Libertas a annoncé hier que la campagne britannique du parti sera conduite par Robin Matthew, ancien militaire. Ce dernier a déclaré que Libertas offre la seule véritable opportunité pour les citoyens britanniques d’obtenir une meilleure solution de l’Europe.
Parallèlement, Libertas dévoilera en France trois responsables politiques pour sa campagne : le vicomte Philippe de Villiers, Frédéric Nihous et Jérôme Rivière.
M. Villiers est un visage bien connu de la politique française : il s’est en effet présenté à deux reprises aux élections présidentielles en tant que candidat de son parti, le Mouvement pour la France (MPF), plate-forme eurosceptique d’extrême droite. Il a également suscité la controverse en raison de ses discours publics sur l’Islam et l’immigration musulmane.
M. Nihous est issu du parti CPNT (Chasse, Pêche, Nature et Tradition), un mouvement rural qui vise à défendre les valeurs traditionnelles de la France, notamment la chasse. Le parti a remporté six sièges aux élections européennes de 1999, mais les a tous perdus à celles de 2004, au cours desquelles il n’a en outre pas atteint le seuil des 3 % permettant aux partis de se faire rembourser leurs dépenses de campagne.
EurActiv a également appris que M. Rivière, un ancien membre de l’UMP (Union pour un Mouvement Populaire) qui avait soutenu Philippe de Villiers lors de la campagne des présidentielles de 2007, sera également candidat. M. Rivière était membre du parti UMP du président français, Nicolas Sarkozy, jusqu’à ce qu’il en soit exclu à la mi-2007. Des médias français avaient laissé entendre ultérieurement que M. Rivière pourrait assumer le rôle de directeur de campagne français de Libertas, sans qu’il ne se présente aux élections de juin.
Les experts en matière d’élections européennes du think tank Notre Europe, qui est en faveur de l’intégration, ont décrit le conglomérat Libertas France comme un « mélange éclectique ». Ils se sont en outre montrés surpris que M. Villiers lui-même se soit rallié au mouvement de Declan Ganley.
Nous trouvons très surprenant le fait que Philippe de Villiers, qui est un ardent royaliste, puisse rejoindre Libertas, qui se décrit lui-même comme tout sauf royaliste, ont-ils expliqué. En fait, Libertas et M. Villiers se désignent tout deux comme européanistes, ce qui est très clairement une contradiction, ce sont des animaux politiques très différents, a précisé le think tank.
Pour le think tank, le choix de ce trio est une nouvelle indication de la méthode de Libertas qui « pêche » des candidats dans toute l’Europe pour créer un parti à l’éventail non-conformiste de personnalités.
En parallèle, le lancement du manifeste électoral de Libertas, à propos duquel son fondateur, Declan Ganley, a déclaré à EurActiv qu’il « définirait sa politique dans une très grande variété de domaines », a été reporté du 25 mars à une date encore à fixer. L’évènement devrait avoir lieu à Rome.



