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27 novembre 2009
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Les conservateurs britanniques du PPE-DE : resteront, resteront pas? [FR][en][de

Publié: lundi 12 janvier 2009   

Un des combats politiques européens les plus marquants se déroule actuellement au Royaume-Uni où le parti conservateur est confronté à un conflit interne sur la question de savoir s'il devrait se diviser de son groupe au Parlement européen, le PPE-DE, à la suite des élections européennes de juin.

Contexte:

Le parti conservateur britannique (Tory), bien que traditionnellement opposé au renforcement de l’intégration politique européenne, a toujours attiré un large spectre d’opinions au sein de ses rangs, réunissant des personnes qui militent pour l’Europe et d’autres qui sont clairement eurosceptiques. En effet, la question européenne a été un des sujets qui ont le plus semé la discorde dans l’histoire récente du parti. 

La relation du parti conservateur britannique à l’égard du Parlement européen est encore plus complexe. Ce parti a été le principal acteur dans la création en 1979 du parti démocrate européen. En effet, ce groupe était le troisième plus important groupe du Parlement européen au début des années 1980. 

Toutefois, lorsqu’un grand nombre de partenaires du groupe est passé dans le camp plus important du groupe du centre-droit, le Parti populaire européen (PPE), le parti démocrate européen a été affaibli. Il en a résulté qu’en 1992, les conservateurs britanniques ont rejoint le groupe du PPE. Le PPE a su conserver toutefois son indépendance en tant que parti pan-européen. Le statut du parti conservateur britannique (insider tout en étant outsider) a été renforcé en 1999 quand le groupe du PPE a été renommé PPE-DE. 

Lorsque David Cameron, dirigeant conservateur actuel, a été élu en 2005, il a promis de retirer complètement son parti de la coalition du PPE-DE, pour finalement conclure un compromis lui permettant d’agir de la sorte après les élections européennes de 2009. Toutefois, selon les observateurs, une majorité des eurodéputés du parti conservateur britannique préfèreraient rester au sein de la coalition, où il détiennent un nombre important de positions. Néanmoins, tous les eurodéputés du parti conservateur britannique ont signé une promesse de respecter la décision finale de M. Cameron, qu’il donnera après le vote de juin 2009. 

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La relation du parti conservateur britannique avec l’Europe a toujours été complexe. En effet, le parti a toujours été confronté à des désaccords internes par rapport aux positions que le parti doit avoir à l’égard de l’UE et au sein de l’UE. 

En particulier, l’affiliation du parti avec le PPE a toujours causé des ennuis au leadership du parti. Le groupe du PPE est dominé par la droite chrétienne et il défend en règle générale fortement l’intégration européenne, ce qui consterne profondément un grand nombre de membres du Tory, lesquels adoptent traditionnellement un point de vue plus conservateur. Du point de vue idéologique, ce « mariage sans amour  » ne semble pas, au premier abord, avoir beaucoup de sens. 

Comme résultat, le dirigeant du parti conservateur David Cameron a promis de dissoudre l’alliance du PPE-DE à la suite des élections de juin et de former un nouveau groupe. 

Les scénarios possibles s’ils partent

Si les membres du parti conservateur s’en vont, un grand nombre d’options ont été mentionnées pour leur futur en Europe après le PPE. Le plan initial de M. Cameron visant à former une opposition conservatrice sur le modèle traditionnel du parti démocrate européen avec le parti ODS du Premier ministre tchèque Mirek Topolanek a attiré l’attention du parti polonais Droit et justice (PIS) et celle du parti français Rassemblement pour la France (RPF). 

Toutefois, pas plus tard que décembre 2008, les eurodéputés du parti conservateur britannique  ont déclaré qu’il n’y avait aucune preuve qui laissait entendre que cette nouvelle architecture du groupe était entièrement conçue en termes de promesses fermes de la part d’autres partis de rejoindre le groupe en 2009. Un nouveau groupe parlementaire peut seulement être formé s’il réunit des eurodéputés d’au moins sept Etats membres de l’UE. 

Selon une deuxième option, les conservateurs se retireraient simplement de la structure du groupe et rejoindraient les eurodéputés « non inscrits ». Cette option constitue toutefois une abomination pour la plupart des eurodéputés du parti conservateur britannique étant donné qu’un grand nombre des membres du parti adhérent au concept selon lequel le statut de non-inscrit équivaut à n’avoir aucun statut.

