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Brouille entre les partis slovaques sur les mérites de l'adhésion à l'UE [FR]

Publié 18 mai 2009
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Les partis politiques slovaques marchent dans le sillage de la célébration du cinquième anniversaire de l’élargissement pour commencer leurs campagnes pour les prochaines élections européennes, a reporté EurActiv Slovaquie.

Bataille en Slovaquie : à qui le mérite de l’adhésion ?

Les partis de l’ancienne coalition gouvernementale se sont attribués le plus fort du crédit pour l’adhésion à l’Union européenne et ils revendiquent que l’opposition, au moment de l’adhésion, bloquait et faisaient tout contre cette adhésion, a déclaré l’eurodéputé Sergei Kozlík, tête de liste du parti de centre-droite HZDS pour les élections européennes, lors d’une conférence de presse évaluant l’adhésion de la Slovaquie à l’Europe cinq ans après.

Selon M. Kozlík, la Slovaquie devait d’abord se constituer en tant qu’Etat indépendant avant de pouvoir entrer dans l’UE, et le HZDS fut une force politique décisive dans ce processus.

Il a rappelé qu’en 2004, HZDS a apporté son soutien au référendum demandant aux citoyens de se prononcer sur l’adhésion de la Slovaquie à l’UE. Pour que le référendum soit valide, la participation devait être supérieure à 50 %. Cette condition fut tout juste remplie, avec 52 % de votants. Parmi ceux qui ont participé, 92 % ont voulu voir la Slovaquie intégrer l’Union.

Il est évident que si le HZDS n’avait pas supporté le oui au référendum, nous n’aurions pas eu ce mince résultat positif, a commenté M. Kozlík, qui a aussi souligné que la Commission Santer avait favorisé l’adhésion de seulement quatre pays d’Europe centrale et orientale : la Slovénie, la République tchèque, la Pologne et la Hongrie. Ce fut le successeur de Santer, Romano Prodi, qui a fait pression pour que dix pays soient acceptés. De ce point de vue, je pense que quelles que soient les personnes au gouvernement à ce moment là, ils peuvent revendiquer le crédit de l’adhésion de la Slovaquie à l’Union européenne, a-t-il conclu.

Cependant, l’opposition n’envisage pas les choses exactement de la même manière. Se confiant à aktualne.sk récemment, le Commissaire Jan Figel’ (KDH) a rappelé les notes d’avertissements envoyées par la Commission à propos des développements anti-démocratiques en Slovaquie sous le gouvernement de M. Mečiar. M. Figel’ était le chef des négociations pour l’adhésion de la Slovaquie sous le gouvernement Dzurinda.

M. Mečiar a riposté en déclarant que le gouvernement de MM. Figel' et Dzurinda ont commis de sérieuses erreurs lors des négociations d’adhésion, particulièrement en acceptant des conditions défavorables pour le secteur agricole.

Les appels à l’unité du Premier ministre

Lors d’un évènement distinct marquant le cinquième anniversaire de l’élargissement, le premier ministre Robert Fico a appelé à l’unité politique, rappelant que sans le soutien de l’ensemble de la classe politique, le référendum de 2004 sur l’adhésion aurait échoué.

L’unité est de la plus haute importance pour la Slovaquie, a déclaré M. Fico, et je regrette profondément qu’elle ait été mise à mal en 2008. Il n’y a aucune raison que cela serve comme excuse pour discréditer la ratification du Traité de Lisbonne, si nécessaire pour le fonctionnement de l’Union, a-t-il continué, en faisant référence aux tentatives de l’opposition de bloquer la ratification de ce traité en échange de l’adoption d’un projet de loi controversé sur les médias.

Des célébrations trop coûteuses

Les partis d’opposition SDKÚ, KDH et SMK ont critiqué la taille de ces célébrations d’anniversaire, que le gouvernement a préparé. Ils ont déclaré qu’elles ont été trop exagérées et pompeuses eu égard à la récession économique, en particulier comparé aux évènements qui ont eu lieu en Pologne et en République tchèque.

M. Fico a rejeté de telles critiques, déclarant aux journalistes que le gouvernement ne faisait pas cela par plaisir mais plutôt pour promouvoir l’image du pays à l’extérieur.

Le président démocrate-chrétien (KDH) Pavol Hrušovský était outragé que les membres de l’opposition qui étaient au gouvernement lors de l’adhésion de la Slovaquie n’aient pas été invités.

Chronique d’une élection annoncée

Pendant ce temps, la campagne pour les élections européennes a commencé officiellement dimanche (16 mai). Selon M. Fico, si le taux de participation tombe sous les 30 %, cela serait une honte pour tous les Européens. Il a pressé son ministre des Affaires étrangères, M. Miroslav Lajčák, de faire de son mieux pour promouvoir les élections européennes.

Les experts s’attendent à ce que la participation tourne autour de 20 % en Slovaquie, une faible augmentation par rapport aux 16,99 % de 2004. Un niveau si bas signifie que pour obtenir un siège au Parlement européen, un candidat a juste besoin de 40 000 votes, ce que les analystes considèrent comme un avantage pour les partis avec des électeurs disciplinés, tels que le SMK ou le KDH.

Moins d’un mois avant les élections, seulement deux des sept plus importants partis politiques (KDH et HZDS) ont publié des programmes politiques européens détaillés.

Contexte : 

La Slovaquie a rejoint l’UE en 2004. La plupart des analystes conviennent que le changement de gouvernement en 1998 s’est révélé être un jalon important de la route vers l’adhésion du pays à l’UE.

En 1998, le gouvernement de centre-gauche du fort controversé Premier ministre Vladimír Mečiar, qui était grimpé sur la scène internationale par ces mots : S’ils ne veulent pas de nous à l’Ouest, alors nous nous tournerons vers l’Est, a été remplacé par le gouvernement de coalition de centre-droit de Mikuláš Dzurinda (SDKÚ), qui a entrepris de nombreuses et douloureuses réformes.

En 2002, avant les élections parlementaires, tant l’UE que l’OTAN ont ouvertement fait campagne contre M. Mečiar, avertissant que son retour au pouvoir pourrait compromettre l’adhésion du pays à l’UE.

Après avoir remporté un second mandat, M. Dzurinda a pu former un gouvernement avec les Chrétiens-démocrates (KDH), le Parti de la coalition hongroise (SMK) et le parti nouvellement formé des Libéraux (ANO). L’adhésion à l’UE et à l’OTAN fut largement considérée comme la principale réalisation du gouvernement.

Le HZDS de M. Mečiar (populiste) fait actuellement partie de la coalition au pouvoir en Slovaquie, aux côtés du SMER de Robert Fico et du SNS nationaliste.

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