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Les deux partis de la coalition au pouvoir en Roumanie – le Parti démocratique libéral (PDL), proche du président roumain, Traian Băsescu, et le Parti social démocratique (PDS) – ont gagné 21 des 33 mandats d’eurodéputés au nouveau Parlement européen, selon un reportage d’EurActiv Roumanie d’hier (8 juin).
Les élections européennes ont eu lieu en Roumanie le 7 juin. Les commentateurs ont déclaré que les débats avaient été pris en otages par des querelles autour des futures élections présidentielles, prévues en automne.
Les dernières élections présidentielles roumaines se sont tenues le 28 novembre 2004, simultanément aux élections législatives. Le candidat de centre-droit Traian Băsescu , ancien maire de Bucarest et capitaine de navire de profession, en est ressorti vainqueur.
Traian Băsescu, toujours en exercice, devrait tenter sa réélection, bien qu’il n’ait pas encore formellement annoncé son intention de le faire. Les autres candidats sont Mircea Geoană, dirigeant des sociaux-démocrates (PSD), Crin Antonescu, dirigeant du Parti national libéral (PNL), et le prince Radu de Hohenzollern-Veringen, né en 1960 comme Radu Duda, un membre non dynastique de la famille royale roumaine.
Après avoir pris connaissance des sondages de sortie des urnes dimanche, le dirigeant du PSD Mircea Geoană a déclaré que les résultats confirmaient le fait que le PSD était le premier parti politique en Roumanie. M. Geoană a affirmé que les résultats avaient montré que les Roumains sont de plus en plus déçus de la manière dont est menée la politique en Roumanie.
Après le comptage de 95 % des votes, le PSD est crédité de 30,82 %, en progression par rapport aux élections partielles de 2007 organisées après l’adhésion du pays à l’UE où il avait assuré 10 sièges. Le PLD, son partenaire de coalition et principal rival a obtenu 29,75 % des voix et 10 sièges, 6 de moins que lors des élections de 2007.
Dans l’intervalle, des élections législatives furent organisées en Roumanie en novembre 2008, qui se soldèrent par une coalition gouvernementale entre les anciens ennemis du PDL et du PSD.
Les résultats des autres partis et acteurs politiques sont les suivants :
Le Parti national libéral (PNL) de l’ancien premier ministre Călin Popescu-Tăriceanu, aujourd’hui mené par Crin Antonescu (affilié à l’ELDR), a recueilli 14,53 % des voix, soit 4 à 6 sièges, un résultat similaire à celui des élections partielles de 2007 qui se sont tenues après l’adhésion du pays à l’UE.
L’Union démocratique de Hongrois en Roumanie (UDMR, affilié au groupe PPE-DE), a remporté 9 % des voix et aura 3 sièges, un de plus qu’en 2007.
Fraude et faible participation
Des cas de fraude ont été dénoncés en abondance, alors que la Roumanie enregistrait son taux de participation le plus bas dans son histoire démocratique avec 27,52 %. La police a identifié et enquêté sur une douzaine de cas de vote multiple. L’association Pro Democratia, une ONG qui a surveillé jusqu’ici chaque élection en Roumanie, a déclaré que l’abstention était la grande gagnante des élections européennes. Pro Democratia a ajouté que la différence entre la participation dans les villes et dans les campagnes (29 % contre 16 %) avait fait soupçonner un tourisme électoral qui aurait influencé les résultats.
Lors de la première élection en Roumanie en 2007, le taux de participation était de 29,47 %.
Norica Nicolai, tête de liste des libéraux (PNL) aux élections du Parlement européen, a déclaré que son parti suspectait des fraudes. Le président du PNL Crin Antonescu a également fait allusion au vote multiple lorsqu’il a déclaré la nuit dernière qu’il voulait remercier tous les Roumains qui n’avaient voté qu’une seule fois.
Il a ajouté qu’ensemble avec ceux qui se sont rendus de manière honnête aux urnes, ils étaient seuls face à deux partis, au pouvoir, qui ont annoncé eux-mêmes beaucoup de fraudes et d’illégalités du matin au soir.
Strass et paillettes
Le Parti de la grande Roumanie (PRM) de l’ultranationaliste Corneliu Vadim a obtenu 8,68 % des voix, remportant deux sièges – un pour son dirigeant, et l’autre pour George Becali, connu de tous sous le nom de Gigi Becali – un homme d’affaire et politique roumain controversé (EurActiv 27/03/09), d’abord célèbre pour son engagement dans le football. M. Becali revendique être un partisan du Mouvement fasciste roumain légionnaire. Les élections de 2007 n’avaient pas été fructueuses pour le PRM.
Il est temps de payer, pour le Parti de la grande Roumanie après les énormes fraudes électorales de l’an dernier, a déclaré son dirigeant M. Corneliu Vadim Tudor lors de la nuit des élections.
De son côté, M. Becali a affirmé qu’il voulait s’affilier au PPE-DE avec son partenaire Corneliu Vadim Tudor, supprimant ainsi l’étiquette extrémiste du PRM.
Elena Băsescu, fille du Président Băsescu qui se présente au Parlement européen comme candidate indépendante, a obtenu 4,22 % des voix et un siège d’eurodéputée, étant donné que le seuil pour les candidats individuels est plus bas que celui appliqué aux partis.
Lors de la nuit des élections, Elena Băsescu a fait son retour au sein du parti PDL, qu’elle avait quitté avant la campagne.
Il est maintenant temps de fermer mes quartiers généraux de campagne et de retourner au parti où j’ai grandi, a-t-elle déclaré.
Bienvenue chez toi, un endroit que tu n’as jamais quitté, lui a déclaré le Premier ministre roumain, Emil Boc, le président du PDL.