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Mettre une annonceA seulement quelques jours des élections européennes, les conservateurs et les eurosceptiques britanniques, tchèques et polonais ont formé une nouvelle alliance politique en fin de semaine. Ils ont juré de se battre contre ce qu’ils considèrent comme une fédéralisation rampante de l’Union européenne.
Du 4 au 7 juin, 375 millions de citoyens sont appelés à voter pour les 736 eurodéputés qui vont les représenter au Parlement européen jusqu’en 2014.
Un sondage récent, commandé par le cabinet d’affaires publiques Burson Marsteller (EurActiv 08/04/09), a prédit que le groupe de centre-droit PPE DE devrait rester le plus gros rassemblement de la prochaine législature, avec approximativement 249 sièges, alors que le groupe Socialiste devrait durement gagner 209 sièges, augmentant légèrement sa position de 27 % à 28 % dans la nouvelle assemblée.
Cependant, le sondage a prévu que la nouvelle donne parlementaire pourrait être déterminée par la décision des Tories britanniques de quitter le PPE et de créer un nouveau groupe conservateur européen avec les conservateurs tchèques de l’ODS et d’autres partis penchés à droite.
Un nouveau groupe anti-fédéraliste a été constitué le 30 mai à Varsovie. Il regroupe les Conservateurs britanniques de David Cameron, le Parti démocratique civique (ODS) tchèque de l’ancien premier ministre Mirek Topolánek et le Parti Droite et Justice (PiS) de l’ancien premier ministre polonais Jaroslaw Kaczyński.
On attend de ce nouveau groupe politique qu’il ébranle le Parti populaire européen (PPE), la formation de centre droit dominante, qui a été jusqu’à maintenant largement favorite pour remporter les élections européennes prévues entre les 4 et 7 juin.
Jusqu’à 60 eurodéputés du groupe PPE-DE pourrait rejoindre la nouvelle formation dans le prochain Parlement européen qui émergera des élections.
Cependant, le PPE devrait rester le plus important groupe politique du Parlement, selon une étude de Burson-Marsteller. Jean-Michel de Waele, professeur de science politique à l'Université libre de Bruxelles (ULB), a confié à EurActiv qu'en dépit de la perte de membres par le PPE, le PSe avait peu de chance de devenir le premier groupe politique.
La décision du dirigeant des conservateurs britanniques, David Cameron, d’établir ce nouveau groupe a été critiquée par les principaux médias de presse britanniques. M. Cameron domine les sondages au Royaume-Uni, où il est largement considéré comme étant le futur premier ministre, mais il a été blâmé pour avoir fraternisé avec le PiS, un parti jugé ultraconservateur et homophobe.
Le dirigeant de parti Jaroslaw Kaczyński, qui vit toujours chez sa mère et qui a refusé pendant de nombreuses années d’ouvrir un compte en banque, s’est forgé lui-même une réputation de semeur de discorde et de personnage souhaitant tenir la Pologne en dehors de la modernité.
Pendant ce temps, le nom du dirigeant de l’ODS et ancien premier ministre tchèque Mirek Topolánek a été cité dans un autre scandale. Dans la presse tchèque, M. Topolánek apparaît nu, en compagnie d’une femme, sur des photos prises dans la villa du premier ministre Silvio Berlusconi en Sardaigne. Alors que M. Berlusconi lui-même est au centre d’un scandale à la Lewinsky (EurActiv 26/05/09), ses avocats ont fait interdire la publication des photos par la presse italienne sur la base de la protection de la vie privée d’un officiel étranger.
Le Guardian, journal de centre gauche, a qualifié la manœuvre du dirigeant des Tory (conservateurs) de « tragique » et « d’imprudente ».
Lord Kerr of Kinlochard, un ancien chef du ministère des Affaires étrangères qui a été l’ambassadeur britannique auprès de l’UE lors des négociations du Traité de Maastricht en 1991, a déclaré qu’il ne comprenait pas un tel engagement rigide voué à l’impuissance, ni en quoi les partis tchèques et polonais formant le nouveau groupe avec les Tories étaient préférables à la Chancelière allemande Angela Merkel ou au Président français Nicolas Sarkozy. Il a ajouté qu’il ne comprenait pas non plus pourquoi les Tories pensaient que le meilleur moyen d’influencer l’Europe était cette voie là.
Caroline Jackson, l’eurodéputé conservatrice pro-européenne pour le sud-ouest anglais, qui s’est désistée pour les élections, a déclaré selon the Independent que M. Cameron regretterait amèrement cette décision de se retirer du PPE.
Martin Bursik, dirigeant du parti Vert tchèque, un ancien membre de la coalition avec l’ODS, a déploré la décision de monter un nouveau groupe politique. M. Bursik a déclaré qu’il était vraiment surpris et contrarié par cette déclaration. Selon lui, l’ODS s’en retourne à ses racines fondamentalistes et eurosceptiques. Ce parti se présente comme pro-européen, mais les déclarations de ses dirigeants et tout particulièrement le choix de ses partenaires politiques suggèrent plutôt que c’est un parti qui cherche à s’isoler en Europe, a-t-il déclaré à Radio Prague.
Chris Patten, un ancien commissaire européen qui a également été gouverneur de Hong-Kong, s’est aussi montré critique quant à cette manœuvre : c’est une décision maladroite qui va réduire l’influence des conservateurs britanniques au Parlement européen, a-t-il déclaré, selon the Guardian.