EurActiv Logo
 
29 novembre 2009
Breaking News:

Les Tchèques en désaccord avec les Néerlandais au sujet du statut du Monténégro [FR][en][de

Publié: jeudi 12 mars 2009   

Le Monténégro pourrait entamer des négociations d’adhésion avec l’UE en 2010, a annoncé le Premier ministre tchèque, Mirek Topolánek, après s'être entretenu avec son homologue monténégrin Milo Djukanovic hier (11 mars) à Podgorica. Parallèlement, le ministre des Affaires étrangères néerlandais a indiqué à La Haye que de telles négociations seraient prématurées.

Contexte:

En règle générale, les candidatures à l’adhésion à l’UE sont déposées en coordination entre le pays candidat et la Commission européenne. Les seuls pays des Balkans occidentaux à ne pas avoir encore déposé de candidatures sont l’Albanie, la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. Le Kosovo, qui a déclaré son indépendance en février 2008, constitue un cas à part car il n’a pas encore été reconnu par tous les pays de l’UE.

Le Monténégro s’est séparé de la Serbie en 2006. En 2007, le pays a signé un accord de stabilisation et d'association avec Bruxelles pour préparer son adhésion à l’Union européenne. En décembre dernier, quelques jours seulement avant la fin de la présidence française de l'UE, le Monténégro a déposé sa candidature officielle à l'adhésion à l'UE, malgré le fait que la prochaine présidence, occupée par la République tchèque, témoigne d’un plus grand soutien à l'égard de l'adhésion de ce pays des Balkans (EurActiv 16/12/08). Un grand nombre d’observateurs pensent que la décision du Monténégro devrait encourager la Serbie et l’Albanie à en faire de même. 

Même si la Serbie est considérée comme étant le candidat des Balkans de l’Est qui dispose de la plus grande capacité administrative, elle est un cas à part, principalement en raison d’une condition, soutenue surtout par les Pays-Bas, selon laquelle le pays doit complètement coopérer avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie.

La Commission a récemment conseillé à la Serbie de ne pas précipiter sa candidature à l’UE (EurActiv 10/02/09). Mais des sources ont indiqué que Belgrade présentera également sa candidature sous peu, afin de tirer profit de la présidence tchèque de l’UE, favorable à l’élargissement.  

A lire aussi:

Autres articles:

M. Topolánek, dont le pays occupe actuellement la présidence tournante de l’UE, a fait part de sa ferme conviction selon laquelle le Monténégro pourrait obtenir le statut de pays candidat à l’UE d’ici un an. J’espère que le processus pourra être lancé vers 2010 lorsque que les négociations d’adhésion habituelles débuteront, a indiqué M. Topolánek. Il a ajouté que le Monténégro doit tout d’abord mettre en œuvre des réformes de l’administration étatique et du système judiciaire et intensifier sa lutte contre la corruption et le crime organisé. 

Les ministres européens des Affaires étrangères devraient débattre de la question de savoir si le statut de pays candidat à l’UE sera accordé au Monténégro au cours de leur rencontre des 16 et 17 mars. 

Mais selon la presse néerlandaise, les Pays-Bas s’opposeront à une telle décision. 

Le gouvernement néerlandais reste opposé à l’ouverture des négociations d’adhésion à l’UE avec l’ancien Etat yougoslave du Monténégro, a écrit le quotidien Volkskrant, citant le ministre des Affaires étrangères du pays, Maxime Verhagen. Selon le document, le ministre a souligné qu’il y a toujours trop de corruption et de crime organisé dans le pays. 

La République tchèque est particulièrement disposée à entamer des discussions avec le Monténégro, et pour un certain nombre de pays, notamment la Suède, les Néerlandais sont bornés, a poursuivi le Volksbrant. 

Ces derniers mois, les Pays-Bas ont été le pays le plus opposé au processus d’adhésion de la Serbie à l’UE. Belgrade a ratifié l’accord de stabilisation et d'association (ASA) entre l’UE et la Serbie. Du côté de l’UE, toutefois, le même processus a été suspendu après que les Pays-Bas ont fait part de leur volonté que le pays coopère pleinement avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. En d’autres termes, La Haye veut tout d’abord que le criminel de guerre Ratko Mladić soit arrêté et déféré devant la justice. 

D’autres pays, qui ne souhaitent pas que l’Europe ouvre ses portes avant d’importants scrutins européens (les élections européennes de juin, les élections nationales en Allemagne, en septembre, et un second référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, probablement en octobre), soutiennent la réserve des Pays-Bas.

Prochaines étapes:

  • 16 et 17 mars : conseil Affaires générales et relations extérieures, à Bruxelles.

Liens

Advertising
Advertising