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L’UE salue l’arrestation du criminel de guerre Karadzic [FR]

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Publié 22 juillet 2008

Les dirigeants européens ont applaudi l’arrestation de Radovan Karadzic par les autorités serbes le 21 juillet. Ils considèrent cet événement comme une étape essentielle dans le processus d’adhésion du pays des Balkans à l’Union. M. Karadzic est l’un des criminels de guerre les plus recherchés de ces 13 dernières années. Il est accusé des pires atrocités commises en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

Cette arrestation - la seconde en 40 jours - montre la volonté des nouveaux dirigeants pro-européens serbes d’en finir avec l’attitude de l’ancien gouvernement considérée pour le moins ambiguë par la communauté internationale. Le criminel de guerre Stojan Zupljanin a été arrêté le 12 juin dernier (EurActiv 13/06/08). Sur les 46 Serbes inculpés par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), seuls deux d’entre eux n’ont pas été arrêtés à ce jour : Ratko Mladic, le principal responsable du massacre de Srebrenica et Goran Jelisic, accusé de crimes contre des Croates dans la ville de Vukovar.  

Le commissaire à l’Elargissement, Olli Rehn, a affirmé que l’arrestation de Karadzic était une étape importante sur la voie de l’intégration de la Serbie à l’Union européenne. 

« Cela montre la détermination du nouveau gouvernement serbe à coopérer pleinement avec le TPIY » a déclaré M. Rehn. Il a également ajouté qu’il allait discuter des prochaines étapes dans les relations avec Belgrade avec les ministres européens des Affaires étrangères réunis aujourd’hui, 22 juillet, à Bruxelles, ainsi qu’avec le ministre serbe des Affaires étrangères également présent. 

L’arrestation de Karadzic intervient à la veille de la visite à Belgrade de Serge Brammertz, le procureur du TPI. 

M. Brammertz a souhaité féliciter les autorités serbes et tout particulièrement le Conseil de sécurité nationale, l’équipe d’intervention de la Serbie chargée de traquer les fugitifs ainsi que le Bureau du procureur du TPIY pour avoir franchi cette étape importante dans la coopération avec le TPIY.

L’arrestation devrait contribuer à rapprocher l’UE et la Serbie, avec qui l’Union a signer un pacte de pré-adhésion – l’accord d’association et de stabilisation (ASA) – juste avant les élections anticipées du pays en mai dernier. Mais jusqu’à présent, les Pays-Bas ont indiqué que l’ASA ne sera ratifié qu’à l’arrestation de toutes les personnes accusées de crimes de guerre.

Les Serbes sont divisés sur l’arrestation de M. Karadzic, considéré comme un héro par les nationalistes serbes. Un groupe nationaliste a d’ailleurs manifesté à Belgrade, accusant le gouvernement serbe de trahison. Mais à Sarajevo, des centaines de personnes ont défilé pour exprimer leur joie face à la capture de l’homme qu’ils considèrent comme le responsable d’années de souffrances et de la mort de leurs proches et amis.

Réactions : 

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a salué l’arrestation de Radovan Karadzic. « Il s'agit d'un événement très positif qui va contribuer à la justice et à la réconciliation dans l'ouest des Balkans. Cela montre la détermination du nouveau gouvernement serbe à coopérer pleinement avec le TPIY. C'est également très important pour les aspirations européennes de la Serbie », a-t-il déclaré.

Javier Solana, haut responsable de la diplomatie européenne, a déclaré que « cette nouvelle nous apporte une immense satisfaction ». Pour lui, « la place de Radovan Karadzic est devant le tribunal de la Haye, pour y répondre des crimes dont il est accusé. Cela montre l'engagement du nouveau gouvernement serbe à coopérer avec les organisations internationales ». 

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a loué les autorités serbes : « C'est un moment historique pour les victimes, qui ont attendu 13 ans pour que M. Karadzic soit traduit en justice ».

Richard Holbrooke, le négociateur américain des accords de Dayton qui ont mis un terme à la guerre en Bosnie en 1995, a déclaré qu’il s’agissait d’un événement historique. Parmi les trois individus les plus cruels des Balkans, à savoir Milosevic, Karadzic et Mladic, Karadzic était à son avis le pire. Selon lui, Karadzic était un véritable raciste qui prenait plaisir à ordonner le massacre de musulmans alors que Milosevic agissait plus par opportunisme. 

Lawrence Eagleburger, secrétaire d’Etat américain pendant la guerre de Yougoslavie, avait dit de Karadzic qu’il avait du sang sur les mains. Selon lui, plusieurs membres de l’armée et de la police serbe savaient sans doute plus ou moins où Karadzic se cachait et ils auraient donc pu l’attraper. 

Pour Haris Siladzic, dirigeant bosniaque musulman, « il s'agit au moins d'une satisfaction pour les familles des victimes. Justice ne peut être faite sans l'arrestation de Karadzic et de Mladic. Mais, le fait est que Slobodan Milosevic est mort, que Karadzic est arrêté et que leur projet de nettoyage ethnique est toujours vivace en Bosnie-Herzégovine ». 

Aleksandar Vucic, membre du Parti radical serbe, a déclaré que « Karadzic est un héros serbe. Il va y avoir d'importantes représailles ». 

Contexte : 

Avant sa carrière politique, Radovan Karadzic était médecin psychiatre à Sarajevo, l’actuelle capitale de la Bosnie et Herzégovine. Quand la Bosnie a déclaré son indépendance de l’ex-Yougoslavie en 1992, Radovan Karadzic a annoncé la formation de la République serbe séparatiste de Bosnie et Herzégovine, occupant finalement 70 % de la Bosnie dans l’objectif d’unifier la Serbie.

En juillet 1995, Radovan Karadzic et le général serbe Ratko Mladic, toujours en cavale, avaient été accusés de génocide pour leurs crimes de guerre, notamment pour avoir tiré sur des cibles civiles dans la capitale bosniaque de Sarajevo (avec un bilan de 10 000 morts) et pour avoir créé des camps de prisonniers cruels où près de 20 000 femmes avaient été violées et d’autres prisonniers avaient été torturés et affamés.

Quatre mois plus tard, ils avaient également été accusés d’avoir orchestré le massacre d’environ 8 000 hommes et garçons musulmans après la prise de la « zone démilitarisée » de l’ONU de la ville de Srebrenica. L’arrestation des grands criminels de guerre est devenue par la suite une condition préalable au processus d’adhésion de la Serbie à l’UE.

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