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La Turquie fait pression pour son adhésion [FR]

Publié 24 novembre 2009
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Turkey
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Le ministre turc des Affaires européennes et négociateur en chef Egemen Bagiş a déclaré que son pays entendait mettre en œuvre une forte stratégie de communication dans le but d’obtenir l’ouverture de six nouveaux chapitres de négociations dans l’année qui vient, a rapporté EurActiv Turquie le 23 novembre.

M. Bagiş a présenté les grandes lignes de la nouvelle stratégie, qui vise à accélérer le processus d’adhésion de son pays à l’UE.

Notre nouvelle stratégie, que nous avons prévu de lancer en janvier 2012, est fondée sur 4 éléments, a dit le ministre, révélant le projet suivant :

1- Durabilité du processus de négociation avec l’UE, qui comprend concrètement les critères pour ouvrir les chapitres, les conditions que le pays a promis de remplir et les critères de clôture des chapitres

2- Adopter un calendrier annuel pour la période 2010-2013, en harmonie avec des programmes nationaux pour l’adoption de l’acquis communautaire.

3- Progresser sur les critères politiques et les réformes : l’harmonisation des critères politiques doit être envisagée comme un processus en cours, dans lequel les réformes politiques effectuées sont considérées comme un indicateur de l’efficacité du gouvernement

M. Bagiş a déclaré que ces trois points seraient complétés par une très forte stratégie de communication, car il est primordial de renforcer le soutien pour l’adhésion à l’UE tant au niveau national qu’au niveau international.

Le négociateur en chef a également souligné les prouesses effectuées grâce au programme de l’UE d’aide financière de pré-adhésion. Il a déclaré que son pays avait dépensé 1,3 milliards d’euros pour co-financer 153 projets de ce type, tandis que l’UE avait contribué à hauteur de 1,1 milliard. Il a fait en particulier l’éloge des programmes visant à aider la société civile. 

Dans le cadre du projet de développement du dialogue de la société civile entre l’UE et la Turquie, […] 2 millions de personnes au total  ont été touchées, à la fois en Turquie et dans les pays de l’UE, a informé le ministre.

Comme la Turquie s’attend à ce que le chapitre environnemental soit ouvert le 12 décembre, les efforts à fournir pour ajouter 6 autres chapitres vont se poursuivre avec intensité. Il a prévu de répartir les thèmes des chapitres de la manière suivante : sécurité alimentaire, politique vétérinaire et phytosanitaire, passation de marché public, politique de la concurrence, politique sociale et de l’emploi, les droits et devoirs fondamentaux, et la justice, la liberté et la sécurité.

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Réactions : 

Le projet d’ouvrir plus de chapitres de négociation dans les discussions d’adhésion de la Turquie à l’UE a été mis à mal pour des raisons politiques, et les dirigeants turcs sont furieux, révèle la presse turque.

Nous faisons face à un blocage politique de la part de certains pays sur l’ouverture du chapitre environnemental. Tenter de bloquer le processus par le biais de raisons politiques est injuste, a dit le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu dans un entretien avec le quotidien Hurriyet.

La Turquie projette d’ouvrir le chapitre sur l’environnement le mois prochain lors de la conférence intergouvernementale, ce qui fera de ce sujet le 12ème chapitre sur 35 à être ouvert dans le cadre des négociations sur l’adhésion de pays à l’UE, a précisé le quotidien.

Comme d’après certaines informations Chypre bloque le chapitre énergétique, le ministre a déclaré : Nous parlons de coopération sur la sécurité énergétique de l’Europe, mais nous ne pouvons pas ouvrir ce chapitre en raison du veto de la partie grecque de Chypre, a dit le ministre. C’est incompréhensible, a-t-il ajouté.

Le quotidien Zaman a également repris les propos de M. Davutoglu, qui s’est exprimé en Espagne lors d’une visite qui a été perçue comme un effort de lobby auprès des fonctionnaires et hommes d’affaires espagnols, dans le but d’obtenir ce que la Turquie appelle une « marche accélérée du processus d’adhésion à l’UE ».

Nous attendons désormais beaucoup de l’Espagne, car elle a pleinement conscience des atouts stratégiques de la Turquie, a dit M. Davutoglu.

L’Espagne endossera la présidence tournante de l’UE au 1er janvier 2010.

Dans le but de faciliter les négociations et d’attirer l’attention sur des questions constructives, Daniel Gros, directeur du Centre pour l'étude des politiques publiques européennes, a récemment proposé de créer une « Union pour l’environnement » entre la Turquie et l’UE. Cela impliquerait que la Turquie rejoigne le système communautaire d'échange de quotas d'émission (SCEQE), a-t-il ajouté.

Daniel Gros a fait cette déclaration lors d’une conférence, organisée à Istanbul par le think tank turc EDAM. Le co-fondateur d’EDAM Sinan Ulgen a ajouté dans l’entretien suivant qui doit être publié rapidement.

Je suis totalement d’accord avec Daniel Gros. Je considère cela comme une partie de mon propre cadre d’action pour superposer les négociations en cours avec un nouveau procédé qui aurait des domaines de négociations et des bénéfices concrets. Le Turquie est un partenaire naturel à inclure dans le système. La Turquie a également ratifié le protocole de Kyoto et elle est prête à prendre de nombreux engagements pour la période post-Kyoto. 

Prochaines étapes : 
  • 1er janvier 2010 : L’Espagne doit prendre la présidence de l’UE     
Contexte : 

Les relations de la Turquie avec la CEE (Communauté économique européenne) datent de 1959. Mais il a fallu des années pour que le pays obtienne le statut de pays candidat, au Conseil européen d’Helsinki en 1999. L’UE a ouvert les discussions d’adhésion avec la Turquie en octobre 2005, mais un certain nombre d’obstacles viennent entraver les progrès d’Ankara, en particulier les relations entre la Turquie et Chypre, les droits de l’Homme et les droits des minorités, et la liberté d’expression (voir EurActiv Links Dossier  sur « l’adhésion de la Turquie et la question chypriote »).

Sur 35 chapitres de négociation, pour le moment seulement un seul chapitre (science et recherche) a été provisoirement fermé. 11 chapitres sont ouverts, mais l’UE a suspendu l’ouverture de huit chapitres suite à l’échec de la Turquie à mettre en œuvre le protocole d’Ankara, qui prévoit que l’accès devrait être garanti et les ports ouverts aux produits venant de Chypre.

En 2009, seulement un chapitre de négociation – les impôts- a été ouvert. Dans l’ensemble, les chapitres ouverts sont ceux qui correspondent au libre échange des capitaux, aux droits de propriété intellectuelle, à la fiscalité, aux statistiques, aux politiques de l’entreprise et de l’industrie, aux réseaux trans-européens, à la protection de la santé et des consommateurs, et au contrôle financier.

Le négociateur en chef turc, Egemen Bagiş a récemment confié à EurActiv que 5 chapitres étaient bloqués par la France, trois par l’Allemagne et l’Autriche, tandis que Chypre empêche l’ouverture de deux autres chapitres : l’éducation et l’énergie (EurActiv 08/10/09).

 

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