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Le Parlement en marche vers une grande coalition [FR]

Publié 07 juillet 2009
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Les groupes politiques européens, y compris les conservateurs européens, les socialistes et peut-être les libéraux, se préparent à soutenir José Manuel Barroso pour un second mandat à la barre de l’exécutif européen cet automne, à condition qu’il fasse le point sur leurs revendications politiques, ont confié aujourd’hui des sources issues des partis à EurActiv (7 juillet).

On s’attend à ce que les dirigeants des groupes politiques du Parlement européen, qui se rencontrent jeudi (9 juillet), lancent une invitation à José Manuel Barroso pour qu’il présente son programme pour les cinq années à venir à sa venue à la première session de l’assemblée européenne nouvellement élue à Strasbourg, la semaine prochaine. 

Avant cela, des sources intérieures au Parlement ont déclaré s’attendre à ce que M. Barroso étudie les programmes des principaux partis politiques et incorpore des éléments de ceux-ci dans son propre agenda politique des cinq prochaines années à la tête de l’exécutif européen.

La présidence suédoise de l’UE, qui insiste pour que M. Barroso soit reconduit aussi vite que possible, a invité hier (6 juillet) les meneurs des groupes à Stockholm pour des consultations.

A cette occasion, le premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt a fait marche arrière dans sa volonté insistante de voir la reconduction de M. Barroso votée lors de la session de juillet du Parlement, et il a reconnu que le désir de l’assemblée de repousser ce vote devait être pleinement respecté.

Il a déclaré qu’il espérait que le Parlement européen voterait sur la question du prochain président de la Commission en septembre (EurActiv 06/07/09).  

Pacte législatif 

A la session plénière de juillet du Parlement, les dirigeants des groupes politiques étudieront le programme politique de M. Barroso avec la plus grande attention et décideront s’il peut fournir la base pour former un pacte législatif avec le meneur portugais pour les cinq prochaines années.

La reconduction de M. Barroso pourrait alors être rendu officielle par un vote au Parlement cet automne, selon certaines sources.

S’exprimant à Stockholm hier, Joseph Daul, le président du Parti populaire européen (PPE) de centre droit, la famille politique de M. Barroso, a déclaré qu’il s’attendait à ce que le Portugais s’engage envers les priorités de son groupe dans le cadre d’un pacte législatif.

Cela inclut selon lui une politique visant à nous sortir de la crise économique basée sur une économie sociale de marché régulée ; une politique énergétique et climatique responsable qui permet aux entreprises d’innover et de créer de la croissance et des emplois ; et une sécurité renforcée sans tomber dans le protectionnisme.

De son côté, le groupe libéral mené par l’ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt finalise sa propre liste de doléances à l’attention de M. Barroso, selon des sources proches du parti. Cependant, les libéraux craignent que le PPE et le centre gauche aient déjà se mettre d’accord par principe sur un tel pacte.

Les Verts finalisent également leur programme et le présenteront la semaine prochaine. 

Accord technique ou grande coalition?  

Des sources socialistes ont affirmé qu’elles voyaient là un accord plus « technique » que politique. Elles ont indiqué que leur programme électoral avait formé la base de leurs exigences pour la prochaine Commission européenne et, en tant que telles, restaient valables (EurActiv 11/02/09). 

Cet « accord technique », selon les socialistes, est limité à la désignation du prochain président du Parlement européen, où on s’attend à ce que les deux plus grands groupes politiques se partagent le poste pour deux ans et demi chacun. 

Les conservateurs et les socialistes devraient tomber largement d’accord sur le nom de l’ancien premier ministre polonais Jerzy Buzek (affilié au PPE) pour mener le Parlement pendant les deux ans et demi à venir ; il serait suivi par le dirigeant socialiste Martin Schulz pour le second mandat. On murmure que l’accord de partage du pouvoir inclut la présidence de plusieurs commissions clés. 

Helmut Weixler, chef du bureau de presse pour le groupe des Verts, a confié à EurActiv être persuadé que les socialistes ont déjà convenu de former une grande coalition avec le Parti populaire européen (PPE) de centre droit après la pause estivale. 

Ils voteront pour Barroso en automne, a affirmé M. Weixler à EurActiv, en évoquant une alliance entre le PPE et les Socialistes comme étant la seule coalition stable possible au Parlement.

D’après M. Weixler, Martin Schulz, qui dirige les socialistes dans l’assemblée de l’UE, a laissé la porte largement ouverte, selon ses termes, à une approbation ultérieure de José Manuel Barroso, quand il s’est adressé à la presse la semaine dernière (EurActiv 2/07/09). 

Les socialistes vont probablement le nier, mais au bout du compte on verra une grande coalition en automne, a conclu M. Weixler.

Contexte : 

José Manuel Barroso s’est assuré le soutien unanime des chefs d’Etat et de gouvernement pour un second mandat de cinq ans  à la tête de la Commission européenne, lors du sommet européen de juin (EurActiv 19/06/09). 

Cependant, les dirigeants de l’UE n’ont pas formalisé cette désignation, attendant les négociations à venir avec les chefs de groupe du Parlement européen. 

Le Parti populaire européen, la famille politique de M. Barroso, a pesé en faveur d’un vote lors de la session plénière d’ouverture du Parlement, le 15 juillet. 

Les dirigeants de l’UE ont enjoint à la présidence suédoise de l’UE de démarrer les négociations avec les groupes politiques de l’assemblée européenne, pour voir si une majorité d’eurodéputés pouvait être dégagée pour le soutenir. 

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