Mercredi 20 février, lors de la réunion de la commission parlementaire Affaires étrangères à Strasbourg, le ministre serbe aux Affaires étrangères Vuk Jeremic a déclaré avoir honte d’être Européen suite à la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo par plusieurs Etats membres de l’UE.
D’après lui, ce qui a été fait à la Serbie est une violation du système international et des valeurs à la base de l’intégration européenne.
Il a affirmé que la Serbie ne se taira pas, qu’elle luttera et ne tolèrera pas cette séparation. Il a précisé que le pays usera de toutes les voies diplomatiques, politiques et économiques à sa disposition, sans avoir recours à la force.
Il a souligné son regret face aux manifestations de violences qui font rage au Kosovo depuis sa déclaration d’indépendance, notamment l’attaque des deux postes frontières entre la Serbie et le nord du Kosovo qui a obligé la KFOR (la force armée de l’OTAN) à intervenir. Il a insisté : nous n’encourageons et ne soutenons pas la violence.
Parallèlement, les troupes de l’OTAN ont fermé les frontières nord du Kosovo après que des manifestants serbes ont mis le feu à des postes de douane et de police à Jarinje et Brnjak. Selon des témoins, la police du Kosovo et des fonctionnaires des douanes de l’ONU ont dû battre en retraite face à la foule qui avait pris possession de bulldozers et d’explosifs pour démolir les deux postes de douane.
Les troupes de la KFOR ont été appelées à intervenir et les troupes américaines, estoniennes et françaises ont fermé les deux points de passage frontaliers.
Slobodan Samardzic, le ministre serbe pour le Kosovo, a déclaré que son gouvernement tenterait de prendre le contrôle des postes de douane pour établir ce qu’il appelle l’autorité totale du statut de l’Etat de Serbie.
Olli Rehn, le commissaire européen à l’Elargissement, a déclaré que la Commission se préparait à jouer son rôle et proposerait des mesures concrètes pour la région au sens large, afin de préparer ses aspirations européennes le 5 mars.
Il a ajouté qu’il était important d’ « aider le Kosovo à tenir debout tout seul » aussi rapidement que possible, révélant que la Commission se préparait également à organiser une conférence de donateurs avant l’été afin de soulager les difficultés financières de plus en plus urgentes.



