Au cours d’un week-end riche en intrigues politiques, l’UMP, le parti au pouvoir en France, a expliqué sa stratégie pour les élections de 2009 lors de son Conseil national à Paris. Le parti de centre-droit détient actuellement 18 sièges au Parlement européen, moins que les 31 de son principal rival, le Parti socialiste français de centre-gauche.
Pour la sélection des candidats qui seront en tête des listes électorales pour les 8 circonscriptions françaises, deux règles doivent être respectées : représentation paritaire entre les hommes et les femmes d’une part, et la représentation de toutes les régions d’autre part. En conséquence, de longs débats ont eu lieu jusqu’à l’intervention du président français lui-même. A la fin de la journée, «c'est Nicolas Sarkozy qui décide de tout», a glissé un élu UMP à EurActiv France.
Dati : une « gagneuse » reléguée?
M. Sarkozy a assuré qu’il réunirait une équipe de « gagneurs » afin de lancer un véritable assaut de l’UMP aux élections de 2009. Selon un autre représentant de l’UMP, M. Sarkozy veut envoyer des responsables politiques connus à Bruxelles en vue d’améliorer la manière dont l’électorat français perçoit l’UE.
Mme Dati et M. Barnier sont certainement parmi les « gagneurs » de son équipe pour les élections. L’actuel ministre français de l’Agriculture, Michel Barnier, qui sera aux côtés de Mme Dati en tête de la liste UMP de la région Ile-de-France, a déclaré aux membres du parti que l’Europe, qui était auparavant un problème, est désormais la solution.
Parallèlement, M. Sarkozy a déclaré au Conseil national que « la décision de mettre Rachida et Michel en tête de la région la plus peuplée de France est proprement historique ».
Toutefois, un grand nombre d’analystes politiques perçoivent la nomination de Mme Dati pour les élections européennes comme une rétrogradation, même une disgrâce pour la ministre de la Justice.
Mme Dati, alliée de longue date de M. Sarkozy, était l’une des ministres les plus en vue lorsqu’elle est entrée en fonction en 2007. Elle incarnait un symbole de la diversité culturelle. Il s’agit également de la première élue d’origine nord-africaine à la tête d’un ministère.
Ayant été au centre d’une controverse médiatique après qu’elle est retournée au travail une semaine seulement après avoir accouché de son premier enfant, Mme Dati, et ce n’est un secret pour personne, ne souhaite pas quitter son poste actuel. Mme Dati aurait accepté à contre cœur cette rétrogradation en échange de garanties qu’elle occupera à l’avenir un poste important dans la politique nationale.
Schizophrénie dans le Sud-Ouest
Autre coup de théâtre, Alain Lamassoure eurodéputé UMP, n’a pas été choisi pour figurer en tête de la liste de son parti dans la région du sud-ouest de la France, le parti ayant préféré à sa place l’ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis. M. Sarkozy aurait estimé que M. Baudis était une meilleure « locomotive électorale » que M. Lamassoure, en dépit du travail de haut niveau de ce dernier au Parlement européen, notamment son implication dans l’élaboration du traité de Lisbonne.
Dans la mesure où les deux premiers de la liste doivent respecter la parité, M. Lamassoure ne peut obtenir la deuxième position, seulement la troisième.
M. Lamassoure a exprimé son mécontentement face à cette décision, la dénonçant comme étant « complètement schizophrénique » compte tenu du travail de haut niveau qu’il accomplit pour le parti en Europe. Il a fustigé la «mauvaise utilisation des compétences» du parti et a confirmé qu'il ne fera pas campagne avec Dominique Baudis.
M. Lamassoure a précisé qu’il était hors de question qu’il figure troisième sur la liste de l’UMP. Des observateurs considèrent par conséquent qu’il ne se présentera plus aux élections du Parlement. Une source a confié à EurActiv France qu’à la place, il fait activement pression pour un autre poste de haut niveau, peut être pour celui de prochain commissaire européen pour la France, de haut représentant des Nations Unies ou même de ministre du gouvernement.



