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La Turquie critiquée pour avoir encore freiné les réformes [FR]

Publié 12 février 2009
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Comme elle l’a déjà fait en de multiples occasions au cours des trois dernières années, hier (11 février), dans une résolution adoptée à une écrasante majorité, la commission des Affaires étrangères du Parlement européen a exprimé des inquiétudes quant au ralentissement continu du processus de réforme en Turquie.

Mercredi, les membres de la Commission ont adopté un projet de résolution annuelle sur les progrès de la Turquie dans le processus d’adhésion, préparé par l’eurodéputée néerlandaise Ria Oomen-Ruijten (PPE-DE). 65 eurodéputés se sont prononcés en faveur du document, 4 ont voté contre et un s’est abstenu. Il sera soumis à un vote en session plénière au mois de mars. 

A la résolution de neuf pages sont annexées 103 pages reprenant 188 amendements. Des débats passionnés et d’âpres négociations sont donc à prévoir.

Les eurodéputés regrettent que la liberté d’expression ne soit toujours pas protégée en Turquie. Ils déplorent également le fait que l’effort initial visant à réformer la constitution ait dégénéré en débat sur le voile et ait divisé encore plus la société. 

Dans une série de phrases commençant par le mot « regrets », les eurodéputés ont exprimé des inquiétudes à propos du manque de progrès de la Turquie dans la mise en place d’une stratégie anti-corruption, ainsi que dans l’instauration d’une supervision civile des négligences parlementaires et militaires de la politique militaire et de défense. 

Toutefois, les eurodéputés ont salué le début des procès à l’encontre de personnes accusées d’être des membres de l’organisation criminelle Ergenekon (EurActiv 12/01/09). 

Comme ils l’avaient déjà fait en de précédentes occasions, les parlementaires ont appelé la Turquie à fournir davantage d’efforts pour régler le problème kurde. Ils ont en outre exprimé des inquiétudes à propos des violences perpétrées à l’encontre des minorités. 

Le problème chypriote doit être réglé de manière globale

La résolution souligne qu’il faut conclure un accord détaillé sur la question chypriote en se fondant sur les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. Les eurodéputés ont soutenu les négociations directes actuellement en cours entre les leaders des communautés grecques et chypriotes. Ils ont en outre appelé la Turquie à faciliter un climat idoine pour les négociations en retirant les forces turques.

En outre, comme la Turquie est soupçonnée de se mêler aux négociations en cours (EurActiv 20/06/08), des eurodéputés ont appelé Ankara à permettre aux deux leaders – le président chypriote Dimitris Christofias et le dirigeant turc Mehmet Ali Talat – de négocier librement l’avenir de leur pays. 

Nabucco : priorité de l’agenda

La Turquie ayant menacé de réexaminer son soutien au gazoduc stratégique Nabucco si l’UE refusait de reprendre les négociations d’adhésion sur des chapitres importants du traité, tels que celui de l’énergie (EurActiv 20/01/09), les eurodéputés ont appelé la Turquie à soutenir entièrement le gazoduc Nabucco. Ils s’attendent en outre à ce qu’un accord intergouvernemental visant à mettre en marche le gazoduc soit conclu prochainement. 

Prochaines étapes : 
  • Mars 2009 : vote sur le rapport en session plénière du Parlement
Contexte : 

La Turquie a posé sa candidature à l’UE en 1987, mais les négociations n’ont officiellement pas été ouvertes avant octobre 2005. Contrairement à d’autres pays candidats, les négociations avec Ankara ne signifient pas nécessairement que le pays se verra finalement proposer l’adhésion, comme aime à le mentionner le président français, Nicolas Sarkozy, qui est critique à l’égard de la Turquie. 

Les négociations d’adhésion ne devraient pas se conclure avant 2014 et pourraient même se prolonger au-delà de cette date. L’UE se plaint du fait que depuis le début des négociations, les réformes du gouvernement se sont sensiblement ralenties, ce qui semble résulter notamment du déclin continu du soutien public pour l’adhésion à l’UE. 

Jusqu'à présent, la Turquie a commencé à travailler sur à peine dix des 35 chapitres du traité d’adhésion à l’UE. En 2008, seuls quatre nouveaux chapitres avaient été ouverts, dont deux d’entre eux sous la présidence française de l’UE (ceux concernant la libre circulation des capitaux et la société de l’information et les médias). Seul un chapitre (relatif à la science et à la recherche) a été conclu depuis le début des négociations en 2005.

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