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Un vote sur la réforme de la police rapproche la Bosnie de l’adhésion à l’UE [FR]

Publié 17 avril 2008
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Grâce l’adoption de la réforme des forces de police du pays au Parlement bosniaque hier (16 avril), le pays des Balkans a levé le dernier obstacle à la signature d’un accord de stabilisation et d’association avec l’UE. 

Le vote de la réforme par la Chambre haute du parlement bosniaque a mis un terme à des années de différend entre les dirigeants des communautés croates bosniaques, musulmanes et serbes, concernant le degré d’intégration des forces de police du pays appartenant à des ethnies différentes. La Chambre basse avait déjà approuvé les projets de réforme la semaine dernière (10 avril).

Suite à la guerre qui a éclaté au début des années 1990, la Bosnie est composée de deux entités autonomes : la République serbe Srpska et la Fédération croato-musulmane. Les deux sont liées par de faibles institutions centrales,  chacune ayant son propre parlement, gouvernement et police. 

L’UE avait demandé l’unification des forces de police mais les Serbes bosniaques ont insisté pour conserver le contrôle de leur police dans leur province.

L’accord définitif entre Bruxelles et Sarajevo, qui vient juste d’être approuvé, prévoit de mettre en place plusieurs nouvelles structures étatiques pour coordonner leurs polices, sans affecter directement l’autonomie des deux forces. Les nouvelles structures sont destinées à assumer l’autorité des forces de police séparées un an après l’achèvement du processus national de réforme constitutionnelle. Cependant, ceci n’a pas encore commencé. 

Le commissaire en charge de l’Elargissement Olli Rehn a salué la décision du parlement, en déclarant qu’il ouvre la voie à la signature d’un Accord de stabilisation et d’association (ASA). Il souligne que cet accord n’offre pas seulement la perspective d’avantages concrets dans le commerce et, par conséquent, dans l’économie mais il est un préalable vers une candidature à l’adhésion à l’UE.

Le Haut représentant et le représentant spécial européen de la Bosnie, Miroslav Lajčák, s’est dit confiant que le pays signerait le ASA et finirait par devenir membre de l’UE.

Une fois lancé dans le processus, aucun pays n’a échoué à devenir un membre de l’UE. M. Lajčák a déclaré que cette décision adressait un message fort à l’UE et aux investisseurs selon lequel la BeH progresse et est prête à faire des affaires.  Jusqu’à présent l’UE a signé des ASA avec trois autres pays des Balkans, à savoir l’Albanie, la Macédoine et la Croatie. Elle espère faire de même avec la Serbie. Les élections du 11 mai seront cruciales pour savoir si oui ou non la Serbie aura une perspective européenne.  

Des remarques telles que celles faites hier par le Premier ministre serbe nationaliste Vojislav Kostunica, qui a déclaré rejeter la possibilité d’une signature du ASA tant que l’UE ne réviserait pas sa politique concernant le Kosovo, confirment plutôt les craintes de l’UE selon lesquelles le pays pourrait tourner son dos à l’UE. Pour le commissaire Rehn, cette approche est « une voie qui ne mène nulle part ».

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