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La Serbie veut retrouver son rang dans le mouvement des non-alignés [FR]

Publié 25 août 2009
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Belgrade a demandé aux ex-républiques yougoslaves, y compris celles avec lesquelles elle était en guerre dans les années 1990, de l’aider à restaurer son appartenance et son statut de meneur dans le mouvement des non-alignés, selon la presse de la région.

Vuk Jeremić, le ministre des Affaires étrangères serbe, a invité ses homologues des anciennes républiques yougoslaves à se rencontrer à New York fin septembre et accepté de tenir conjointement un sommet des pays non-alignés en 2011, a révélé la presse de Belgrade, citant des sources diplomatiques.

L’invitation de la Serbie à toutes les anciennes républiques yougoslaves constitue une tentative de la part de la Serbie de mettre un terme à son isolement dans la région à la suite des conflits ethniques des années 1990, et de retrouver le prestige qui fut le sien, selon des diplomates qui se sont confiés à EurActiv.

Le mouvement des non-alignés (NAM) est une organisation internationale d’Etat qui se considèrent comme n’étant pas officiellement alignés derrière les principales puissances mondiales, notamment l’Europe et les Etats-Unis. Il fut fondé en 1955 principalement pour essayer de contrecarrer la Guerre froide.

Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, le MNA a perdu de sa pertinence. Lors des guerres successives dans l’ancienne Yougoslavie, la Serbie a perdu le bénéfice de son adhésion au NAM. Toutes les anciennes républiques yougoslaves ont aujourd’hui quitté l’organisation et la plupart aspirent à rejoindre l’OTAN et l’UE. Cependant, certaines ont participé aux sommets du NAM en tant qu’observatrices ou invitées.

A l’invitation de la Serbie, les ministres des Affaires étrangères de l’ex-république de Yougoslavie se rencontreraient lors de la session de l’Assemblée générale de l’ONU, dans le bâtiment de l’ancienne mission de Yougoslavie, aujourd’hui occupée par la Serbie.

Le quotidien de Belgrade Blic reproduit des extraits de la lettre de M. Jeremić. Cette rencontre marquera un moment important de notre histoire commune dans le but de notre affirmation plus marquée et de notre bien être à tous, a écrit le ministre.

Le ministre monténégrin Milan Roćen a salué l’initiative serbe, selon l’agence Tanjug. La Bosnie devrait préparer une réponse positive. La Macédoine a également reconnu avoir reçu le courrier, mais son ministre Antonio Milososki n’y a pas encore répondu puisqu’il est trop occupé, selon le quotidien macédonien Dnevnik. Le quotidien indique que la réaction la plus froide jusqu’à maintenant vient du ministre slovène des Affaires étrangères Samuel Žbogar. Le ministre des Affaires étrangères croate Gordan Jandroković prépare sa réponse à son homologue serbe, a annoncé l’agence HINA.

Il serait difficile d’imaginer des membres actuels de l’OTAN que sont la Slovénie et la Croatie ainsi que des pays aspirants comme la Macédoine, sponsoriser un sommet des non-alignés, a confié un diplomate de la région à notre site Internet.

Il a ajouté que le but de Belgrade était probablement de portée limitée, représentant un désir de sécuriser sa pleine intégration dans le mouvement des non-alignés et faisant passer le message que le pays garderait ses distances avec l’OTAN.

Le premier président du mouvement des non-alignés, de 1961 à 1964, fut le président yougoslave Josip Broz Tito. La Yougoslavie a joué un rôle pivot dans l’organisation jusqu’à la fin des années 1980, mais elle a perdu son appartenance à la suite de la désintégration du pays.

Contexte : 

Lors de la Guerre Froide, la Yougoslavie a bénéficié d’un prestige international considérable grâce à son rôle pivot dans le Mouvement des non-alignés (NAM). Le pays était courtisé à la fois par l’Est et l’Ouest, attirait beaucoup d’investissements et était considéré – jusqu’à la mort de l’ancien président yougoslave Josip Broz Tito en 1980 – comme une « success story » économique et politique. 

Après la désintégration de la Yougoslavie dans le sillage de la guerre, ses anciennes républiques se sont toutes tournées vers l’OTAN. Mais la Serbie est la seule ex-république yougoslave à ne pas avoir souhaité adhérer à l’OTAN. 

Une raison pour cela est peut être le bombardement en 1999 par l’OTAN de cibles militaires et civiles serbes, y compris à Belgrade, en réponse aux nettoyages ethniques et aux atrocités commises par l’armée serbe au Kosovo. Plusieurs erreurs des forces aériennes de l’OTAN ont eu pour conséquence des morts civils et cela a contribué à la consolidation d’un fort sentiment anti-OTAN chez les Serbes. 

Parmi les ex-républiques yougoslaves, la Slovénie est devenue membre de l’OTAN en 2004, et la Croatie en 2009. La Macédoine devait rejoindre l’OTAN en même temps que la Croatie, mais son adhésion fut empêchée par un « conflit des noms » non résolu avec la Grèce (EurActiv 04/04/09).  Le Monténégro, qui est devenu la dernière ex-république yougoslave à se séparer de la Serbie en 2006, est candidat à l’adhésion à l’OTAN. La Bosnie-Herzégovine est un cas à part, puisqu’elle aspire officiellement à rejoindre l’OTAN, mais a en réalité encore un besoin vital des gardiens de la paix occidentaux en raison de risques de partition ethnique (EurActiv 02/02/09).

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