Conformément à un troisième scénario relativement récent, le parti démocratique européen formerait une confédération avec le groupe Union pour l'Europe des Nations (UEN), un groupe qui selon l’eurodéputé du Tory Charles Tannock s’identifie en général avec nombre de valeurs identiques à celles des conservateurs. 

Toutefois, cette option serait possible seulement si les eurodéputés du parti irlandais Fianna Fail quittent l’UEN pour rejoindre le groupe libéral du PPE-DE, comme on le laisse entendre actuellement à Bruxelles (le parti Fianna Fail et celui du Tory ne feront pas partie du même groupe pour diverses raisons historiques). 

« Le traitement préférentiel »  ou pourquoi la majorité des eurodéputés conservateurs britanniques souhaitent rester

Malgré les avantages potentiels de n’être plus attaché idéologiquement au PPE après les élections, la plupart des observateurs pensent que la majorité des eurodéputés conservateurs britanniques ne sont pas en faveur d’une telle action, précisément parce qu’en étant membre du plus grand groupe du Parlement, ils disposent d’une plate-forme solide en Europe ainsi qu’un nombre disproportionné de positions influentes.  

L’eurodéputé travailliste britannique Richard Corbett a indiqué à EurActiv que dans le PPE, les conservateurs « ont de manière générale beaucoup plus d’influence –  que ce soit pour obtenir de bonnes positions ou simplement être l’un des deux grands groupes au Parlement –  qu’ils n’en auraient en étant isolés en marge. 

M. Corbett a déclaré que « les ennuis sont de retour à la maison ». Il explique « qu’en cédant aux exigences de l’aile eurosceptique de son parti alors qu’il tentait d’être élu dirigeant, M. Cameron a promis de la sortir du PPE – maintenant, il se retrouve avec cette promesse sur les bras ». 

M. Cameron est le patron, déclare le leader des eurodéputés conservateurs britanniques

Les représentants des conservateurs contactés par EurActiv pour cet article étaient globalement très réticents prendre la parole, indiquant que le débat demeure une question très sensible et loin d’être résolue pour le parti. 
En dépit d’une avalanche d’analyses en ligne sur l’actuel état de la situation, la plupart des eurodéputés conservateurs semblent véritablement ne pas connaître les intentions finales de M. Cameron. L’eurodéputé Charles Tannock, par exemple, a noté que les eurodéputés sont gardés dans l’ignorance concernant les projets de M. Cameron.
Un conservateur du Parlement a déclaré à EurActiv que « mises à part les plus hautes sphères de la direction du parti conservateur, personne ne sait comment les négociations évoluent. Quiconque clame qu’il le sait spécule purement et simplement. »
Se confiant à EurActiv au cours d’un entretien, l’eurodéputé Timothy Kirkhope, qui a été élu dirigeant de la délégation des conservateurs au Parlement européen pour la seconde fois en novembre 2008 et qui est largement connu pour être contre le fait de quitter le PPE-DE, a déclaré : « Je reconnais que nous occupons actuellement certaines positions extrêmement importantes au Parlement ».

Néanmoins, M. Kirkhope n’a pas souhaité pas être se prononcer sur la tournure des négociations de haut niveau conduites par les conservateurs, indiquant seulement qu’il se conformerait à la décision de M. Cameron : « Le leader de mon parti est le leader de mon parti, un point c’est tout ».

M. Kirkhope a  nié tout désaccord avec M. Cameron sur la question, déclarant « je travaille en étroite collaboration avec lui » et « nous nous entendons très bien, en fait », bien qu’il reconnaisse la diversité des opinions parmi les eurodéputés.  « Les gens ont des opinions, et je n’ai pas de problèmes avec les gens qui ont des opinions, mais à la fin de la journée, il n’y a qu’un seul chef de la délégation et un seul chef du parti conservateur », a-t-il déclaré. 

Une source du parti conservateur du Parlement, souhaitant rester anonyme, a indiqué à EurActiv qu’il n’y a pas de doute qu’une majorité des eurodéputés du parti préfèrent rester au sein du groupe en raison du traitement préférentiel qui leur est accordé. « La moitié des membres sont des coordinateurs, et nous conservons un chef de file sur les questions les plus importantes ». 

