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Une visite de Van Rompuy dans les Balkans axée sur le Kosovo

Publié 06 juillet 2010 - Mis à jour 07 juillet 2010
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Lors de sa première visite des Balkans occidentaux, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a condamné les récentes violences au Kosovo et a fait appel à la restriction et au dialogue. Une session extraordinaire du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur la question aura lieu aujourd’hui (6 juillet).

 

Lors des rencontres successives avec les dirigeants de Slovénie, de Croatie et de Serbie qui se sont tenues hier (5 juillet), M. Van Rompuy a exprimé son inquiétude face aux récents développements au Kosovo, où deux incidents violents ont eu lieu ces derniers jours.

Vendredi, une explosion pendant une manifestation dirigée par des personnes de l'ethnie serbe dans la partie nord de Kosovska Mitrovica a fait un mort et plusieurs blessés.

La police kosovare a déclaré qu’une grenade a été jetée par un agresseur inconnu dans une foule de près de 1000 Serbes, qui manifestaient contre l’ouverture d’un registre d’état civil dirigé par Pristina dans la partie à majorité serbe de Mitrovica.

Lundi, Petar Miletic, un représentant du parti libéral indépendant à l’assemblée kosovare, a été touché par une balle et blessé à l’extérieur de sa maison située dans la partie nord de la Kosovska Mitrovica, selon les rapports de la BETA, l’agence de presse partenaire d’EurActiv dans la région.

Prenant la parole à Brdo, en Slovénie, M. Van Rompuy et le premier ministre slovène Borut Pahor ont exprimé leur inquiétude concernant les derniers développements dans le nord du Kosovo.

M. Pahor a dit qu’il était encore trop tôt pour savoir si ces incidents représentaient des cas isolés ou une politique systématique, ajoutant que la Slovénie allait recommander le dialogue, a rapporté l’agence croate HINA.

Louanges pour régler le conflit frontalier

Pendant sa visite, M. Van Rompuy a dit à la presse qu’il venait dans cette région porteur de trois messages. Le premier est que le futur de cette région dépend d’organisations Euro-Atlantiques comme l’OTAN et l’UE. Le second et troisième message sont les suivants : des efforts internes et régionaux sont nécessaires si l’on veut que la transition de cette région se passe sans heurts, et que la paix, la stabilité et la résolution des problèmes sont des éléments essentiels pour y parvenir.

M. Van Rompuy a affirmé soutenir l’engagement de M. Pahor à la coopération régionale et a accueilli favorablement les résultats d’un récent référendum slovaque, mettant fin à un conflit frontalier de longue haleine entre l’Etat membre slovène et le candidat à l’adhésion, la Croatie (EurActiv 07/06/10).

L’accord d’arbitrage prouve que les problèmes bilatéraux peuvent être résolus dans l’esprit européen, a dit M. Van Rompuy.

Problèmes frappants dans les propos croates

M. Pahor est confiant que d’autres pays de la région ayant des problèmes bilatéraux de taille suivront l’exemple de la Croatie et de la Slovénie.

Il a déclaré à la presse avoir informé M. Van Rompuy des problèmes frappants dans les négociations en vue de l’adhésion de la Croatie avec l’UE, espérant qu’une solution pourra être trouvée lors de sa rencontre avec le premier ministre croate Jadranka Kosor lors du sommet de Dubrovnik le 10 juillet.

M. Pahor faisait référence à l'indemnisation pour les détenteurs de dépôts de devises étrangères à la Banka Ljubljanska défaillante. Après la chute de la Yougoslavie, la  banque a refusé de dédommager les détenteurs de dépôts de devises étrangères dans ses branches à Zagreb, Sarajevo et Skopje. En réponse, Zagreb a renié l'accès à la banque Ljubljanska de Slovénie au marché croate tant que les épargnants de l'ex-Yougoslavie, qui sont désormais des citoyens croates, n'avaient pas été remboursés.

M. Pahor  a récemment dit qu'il espérait que les questions des épargnes des citoyens croates à la banque et l'opération de la Banque nationale slovène en Croatie seront résolues avant la fin des discussions d'adhésion de la Croatie.

La Serbie n'est pas satisfaite de la vitesse d'intégration à l'UE

Plus tard dans la journée, M. Van Rompuy a rencontré le président serbe Boris Tadić à Belgrade. D'après un communiqué officiel, les deux dirigeants ont discuté de la situation au Kosovo et en Métochie, que Belgrade appelle officiellement ses anciennes provinces.

La presse a également rapporté que M. Tadić se rendrait à une session extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations unies à New York aujourd'hui, convoqué à l’initiative de la Serbie.

D'après la déclaration, M. Tadić s'est dit insatisfait de la lenteur du processus d'intégration européen, et a insisté sur le fait qu'accélérer l'adhésion de la Serbie à l'UE était primordial pour l'avenir des Balkans occidentaux.

Le mois dernier, la Serbie a fait un pas supplémentaire vers l'intégration à l'UE lorsque les ministres des affaires étrangères de l'UE ont commencé à mettre en œuvre un accord avec la Serbie connu sous le nom d' Accord de stabilisation et d'association (ASA).

L'accord a été bloqué pendant plusieurs années, surtout en conséquence de l'insistance des Pays-Bas qui affirment que Belgrade doit coopérer de façon complète avec le tribunal des crimes de guerre des Nations unies pour l'ex-Yougoslavie.

Plus tard aujourd'hui, M. Van Rompuy se rendra à Pristina pour rencontrer le président du Kosovo, Fatmir Sejdiu. Il doit également se rentre dans les quartiers de la mission civile de l'UE qui vise à promouvoir l'Etat de droit au Kosovo, EULEX.

Réactions : 

Prochaines étapes : 

Kosovo capital Pristina
Contexte : 

Le Kosovo a déclaré unilatéralement son indépendance de la Serbie en février 2008, soit 9 ans après la fin de la guerre de 1998-1999 entre les forces de sécurité de Belgrade et la guérilla de l’ethnie albanaise. Durant les années suivantes, la Kosovo a été sous protectorat international assuré par les soldats de maintien de la paix de l’OTAN.

Depuis que son indépendance a été proclamée, la République, forte de 2 millions de personnes parmi lesquelles 90 % viennent de l’ethnie albanaise, a mis en place de nombreux attributs étatiques, notamment une nouvelle Constitution.

Soixante-neuf pays ont reconnu le Kosovo, y compris les Etats-Unis et la plupart des Etats membres de l'UE (à l'exception de l'Espagne, Chypre, la Grèce, la Roumanie et la Slovaquie). La Serbie, soutenue par la Russie, est fermement opposée à l'indépendance du Kosovo.

L'UE a déployé une mission de promotion de l'Etat de droit, appelée "EULEX Kosovo", en février 2008. Le but est de reprendre la gestion post-crise sur le territoire, qui se trouve sur le continent européen.

L'objectif de l'opération est d'aider et de soutenir les autorités du Kosovo avec l'Etat de droit, en particulier en ce qui concerne la police, le système judiciaire et les douanes. EULEX couvre également le Kosovo du nord, un territoire qui échappe au contrôle de Pristina.

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