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Le glissement à droite du Parlement européen s’explique non pas en raison d’une victoire du centre-droit aux élections européennes mais plutôt du fait de l’incapacité des socialistes à convaincre les électeurs qu’ils pouvaient s’attaquer à la crise économique ; c’est ce qu’affirme, dans un entretien à EurActiv, Simon Hix, professeur à la London School of Economics.
« Ce n’est pas le centre-droit qui a gagné, mais plutôt le centre-gauche qui chute, et les votes se déplacent vers les partis extrémistes », a-t-il déclaré, commentant les résultats. « Les partis traditionnels de centre-droit dans la plupart des pays ont adopté un programme de sociaux-démocrates », ce qui signifie « qu’ils sont maintenant en faveur des dépenses publiques du fait de la crise économique », a ajouté M. Hix.
Les analystes affirment que le manque de différences idéologiques majeures entre les deux concurrents s’est révélé fatal pour les socialistes, alors que le centre-droit a réussi à convaincre les électeurs qu’ils savaient comment mener l’économie de manière plus efficace.
Les socialistes « n’ont rien fait de différents pour se présenter eux-mêmes lors de ces élections. Ils n’ont pas proposé un président de la Commission, ce qu’ils auraient pu faire aisément. Leurs électeurs attendaient de leur part une réponse à la crise économique, et il n’y en avait pas », a déclaré M. Hix.
A la place, ils ont « blâmé l’Amérique et les libéraux pour la crise. Ils n’ont offert rien de différent par rapport au centre-droit », a-t-il ajouté, affirmant que cela expliquait aussi le succès dans certains pays des Verts et des populistes d’extrême droite.
M. Hix ne pense pas que les progrès de l’extrême droite affecteront le modus operandi du prochain Parlement. « Je ne pense pas qu’il y aura un groupe d’extrême droite au Parlement européen, parce que ces groupes sont très différents. Je ne crois pas que [l’homme politique néerlandais populiste Geert] Wilders va siéger avec le BNP [Parti national britannique] », a-t-il argumenté.
Selon M. Hix, la sévère perte d’influence des socialistes dans le prochain Parlement va redéfinir l’équilibre des pouvoirs au sein de l’assemblée et redessiner la carte des coalitions.
« Le nouveau groupe à la droite du PPE va devenir assez influent maintenant, parce que le PPE va avoir besoin d’eux comme alliés pour un tas de choses. Si les conservateurs peuvent convaincre assez de partis de siéger ensemble en un groupe, ils détiendront 50 sièges et des poussières, ils seront donc le quatrième groupe le plus important au Parlement européen », a affirmé M. Hix.
Les nouvelles alliances politiques seront essentielles pour trouver un candidat adéquat pour devenir le prochain président du Parlement européen, qui a été choisi jusqu’ici par des accords informels entre les deux plus gros groupes, le PPE-DE et les socialistes.
Les nouvelles coalitions affecteront également la nomination du nouveau président de la Commission. Le Parlement doit approuver le prochain président de la Commission mi-juillet, à la majorité simple lors d’un scrutin secret.