Le premier ministre bosniaque Nikola Spiric a écrit aux Nations unies, accusant les envoyés de la communauté internationale de déstabiliser son pays, a rapporté la presse locale le 23 mai.
M. Spiric a pressé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon de retirer le Haut représentant de la communauté internationale en Bosnie, Valentin Inzko, qui a le pouvoir d'adopter des lois et de renvoyer les fonctionnaires des deux entités semi autonomes du pays, rapporte l'AFP.
Le fait de continuer à subir une intervention étrangère dans les questions de politique locale est déstabilisant et sape la création d'un consensus ainsi que les efforts de réforme, a dit le dirigeant serbe bosniaque selon des citations.
Le Bureau du Haut Représentant devrait être fermé afin de permettre aux dirigeants politiques bosniaques de réaliser des progrès légitimes, a-t-il affirmé, prétendant que M. Inzko, un diplomate autrichien, contribuait à une gouvernance non fonctionnelle en Bosnie.
En réponse, M. Inzko a blâmé les dirigeants de Bosnie-Herzégovine pour ce qu'il a appelé une détérioration du dialogue politique.
Alors que les perspectives régionales pour la réconciliation se sont améliorées, la teneur et la logique de la politique en Bosnie-Herzégovine semblent s'être plutôt détériorées, a dit M. Inzko au conseil de sécurité des Nations Unies le 24 mai.
Le représentant de la communauté internationale présentait le 37ème rapport sur la Bosnie-Herzégovine depuis l'accord de Dayton devant le Conseil de sécurité, qui couvre la période du 1er novembre 2009 au 30 avril 2010.
En termes d'affaires internes, la Bosnie-Herzégovine reste affaiblie par un manque de consensus basique et fondamental sur le type de pays qu'elle devrait être, ou pourrait être, a expliqué M. Inzko.
La Bosnie-Herzégovine ne sait pas si elle souhaite devenir un Etat plus centralisé ou décentralisé, et ne sait pas comment y parvenir, a-t-il déclaré. Par conséquent, le pays n'a malheureusement pas profité de l'assistance économique, a-t-il ajouté.
M. Inzko a affirmé que les dirigeants de la République serbe de Bosnie continuaient à saper les institutions de l'Etat et à rejeter l'autorité du Haut représentant et de l'accord de paix de Dayton, alors qu'au même moment, le gouvernement de la fédération de Bosnie-Herzégovine était passé de crise en crise durant la période couverte par le rapport.
Les Serbes de Bosnie sous les projecteurs
Prenant ensuite la parole, Haris Silajdžić, qui est à la tête de la présidence de la Bosnie-Herzégovine, a attribué l'actuelle stagnation au dénommé "mécanisme d'élection d'entités", qui permet à 10 députés serbes de la République serbe de Bosnie de bloquer tout décision proposée par le parlement des fédérations, qui comprend 42 députés.
M. Silajdžić, musulman bosniaque, a expliqué lors de cette session que les entités n'avaient pas de droit de propriété de quelque ordre que ce soit sur les biens du pays, a rapporté la presse serbe.
Il a expliqué que la Bosnie-Herzégovine était le successeur légitime de l'ancienne République yougoslave de Bosnie-Herzégovine, et détenait ainsi tous les biens que l'ex-Yougoslavie contenait sur son territoire.
Le droit de la Bosnie sur ses propres biens, a-t-il poursuivi, a été remis en question par son opposition politique, mais également par le Haut représentant de la communauté internationale.
Un représentant de la Fédération russe, Konstantin Dolgov, a qualifié les évaluations de MM Inzko et Silajdžićas de déséquilibrées, affirmant qu'elles souffraient d'un sentiment anti-serbe et dissimulaient le rôle destructeur de la Bosnie-Herzégovine en bloquant l'étude des amendements constitutionnels de compromis de la République serbe de Bosnie.
Reprenant à nouveau la parole pour répondre à ces remarques, M. Silajdžić a déclaré que malgré la signature de l'accord de Dayton, le Fédération russe continuait de soutenir sans faille un seul groupe ethnique en Bosnie-Herzégovine, notamment, les Serbes bosniaques de la République serbe de Bosnie.




