La Turquie peut aider l’Europe à devenir un acteur majeur sur la scène internationale si elle est admise dans le club, a déclaré M. Davutoglu. Il a par ailleurs insisté sur le fait que son pays ne faisait pas tous ces efforts simplement pour des questions de relations publiques, mais bien pour aider l’UE.
M. Davutoglu, professeur et politologue, s’est exprimé à Bruxelles vendredi (2 octobre), alors que les électeurs irlandais étaient appelés aux urnes une seconde fois pour décider du sort du traité de Lisbonne.
A cette occasion il a rencontré le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn et le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt dans son rôle de représentant de la présidence tournante de l’UE.
Le diplomate turc a fait savoir que son pays était un acteur régional clef et qu’il jouait déjà le rôle de médiateur neutre dans un certain nombre de conflits dans lesquels les Etats de l’UE ont peu d’influence.
M. Davutoglu a donné plusieurs exemples du rôle de médiateur de la Turquie dans les conflits du Moyen-Orient, du Caucase ou concernant les tensions actuelles sur le programme nucléaire iranien. Il a déclaré que son pays poursuivait une politique de « zéro problème » avec ses voisins, avec lesquels il a ajouté que les relations de son pays étaient toutes excellentes.
Interrogé par les journalistes sur les relations de son pays avec la Grèce, avec laquelle un certain nombre de problèmes bilatéraux persistent (EurActiv 28/08/09, EurActiv 03/07/09), M. Davutoglu a expliqué qu’il y avait bien sur des difficultés. Mais il a précisé qu’il y avait une grosse différence comparé à la situation qui avait cours il y a 10-15 ans, parce que les problèmes étaient maintenant abordés de manière constructive, sans escalade des tensions. Il a même qualifié la relation entre la Turquie et la Grèce d’excellente.
Sur la question de Chypre, M. Davutoglu a accusé la partie grecque chypriote de ne pas faire d’efforts concernant les négociations actuelles organisées sous le patronage de l’ONU (EurActiv 30/09/09). Entre autres choses, il a accusé le président de Chypre, Dimitris Christofias, de ne pas avoir assisté à une réunion trilatérale à New York, avec le négociateur chypriote turc Mehmet Ali Talat et une délégation turque. Il a déclaré que pour les Chypriotes grecs, les Chypriotes turcs étaient des « moitiés d’hommes », alors qu’eux-mêmes se considéraient comme des « surhommes ».



