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L’UE progresse avec les pays des Balkans, malgré le revers du traité [FR][en][de

Publié: mercredi 18 juin 2008   

Hier 17 juin, l’UE a ouvert deux nouveaux chapitres de négociations de pré-adhésion à l’UE avec la Croatie et la Turquie, juste au lendemain de la signature d’un accord important sur la pré-adhésion avec la Bosnie par les ministres européens des Affaires étrangères. Cette initiative apaise les craintes selon lesquelles le référendum irlandais pourrait avoir une répercussion négative sur le processus d’élargissement de l’Union.

Avec les deux nouveaux domaines politiques – la libre circulation des travailleurs et la politique sociale et l’emploi – 20 des 35 « chapitres » ont été ouverts avec la Croatie depuis le début des négociations en octobre 2005.

En s’exprimant suite à la conférence, les ministres croate et slovène des Affaires étrangères, respectivement Gordan Jandrokovic et Dimitrij Rupel, ont déclaré qu’ils espèrent que tous les chapitres seront clos d’ici la fin de l’année. M. Rupel, dont le pays occupe la présidence de l’UE jusqu’au 30 juin, estime que cette perspective est réalisable et espère qu’elle pourra se concrétiser.

L’UE est prête pour la Croatie, a indiqué M. Rupel, soutenu par le commissaire européen à l’Elargissement Olli Rehn qui a déclaré que le rythme des négociations dépendrait entièrement de la Croatie.

En tentant d’apaiser ceux qui craignent que l’échec du référendum irlandais (EurActiv 13/06/08) et l’avenir désormais incertain du traité modificatif de l’UE, qui devait établir une nouvelle base pour les élargissements futurs, pourraient reporter, voire empêcher l’adhésion de la Croatie à l’UE, ils ont tous deux clairement affirmé que le processus serait poursuivi malgré tout.

M. Rupel a fait savoir que même en cas d’échec total de la ratification du traité de Lisbonne, l’UE règlerait la question de la candidature de la Croatie comme il se doit. Selon lui, la Croatie pourrait devenir un membre de l’Union quelle que soit l’issue du traité de Lisbonne.

En ce qui concerne la Turquie, le ministre a également insisté sur le fait que le processus d’intégration de la Turquie à l’UE dépend par-dessus tout du pays même. Il a applaudi les récents progrès réalisés, notamment la révision controversée de l’article 301 du code pénal turc, qui interdisait toute critique de l’identité turque (EurActiv 08/04/08). Mais il a également déclaré que de nombreux aspects dépendaient considérablement de la façon dont ces modifications sont mises en œuvre.

Les deux réunions ont également porté sur l’autre développement essentiel du calendrier de l’Union concernant l’élargissement. En effet, lundi 16 juin, les ministres européens des Affaires étrangères ont signé un accord de stabilisation et d’association (ASA) longtemps attendu avec la Bosnie, un accord considéré comme la première étape concrète vers la future adhésion à l’Union. Les ministres ont également souligné la perspective européenne d’autres pays des Balkans occidentaux.

Après la réunion, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a déclaré au quotidien Dnevnik que l’UE travaillait afin d’accélérer l’intégration de la Serbie à l’UE. D’après la presse serbe, les dirigeants européens pourraient accorder le statut de candidat durant le sommet de cette semaine (19-20 juin), même si, comme l’ont confié les fonctionnaires des gouvernements de l’UE à EurActiv, cette rumeur ne serait pas fondée.

Selon M. Kouchner, les ministres européens veulent tout d’abord que Belgrade soit dotée d’un gouvernement qui soit totalement engagé envers la perspective européenne. Les négociations sur un nouveau gouvernement sont en cours en Serbie suite aux élections de mai dernier (EurActiv 13/05/08), mais selon le vice-Premier ministre du pays, Bozidar Djelic, il y a 60 à 70% de chances que la Serbie ait un gouvernement proeuropéen démocratique d’ici la fin juin (EurActiv 13/06/08). 

Les ministres ont également rappelé la perspective d’adhésion de la Macédoine, bien que la Grèce y reste fermement opposée et fasse dépendre l’adhésion du pays à son changement de nom qui, selon elle, devrait être réservé à la région du Nord de la Grèce.

Comme l’a déclaré à la presse Cecilia Malmstrom, la ministre suédoise chargée des Affaires européennes, la question du nom du pays plane comme un spectre sur l’ensemble des négociations.

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