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La crise n’aide pas les eurosceptiques à parvenir à un consensus [FR]

Publié 27 mars 2009
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La crise économique mondiale, qui a touché de plein fouet l’Europe centrale et orientale, ne semble pas avoir renforcé les positions des divers groupes politiques extrémistes et eurosceptiques locaux. Tour d’horizon du réseau EurActiv.

A dix semaines des élections européennes et malgré de nombreux problèmes posés par la récession économique et les sorties de capitaux qui en résultent, le paysage politique dans les pays d’Europe centrale et orientale montre une tendance à la stagnation, voire à un soutien de plus en plus faible aux partis d’extrême-droite, d’extrême-gauche, nationalistes ou eurosceptiques dans la région. 

En Pologne, le plus grand Etat membre de l’UE d’Europe centrale et orientale, qui a adhéré à l’UE il y a cinq ans déjà, le soutien aux eurosceptiques a sensiblement chuté. En Roumanie, deuxième plus grand pays de la région, les extrémistes n’ont pas obtenu suffisamment de voix au cours des dernières élections pour entrer au Parlement national (EurActiv 15/12/08). 

Inspirée par des facteurs politiques externes tels que le mouvement Libertas, né en Irlande, la mobilisation contre le traité de Lisbonne ne parvient pas à prendre de l’ampleur dans de nombreux pays de la région, tels que la Bulgarie, la Roumanie et même la Hongrie, où l’opinion publique ne semble pas être particulièrement intéressée par les détails du nouveau traité européen. Une telle mobilisation ne semble fonctionner que de manière limitée dans des pays tels que la Pologne et la Slovaquie. 

République tchèque

Mais en République tchèque, où le traité de Lisbonne reste bloqué au Sénat, la question rassemble des forces politiques aussi diverses que des communistes (qui, au moins en théorie, sont internationalistes) et des monarchistes. 

Le parti communiste de Bohême et Moravie (KSČM) est le seul  parti extrémiste qui devrait obtenir quelques sièges au Parlement européen, en juin. Bien qu’ils ne soient pas ouvertement eurosceptiques ni anti-européens, les communistes, qui ont recours à une rhétorique révolutionnaire, s’opposent avec véhémence à toute coopération avec l’OTAN et les Etats-Unis. 

Sous couvert de promouvoir la paix, le parti s’oppose au développement de capacités militaires européennes, au déploiement d’unités militaires en mission à l’étranger, à la présence de troupes étrangères sur le territoire tchèque, et enfin, à l’idée que l’UE devienne un acteur significatif de la scène internationale. Les leaders du parti évitent la question de l’adoption de l’euro, de même que celle de la ratification du traité de Lisbonne. 

En 2004, le KSČM a remporté six sièges (avec 20 % des votes) sur les 24 attribués aux eurodéputés tchèques, se plaçant ainsi à la seconde place, juste après le parti démocrate civique (ODS, neuf sièges). La dernière enquête (menée en février 2009) montre que les communistes pourraient maintenant se placer en troisième position, derrière l’ODS et les socio-démocrates (ČSSD) avec 16 % des votes. 

Les perspectives des partis d’extrême-droite, des mouvements nationalistes ou encore eurosceptiques sont sombres, notamment en raison des similitudes de leurs agendas et de leurs manifestes. Vladimír Železný a fondé un parti intitulé Libertas.cz, qui devait à l’origine être affilié à Libertas.eu. Mais entre temps, M. Železný a pris ses distances avec M. Ganley, et a été jusqu’à considérer le président tchèque, Václav Klaus, comme son « gourou ». 

Presque tous les nouveaux partis eurosceptiques de droite, y compris le parti des citoyens libres (SSO) de Petr mach et la coalition de Jana Bobošíková, Suverenita (souveraineté), se tournent vers le président et cherchent à obtenir sa bénédiction. 

De nouveaux partis eurosceptiques ont vu le jour en réaction à l’appel de M. Klaus à la création d’une nouvelle force politique. Au début du mois de mars, M. Klaus a appelé les nombreux partis eurosceptiques à travailler ensemble afin qu’ils aient une chance de remporter des sièges lors des élections au Parlement européen. C’est pourquoi M. Mach, un protégé de M. Klaus, a refusé toute coopération avec M. Železný et Mme Bobošíková. 

