position idéale pour négocier et décidera sans doute de la composition du prochain gouvernement serbe.

« La Serbie ne sait peut-être pas encore qui sera son nouveau président, mais elle sait qui sera son nouveau premier ministre », a déclaré le leader du Parti socialiste, Ivica Dačić, dans la soirée du 6 mai lors d'une conférence de presse organisée dans les locaux du parti. Le Parti socialiste était par le passé dirigé par Slobodan Milošević, mais il aurait beaucoup changé depuis cette époque. MM. Nikolić et Tadić seront en compétition pour le second tour des élections présidentielles le 20 mai.

M. Dačić a annoncé qu'il s'entretiendrait d'abord avec son partenaire de coalition actuel, le Parti démocrate, mais il a ajouté qu'il s'adresserait également au Parti progressiste serbe.

« Le choix du candidat que nous soutiendrons au second tour [des élections présidentielles] dépendra de l'acceptation de l'ensemble de nos propositions [y compris sur la formation du gouvernement] », a déclaré M. Dačić. Il a ajouté que sa coalition poursuivrait des politiques qui protégeraient les intérêts de la Serbie et de ses citoyens.

Personne ne sait toutefois quand débuteront les négociations sur la formation du nouveau gouvernement. M. Tadić a affirmé que le résultat du second tour des présidentielles le 20 mai prochain déterminerait la composition du nouveau gouvernement. M. Nikolić souhaite quant à lui que les discussions commencent dès maintenant.

Le soutien du Parti socialiste ne suffira toutefois ni aux progressistes, ni aux démocrates pour former un gouvernement. Les deux partis devront trouver d'autres partenaires.

Résultats des législatives

Selon les dernières estimations annoncées le 7 mai par le Centre des élections démocratiques et de la démocratie (CeSID), une organisation non gouvernementale contrôlant le scrutin et qui fournit des résultats fiables, le parti de M. Nikolić obtiendrait 73 sièges au parlement serbe qui en compte 250, tandis que le parti démocrate en recevrait 68. La coalition menée par le Parti socialiste disposera quant à elle de 45 députés.

Le Parti démocratique de Serbie de Vojislav Koštunica a remporté 20 sièges, le mouvement Revirement, mené par le Parti libéral-démocrate de Čedomir Jovanović, 20 sièges également et les Régions unies de Serbie, 16. L'Alliance magyare de Voïvodine a remporté cinq sièges et trois partis minoritaires (Aucune des réponses proposées, Tous ensemble et le Parti de l'action démocratique de Sulejman Ugljanin) ont chacun remporté un siège.

Autre nouveauté, le Parti radical serbe, dont le leader, Vojislav Šešelj, est poursuivi à La Haye pour crimes de guerre, ne disposera sans doute d'aucun représentant au parlement, dans la mesure où il n'est pas parvenu à passer la barre des 5 %. Le mouvement conservateur de droite Dveri n'est pas non plus parvenu à rassembler suffisamment de voix pour être représenté au parlement.

En raison du mécontentement de la population face à l'ancien gouvernement et aux alternatives proposées, certains se sont engagés à voter blanc. Aucune donnée officielle n'a été publiée sur le nombre total de votes blancs, mais 5,5 % de ces bulletins auraient été comptabilisés à Belgrade.

Malgré des prévisions moroses quant au taux de participation, 61,08 % des électeurs se seraient rendus dans les bureaux de vote, selon la Commission électorale serbe. La Serbie compte 6 770 013 électeurs.

C'est la troisième fois que MM. Nikolić et Tadić sont en compétition pour la présidence. Ils se sont déjà affrontés en 2004 et 2008, et les deux fois, M. Tadić a battu M. Nikolić au second tour. Selon les résultats préliminaires, lors du scrutin du 6 mai dernier, les deux hommes ont tous deux récolté moins de votes que précédemment.

La Commission électorale a annoncé le 7 mai que selon les premiers résultats, avec 25,98 % des bulletins comptabilisés, M. Tadić aurait remporté 24,81 % des voix et M. Nikolić 24,71 %. 

Prochaines étapes : 
  • 20 mai : les Serbes choisiront entre MM. Nikolić et Tadić au second tour.
EurActiv.com - traduit de l'anglais par Amandine Gillet
Ivica Dačić et son fils. Photo de BETA, l’agence partenaire d’EurActiv en Serbie
Contexte : 

Les dirigeants européens ont décidé d'octroyer à la Serbie le statut de candidat à l'UE lors de leur sommet des 1er et 2 mars derniers. L'un des points clés reste l'amélioration du dialogue entre Belgrade et Pristina, la capitale de l'Etat séparatiste du Kosovo.

Le Kosovo, principalement peuplé par des citoyens d'ethnie albanaise, a déclaré son indépendance en 2008. Son indépendance n'est pas reconnue par la Serbie et par plusieurs autres Etats membres de l'UE, comme l'Espagne et la Roumanie.

Certains Etats de l'UE réclament l'abolition des institutions serbe au nord du Kosovo qui est peuplé par une majorité d'habitants d'ethnie serbe. Il s'agit d'une question très délicate en Serbie.

Le Kosovo a été sous le feu des projecteurs dans le cadre du processus d'adhésion de la Serbie lorsqu'un conflit a éclaté entre Belgrade et Pristina sur des questions commerciales. De violents affrontements entre les forces serbes et kosovares ont éclaté, avec des victimes des deux côtés et parmi les soldats de maintien de la paix de l'OTAN.

Au sein de l'ex-Yougoslavie, la Slovénie est membre de l'UE et la Croatie rejoindra l'Union en 2013. Le Monténégro et la Macédoine sont des candidats officiels, mais la Macédoine n'a pas encore pu entamer les négociations en raison d'un conflit toponymique avec la Grèce. La Bosnie-Herzégovine devrait déposer officiellement sa candidature en juin.

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