La Slovaquie est l’un des sept Etats membres à n’avoir pas encore reconnu le Kosovo. Toutefois, aucun des autres pays – Espagne, Malte, Chypre, Portugal, Grèce et Roumanie – n’a jusqu’alors indiqué qu’il rejetterait les individus voyageant avec un passeport du nouvel Etat.
Les ministres slovaques des Affaires étrangères et de l’Intérieur ont fait savoir qu’ils refuseraient tout document officiel provenant de Pristina, y compris les nouveaux passeports. Ceux-ci respectent pourtant toutes les normes internationales et comportent des données électroniques.
Le ministre slovaque des Affaires étrangères a d’ores et déjà affirmé que les titulaires d’un passeport kosovar se verront refuser l’accès au territoire même s’ils disposent d’un visa Schengen. Il n’est pas encore clair comment l’UE compte gérer cette situation.
Selon un porte-parole du ministre, Bratislava va tout de même continuer à accepter les passeports serbes ainsi que les passeports de remplacement délivrés par la MINUK, la mission d'administration intérimaire des Nations unies à Pristina. Le Monténégro et la Macédoine ont adopté la même position.
La MINUK fournit des documents de voyage aux citoyens du Kosovo depuis 2001, mais les fonctionnaires de la mission ont indiqué qu’ils ne délivreraient plus de nouveaux documents. Cette décision intervient à un moment où de nombreux Albanais du Kosovo travaillant et résidant à l’étranger sont en vacances au Kosovo. Selon Balkan Insight, un site Internet d’information indépendant, ils profitent généralement de leur séjour pour renouveler leurs documents de voyage.
Pour la minorité serbe du Kosovo, la décision slovaque n’aura pas une grande influence. En effet, la nouvelle Constitution kosovare leur permet de détenir la double nationalité. Les serbes du Kosovo pourront ainsi aisément voyager avec des documents émis par Belgrade.
Bratislava partage les vues de Belgrade, qui considère que la déclaration unilatérale d’indépendance de Pristina n’est pas conforme au droit international et que la province appartient donc toujours à la Serbie. Rien ne permet d’affirmer que la Slovaquie changera sa position prochainement malgré sa promesse antérieure de revoir la situation à l’aune des derniers développements.
La Slovaquie et la Serbie entretiennent des relations généralement très bonnes. Outre la petite minorité de 50 000 Slovaques vivant dans la région serbe de Vojvodine, Belgrade constitue le principal bénéficiaire de la Slovak Official Development Assistance (ODA).



