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Hier 14 juillet, le procureur général d’Istanbul a prononcé 86 mises en accusation contre des personnes accusées d’avoir formé un groupe terroriste pour renverser le gouvernement. Le parti au pouvoir AKP pourrait utiliser cet événement comme argument juridique dans le cadre de son propre jugement où un mouvement laïc cherche à faire interdire le parti.
D’après le procureur Aykut Cangiz Engin, le groupe comprend des personnalités importantes de l’armée, du monde des affaires et de la presse laïque, toutes accusées d’appartenir au groupe Ergenekon. Cette organisation est accusée de lutter activement contre le gouvernement du Premier ministre Tayyip Erdogan, dont le parti AKP, qui revendique des racines islamiques, risque d’être interdit au motif qu’il tenterait d’imposer la charia en Turquie.
Le jugement relatif au parti AKP, qui comprend des charges contre 71 membres du parti et plus de 30 députés, devrait être rendu au cours des prochaines semaines. L’UE, qui a répété qu’interdire le parti serait tout à fait antidémocratique et pourrait sérieusement compromettre les aspirations européennes du pays, suit cette affaire de très près.
Précédemment, Krisztina Nagy, la porte-parole du commissaire à l’Elargissement Olli Rehn avait commenté l’affaire Ergenekon en déclarant que la Commission suit ce procès très attentivement et espère que les enquêtes de police et les procédures judiciaires seront mises en œuvre conformément aux meilleures pratiques internationales.
M. Erdogan souhaiterait pouvoir relier le jugement sur la dissolution du parti AKP avec l’affaire Ergenekon. Etant donné sa détermination à lutter contre le groupe, il a déclaré que l’interdiction du parti était déjà une affaire classée. D’un autre côte, les critiques du gouvernement l’accusent d’utiliser l’enquête pour écarter certains de ses plus fervents opposants.
48 des personnes suspectées ont déjà été arrêtées et les 38 autres ont été provisoirement relâchées. La Cour dispose désormais de deux semaines pour décider si elle entame des poursuites.
L’armée, connue comme la garante de la laïcité, a déjà mené plusieurs tentatives pour renverser le gouvernement par le passé. La dernière, remontant à 1980, avait donné lieu à de violents conflits urbains entre partisans de gauche et nationalistes. En 1997, le Premier ministre islamiste Necmetting Erbakan avait dû se retirer sous la pression de l’armée, qui se faisait un devoir de défendre les racines laïques du pays.