M. Buzek a été élu lors du premier tour de vote avec une majorité confortable de 555 votes contre 89 pour l’eurodéputé suédoise Eva-Britt Svensson du groupe GUE/GVN.
Son élection à Strasbourg a été décrite comme « historique » par le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, puisque M. Buzek devient le premier homme politique à représenter l’un des anciens Etats soviétiques d’Europe centrale et orientale.
D’autres ont qualifié son élection comme une percée symbolique et un moment de fierté pour la Pologne.
S’exprimant devant le nouveau Parlement, M. Buzek a dit que son élection envoyait un signal fort aux pays qui ont rejoint l’UE en 2004, la décrivant comme un hommage aux millions de citoyens qui ont fait tomber le rideau de fer.
Depuis cinq ans, a-t-il ajouté, il n’y a plus de « nous » [Europe centrale] et « vous » [Europe de l’Ouest].
Le nouveau président et ancien premier ministre est considéré comme un homme valorisant les compromis et les discussions, selon EurActiv Pologne. Il était en effet soutenu à la fois par les libéraux du Parti de la plateforme civique et par le président polonais Lech Kaczyńsky, qui provient des conservateurs du parti Droit et Justice, actuellement la force d’opposition la plus importante du pays.
M. Buzek prendra la tête du Parlement européen pour deux ans et demi, suivi par la suite d’un membre nommé par le groupe S&D (socialiste) pour la seconde moitié de la législature, selon une déclaration conjointe des dirigeants des trois plus importants groupes politiques du Parlement – le PPE de centre droit, les socialistes et les libéraux.
La Pologne aurait pu viser plus haut, selon des critiques
De manière générale, la nouvelle a été chaudement accueillie par la classe politique polonaise à Varsovie et Bruxelles, avec quelques réserves notables.
Un fonctionnaire polonais du Parlement européen a déclaré à EurActiv qu’une majorité de Polonais allaient célébrer la nomination de M. Buzek comme un reflet de l’influence grandissante du pays dans l’UE.
Mais d’autres pourraient être déçus, a prévenu ce fonctionnaire. Certains en Pologne se demandent pourquoi nous nous sommes battus pour la présidence du Parlement européen – une fonction de représentation et symbolique – quand il aurait été plus avisé de batailler pour une position clef à la Commission, par exemple.
Une majorité d’analystes politiques en Pologne estiment que Jacek Saryusz-Wolski aurait été un meilleur choix, une position répétée à EurActiv par plusieurs personnes dans les couloirs du Parlement, qui disent que ce dernier est un meilleur orateur, qu’il est plus connu et qu’il est un réel poids lourd.
Cependant, la source polonaise a ajouté que le pouvoir symbolique de l’élection de M. Buzek n’a pas échappé à l’establishment de Varsovie, qui comprend qu’une fonction représentative peut parfois être meilleure qu’une position de pouvoir.
Partout où il est allé, Hans Gert-Pöttering a été salué comme le président allemand du PE. Maintenant, c’est au tour du président polonais du PE, et les citoyens européens s’intéresseront plus à la Pologne et aux nouveaux Etats membres, a-t-elle ajouté.
Le premier ministre polonais Donald Tusk a exprimé ses inquiétudes que certains en Pologne puissent penser que la candidature de M. Buzek discrédite les chances polonaises d’obtenir un poste clef dans la nouvelle Commission européenne.
Au contraire, M. Tusk a affirmé que l’élection de M. Buzek en tant que président renforcera la position de la Pologne ainsi que le gouvernement quand il s’agira de négocier avec les autres dirigeants de l’UE pour les hauts postes de la nouvelle Commission.
Les nouveaux vice-présidents pour compléter le tableau
Cet après-midi et demain, ce sera au tour des 14 nouveaux vice-présidents du Parlement d’être élus. Sur la base des résultats des élections de juin, la nouvelle législature doit présenter la répartition suivante des postes de vice-président (VP) (EurActiv en a obtenu les noms à Strasbourg) :
- Parti populaire européen (PPE), cinq VP : Roberta Angelilli (Italie), Rodi Kratsa-Tsagaroupoulou (Grèce), Pal Schmitt (Hongrie), Alejo Vidal-Quadras (Espagne), Rainer Wieland (Allemagne).
- Alliance des socialistes (S&D), cinq VP : Dagmar Roth-Behrendt (Allemagne), Miguel Angel Martinez Martinez (Espagne), Giovanni Pittella (Italie), Stavros Lambrinidis (Grèce), Libor Roucek (République tchèque).
- Alliance des démocrates et libéraux d’Europe (ADLE), deux VP : Silvana Koch-Mehrin (Allemagne), Diana Wallis (Royaume-Uni).
- Verts européens, 1 VP : Isabelle Durant (Belgique).
- Conservateurs et réformistes européens (ECR), 1 VP: Michal Kaminski (Pologne).
- EurActiv a appris que l’eurodéputé conservateur britannique Edward MacMillan-Scott du groupe ECR tente de collecter les 40 signatures nécessaires d’eurodéputés pour se présenter en tant que candidat indépendant à un poste sans précédent de 15ème VP.