Autrement dit, les eurodéputés du parti conservateur britannique craignent que le fait de quitter le PPE-DE ne diminue leur influence et réduise leur pouvoir au Parlement européen. 

Positions:

L’eurodéputé conservateur controversé Danierl Hannan a décrit le dysfonctionnement des relations entre les conservateurs et le PPE de cette façon : dans le passé, nous avons souffert – en particulier lors des élections européennes de 2004, où nous avons obtenu notre plus mauvais partage des voix depuis 1932 – parce que l’on nous pensait dissimulateurs. Nous nous sommes battus contre les campagnes eurosceptiques en Europe, puis, une fois élus nous nous sommes assis avec le groupe le plus integrationniste de la chambre, a-t-il ajouté.  

L’ancien eurodéputé et actuel député conservateur britannique Robert Goodwill  a déclaré que David Cameron doit tenir sa promesse de se retirer du Parti populaire européen et de trouver un nouveau groupe opposé à l’agenda fédéraliste et dévoué à un marché européen libre et ouvert.

En outre, il a noté que quitter le Parti populaire européen donnera aux conservateurs davantage de ressources, d’indépendance quant au contrôle de leurs finances, et de sièges au premier rang du Parlement. Selon lui, les conservateurs seront plus à même de défendre les intérêts britanniques. 

A l’opposé de ce point de vue, l’ancien eurodéputé et actuel député des conservateurs britanniques David Curry clame que si les conservateurs quittent le PPE, cela nuira aux intérêts britanniques, ajoutant que les entreprises souhaitent moins de lois mais de meilleures lois. Il se demande si quelqu’un pense sérieusement qu’on peut obtenir cela plus facilement en dirigeant une frange instable d’un groupe ou en étant l’élément le plus important du plus grand groupe au Parlement.

L’eurodéputé conservateur Charles Tannock a déclaré qu’il n’avait personnellement jamais été opposé au principe de quitter le PPE-DE, dans la  mesure où les conservateurs peuvent développer un groupe reflétant les intérêts du parti et qui permettrait aux eurodéputés conservateurs de préserver leur influence au Parlement.

Cependant, par rapport à la possibilité pour les eurodéputés conservateurs britanniques d’être complètement en dehors de la structure du groupe au Parlement, il a déclaré qu’il avait du mal à comprendre comment siéger en tant que membres non-inscrits pourrait améliorer la réputation de leur parti – un tel mouvement pourrait réduire leur influence à zéro. Les conservateurs seraient exclus des postes de président ou vice-président des commissions, des dépôts ou négociations de résolutions du Parlement, des soumissions d’amendements à la législation sans les quarante signatures, ou encore de rédiger d’importants rapports.

Le député britannique Roger Helmer, qui a quitté le PPE-DE pour siéger en tant qu'indépendant, a déclaré que David Cameron se consacre à tous les sortir du groupe avant les prochaines élections. Bien sûr, l’engagement de M. Cameron, sur la base duquel il a remporté l’élection pour la direction du parti, était selon lui inconditionnel, ajoutant toutefois que la tactique des membres pro-PPE a été intelligente. Ils disent qu’ils suivront la décision du leader (même à contrecœur), mais seulement lorsqu’ils auront un autre groupe à rejoindre, a souligné M. Helmer. Ensuite, ils ont travaillé dur pour miner les efforts de créer un nouveau groupe, a-t-il ajouté. D’une certaine manière, cette conditionnalité a selon lui infiltré le débat, et maintenant la proposition est qu’ils ne peuvent pas quitter le PPE parce qu’ils ne peuvent pas former de nouveau groupe. Selon M. Helmer, il faut le répéter haut et fort : l’engagement de Cameron était inconditionnel. Quoi qu’il arrive, nous quittons le PPE, a-t-il conclu.

En outre, dans une déclaration reflétant les préoccupations du PPE par rapport aux actions éventuelles du parti conservateur britannique, l'eurodéputé allemand du PPE-DE Elmar Brok a confié à EurActiv « qu'il espèrait seulement que les conservateurs britanniques allaient, dans leurs politiques concrètes, prendre en compte le pouvoir du Parlement européen au sein du processus législatif et qu'ils n'allaient pas vouloir affaiblir le centre-droit à cause de questions purement internes à leur parti ».

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