Le parti radical des travailleurs (DS), qui est perçu comme étant proche du mouvement néo-nazi, a également fait part de son intention de participer aux prochaines élections européennes. Le gouvernement a récemment voulu interdire le parti, mais n’a pu apporter de preuves suffisantes au tribunal. Leur soutien au sein de la population est insignifiant. 

Slovaquie

Aucun parti politique slovaque n’offre d’alternative à l’adhésion de la Slovaquie à l’Union européenne. Le seul parti ayant un certain poids qui critique l’UE et qui est contre la ratification du traité de Lisbonne est le KDH (mouvement chrétien-démocrate), membre du groupe PPE-DE, favorable au traité de Lisbonne. 

Selon les dirigeants du KDH, le traité de Lisbonne retire trop de pouvoirs à Bratislava pour les confier à Bruxelles et diminue le poids de la Slovaquie au Conseil des ministres. Ce sont les raisons pour lesquelles ils le considèrent comme une menace à la souveraineté nationale. Selon le KDH, il y a également des problèmes relatifs à l’impact éventuel de la Charte des droits fondamentaux sur la législation nationale en matière de questions éthiques. Le KDH devrait revenir à l’assemblée européenne, avec deux sièges, selon des estimations. 

Un autre parti politique aux vues similaires est le KDS (démocrates conservateurs). Le parti n’a été créé que récemment par quatre personnalités de renom qui ont depuis quitté le KDH pour former une liste de candidats aux élections européennes conjointement avec un parti qui n’est pas au parlement national (OKS, parti civique conservateur). Dans la mesure où ils ne bénéficient que d’un soutien modeste, ils ne devraient pas obtenir de sièges. 

Le parti de droite OKS (parti civique conservateur), qui, à lui seul, ne bénéficie que d’un faible soutien populaire (moins de 1 %), souhaite que l’UE se résume au marché unique. En effet, le parti est d’avis que tous les autres domaines doivent être gérés au niveau national. Ils ont indiqué que le Parlement européen devait être dissous parce qu’ils ne le considèrent pas comme un véritable parlement. Ils ne voient aucune « nation européenne » à représenter. 

Quant au camp nationaliste, le parti national slovaque (SNS), qui n’est actuellement pas représenté au sein de l’assemblée européenne, il pourrait obtenir deux ou, au maximum, trois sièges, selon des estimations. Pour le SNS, l’adhésion de la Slovaquie à l’UE est une décision inévitable. Mais étonnamment, en tant que membre de la coalition de M. Fico au gouvernement, il soutient sans réserve le traité de Lisbonne au Parlement slovaque. 

Le fondateur de Libertas, Declan Ganley, a dévoilé un projet visant à créer un Libertas Slovaquie, lors de sa visite dans le pays, en février. Le parti n’est toutefois toujours pas enregistré, et aucun candidat officiel n’est connu. 

Pologne

La ligue des familles polonaises (LPR), un parti eurosceptique qui n’est plus représenté au Parlement national, tentera de faire ses preuves lors des prochaines élections européennes. 

Malgré les sondages peu favorables, Roman Giertych, ancien président de la LPR et ancien vice-Premier ministre, a déclaré qu’il était sûr que ce parti serait représenté au nouveau Parlement. Lors des premières élections européennes organisées en Pologne en 2004, la LPR est arrivée seconde position, avec 15 % des suffrages, et compte désormais dix eurodéputés. 

Des responsables politiques proches de la radio ultra-catholique Radio Maryja créent actuellement un autre groupe d’eurosceptiques. Certains d’entre eux sont issus du parti Droit et Justice créé en 2001 par les frères Kaczyński. L’ancien parti conservateur au pouvoir peut compter sur le soutien de la radio controversée, mais néanmoins populaire. 

Libertas vient juste d’être enregistré en Pologne.

Hongrie

Le parti extrémiste le plus visible dans le paysage politique hongrois est  Magyar Gárda (la garde hongroise). Il s’agit d’un mouvemenet paramilitaire nationaliste d’extrême droite qui  rappelle la période fasciste. Ses membres mènent des campagnes énergiques, défilent en uniforme et organisent des agressions à l’encontre des Roms et d’autres groupes ethniques. 

La garde hongroise a été enregistrée en 2007 en tant qu’organisation visant à protéger l’héritage du pays et sa culture ainsi qu’à créer un cadre de défense nationale. Les 56 premiers membres du mouvement ont été admis en août 2007. 

