EurActiv Logo
Actualités & débats européens
- dans votre langue -
Click here for EU news »
EurActiv.com Réseau

TOUTES LES RUBRIQUES

Turquie : Les discussions partiellement bloquées par la France [FR]

Publié 26 juin 2007 - Mis à jour 02 juillet 2007
Version imprimableSend by email

La France a certes accepté d'ouvrir deux nouveaux chapitres de négociations d'adhésion avec la Turquie, mais a bloqué les discussions dans les domaines de l'intégration économique et monétaire, le président Sarkozy cherchant à tenir ses promesses électorales en maintenant la Turquie hors de l'UE.

Le 26 juin 2007, l'UE va entamer une nouvelle série de négociations visant à un nouvel élargissement et tenir des conférences à ce sujet avec la Turquie et la Croatie.

En dépit de la conviction, maintes fois exprimée par Nicolas Sarkozy, selon laquelle "la Turquie n'a pas sa place en Europe", la France a accepté que l'UE poursuive les négociations d'adhésion dans deux domaines supplémentaires (statistiques et contrôle financier). Un porte-parole du gouvernement a confié à EurActiv qu'aucun signe ne laissait présager que la France changerait d'avis, mais qu'elle souhaitait conserver de bonnes relations avec la Turquie.

L'UE a toutefois décidé de ne pas ouvrir le chapitre sur la politique économique et monétaire, comme l'espérait la Turquie. Selon certains diplomates, la France aurait freiné l'avancée des discussions.

Le négociateur en chef turc, Ali Babacan, a indiqué que la Turquie poursuivrait ses réformes, "que les chapitres soient ouverts ou non".

Sinan Ülge, du think-tank Edam situé à Istanbul à confié à l'International Herald Tribune : "C'est la première que l'ouverture d'un chapitre est bloqué sous prétexte que la Turquie se rapprocherait de l'adhésion pleine et entière. C'est une prémisse très dangereuse, qui fera dérailler tout le processus d'adhésion si elle est acceptée, et qui crédibilisera les nationalistes turcs qui clament "peu importe nos actions, nous ne feront jamais partie du 'club'".

Les négociations d'adhésion avec la Turquie ont été entamées en octobre 2005, mais l'UE a décidé de procéder à une suspension partielle en décembre 2006, à la suite du refus turc d'ouvrir ses ports et aéroports aux appareils et navires en provenance de Chypre, interrompant huit des 35 chapitres de négociation. Néanmoins, les discussions ont repris dans trois domaines politiques.

Dans le même temps, six chapitres de négociations supplémentaires seront ouverts avec la Croatie le 26 juin 2007, y compris le droit de s'établir et de fournir des services dans les domaines de la finance, du droit, de la société de l'information et des médias, des statistiques et du contrôle financier.

Après le règlement des questions institutionnelles lors du Sommet européen de la semaine dernière, les analystes prévoient que la Croatie soit en mesure de rejoindre l'UE prochainement (2009-2010). Les dirigeants européens avaient décidé de conditionner tout nouvel élargissement par la résolution de l'impasse institutionnelle. Par conséquent, les chances d'observer un glissement vers l'adhésion des pays des Balkans occidentaux augmentent, notamment celles de la Croatie et de la Macédoine, qui ont déjà atteint le stade de la candidature.

En parallèle, les inquiétudes à l'égard de l'adhésion turque se multiplient. Après la menace de veto polonais sur les discussions liées à la réforme des institutions et l'ajustement du système de calcul des votes favorisant les pays les plus peuplés, l'enjeu est de taille et accentue la tension.

Publicité