En décembre de l’année dernière, la cour de Budapest a jugé que l’organisation devait être dissoute. Le parti Magyar Gárde a interjeté appel de cette décision. Gabor Vona, président fondateur de Magyar Gárda et chef du parti Jobbik, a déclaré que les membres du mouvement allaient écrire un nouveau chapitre de l’histoire du pays. 

Krisztina Morvai, qui est à la tête de la liste du parti pour les prochaines élections du Parlement européen, a indiqué que son parti fournirait tous les efforts nécessaires pour regagner les avantages nationaux qui lui ont été illégalement retirés. Elle a ajouté que toutes les lois qui accordent des privilèges aux étrangers au détriment des Hongrois devaient être abolies. 

Mme Morvai, qui a qualifié le gouvernement hongrois de « bande de voleurs », estime également que les prêts contractés auprès du Fonds monétaire international et d’autres banques internationales devaient être considérés comme ayant déjà été remboursés. La Hongrie ne devraient plus consacrer d’autres dépenses publiques au paiement de la dette. 

Roumanie

Le dirigeant du parti ultra-nationaliste de la grande Roumanie (PRM), Corneliu Vadim Tudor, a annoncé qu’il serait la tête de liste du parti pour les élections parlementaires. Après avoir obtenu près de 20 % des voix lors des élections législatives nationales en 2000, le parti a depuis perdu de sa force politique. Au cours des dernières élections, avec seulement 3,15 %, le PRM n’a pas obtenu les voix nécessaires pour entrer au Parlement (le seuil est de 5 %). M. Tudor, qui était propagandiste communiste avant de renaître nationaliste, s’inspire principalement des théories du complot contre la Hongrie. 

Quant au parti de la nouvelle génération, présidé par George Becali, souvent considéré comme intolérant et d’extrême droite, il n’a, lui non plus, pas réussi à entrer au Parlement. M. Becali, connu sous le nom de Gigi Becali, est un homme d’affaires et un responsable politique controversé, connu principalement pour son engagement dans le football. M. Becali affirme soutenir le mouvement fasciste légionnaire roumain.

Une des ses cibles préférées sont les homosexuels. Il a même menacé d’en finir avec eux s’il prenait le pouvoir. Lors des élections au Parlement européen, qui ont eu lieu en novembre 2007, son parti (PNG-CD) a obtenu 4,86 % du vote populaire, juste en dessous du seuil des 5 %. 

Bulgarie

En tête de la liste électorale des extrémistes d’Ataka figureront probablement les actuels eurodéputés issus de ce parti politique, a déclaré récemment l’eurodéputé Dimitar Stoyanov. Une récente enquête montre que 9 % des électeurs pourraient soutenir Ataka aux prochaines élections européennes, de même qu’aux prochaines élections parlementaires nationales, qui auront lieu dans quelques semaines. 

Il y a deux ans, M. Stoyanov s’était rendu célèbre au Parlement européen en envoyant un email, dans lequel il attaquait Lívia Járóka, eurodéputée hongroise d’origine rom et eurodéputé de l’année 2005. L’email de M. Stoyanov indiquait que les plus belles tziganes se trouvaient dans son pays et qu’il saurait indiquer à toute personne intéressée l’endroit où il est possible d’acheter des fiancées tziganes de 12 ans pour un montant maximum de 5000 euros. M. Stoyanov est certain de conserver son poste d’eurodéputé, étant donné que le leader d’Ataka, Volen Siderov, est son beau-père. 

Cité par le quotidien Dnevnik, le sociologue Yuriy Aslanov a déclaré que les seuls partis bulgares à pouvoir entrer au Parlement sont : le parti socialiste bulgare (membre du PSE), le GERB (citoyens pour le développement européen de la Bulgarie) - acteur politique récemment créé autour de l’actuel maire de Sofia, Boyko Borissov, et affilié au PPE-DE -, le DPS (mouvement des droits et libertés), un parti ethnique turc affilié à l’ADLE, et enfin Ataka.

Contexte : 

Ayant lancé une section détaillée sur les élections européennes un an avant le scrutin de 2009, EurActiv est à la pointe de la couverture des derniers développements politiques et économiques en lien avec les élections. 

Si la couverture se concentrait tout d’abord sur les manifestes des principaux partis européens (socialistes européens, libéraux,  et parti populaire européen), elle s’est ensuite également penchée sur les mouvements émergents, tels que Libertas, parti controversé s’opposant au traité de Lisbonne.  

EurActiv met aujourd’hui en avant un certain nombre de facteurs qui pourraient influencer les élections européennes de cette année, en comparaison de ceux de 2004. 

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