La récession endémique qui se propage dans le monde entier a donné l’occasion d’ajuster l’économie à l’engagement européen qui vise à lutter contre le changement climatique, selon M. Martens.
La création d’emploi est la priorité des priorités
La crise financière et économique ne devrait pas servir d’excuse pour ne pas agir, au contraire, nous devrions la considérer comme un signal pour commencer à moderniser nos économies et à créer de nouveaux emplois durables, peut-on lire dans le programme du parti.
Cette crise est, selon M. Martens, l’occasion d’augmenter les investissements dans les technologies vertes et de réduire la dépendance de l’Europe aux combustibles fossiles. De tels investissements stimuleront l’emploi et la croissance économique et positionneront l’Europe en tant que leader mondial des nouveaux secteurs innovants, est-il souligné dans les propositions du PPE.
Le tandem franco-allemand doit être un moteur
Une écologisation de l’économie participera également à la lutte contre le changement climatique, ont déclaré vendredi des représentants. L’UE doit montrer l’exemple sur cette question, et une coopération étroite entre le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel sera décisive, a expliqué M. Martens.
Le manifeste s’engage également fortement en faveur de l’objectif d’atteindre les 20 % d’énergie renouvelable d’ici à 2020. Il a en outre appelé à une amélioration du fonctionnement du système d’échange de quotas d’émissions en proposant d’instaurer une incitation à réduire les émissions basée sur le marché.
Garder l’énergie nucléaire en option
Faisant le point sur la tendance croissante en faveur de l’énergie nucléaire en Europe, le PPE a également mis en garde contre un abandon complet du nucléaire. La France et le Royaume-Uni ont récemment entrepris la construction de nouvelles centrales nucléaires ou annoncé leur intention d’en faire autant, alors qu’en Allemagne, le parti des chrétiens-démocrates, présidé par Angela Merkel, cherche à inverser la politique visant à sortir du nucléaire initiée par l’ancien gouvernement social-démocrate.
Un pacte européen de sécurité
Le PPE souhaite également une Europe plus forte et plus unie à l’échelle mondiale. Dans la droite ligne de la précédente présidence française, renforcer les capacités de défense européennes en les mettant en commun est pour le PPE un outil essentiel pour atteindre cet objectif.
Le programme du parti propose même un pacte de sécurité et de défense, qui comprend notamment un accord stratégique avec les Etats-Unis et les autres alliés, similaire au pacte de sécurité paneuropéen proposé l’an dernier par le président russe Dmitri Medvedev.
De plus, le manifeste appelle à l’établissement d’une force de défense commune pour les Etats membres de l’UE qui souhaitent s’engager sur une base permanente, associé à une clause de solidarité mutuelle devant figurer dans le traité de Lisbonne en attente.
Les conservateurs britanniques et le PPE vont-ils se séparer? Réponse en avril
On ne sait pas encore si le PPE fera campagne conjointement avec les conservateurs britanniques, ces derniers faisant également partie du groupe du PPE-DE, a déclaré M. Martens. Il a enjoint David Cameron, leader des conservateurs britanniques, de décider avant la convention du PPE, qui aura lieu à Varsovie en avril, si son parti va se séparer du groupe du PPE-DE.
Nous voulons avoir une position claire avant les élections européennes, a indiqué M. Martens. Afin de commencer une véritable campagne, nous avons besoin de savoir s’ils resteront avec nous ou s’ils tenteront de former un autre groupe, a déclaré M. Martens aux journalistes, lors de la présentation du manifeste à Bruxelles.
Lorsqu’il a été élu en 2005, M. Cameron s’est engagé à complètement retirer son parti de la coalition du PPE-DE en vue d’en former un nouveau, plus eurosceptique, mais il a accepté le compromis selon lequel il doit attendre jusqu’aux prochaines élections européennes.
Cependant, selon les observateurs, les eurodéputés conservateurs préféreraient rester au sein de la coalition, dans laquelle ils détiennent un nombre importants postes de haut niveau. Néanmoins, tous les délégués conservateurs se sont engagés à se conformer à la décision finale de M. Cameron, qu’il fera connaître après le vote de juin 2009.
Avec ou sans délégués britanniques, M. Martens a déclaré qu’il était certain que son parti maintiendra, voire augmentera, sa majorité au Parlement lors des élections de juin.
Barroso peut déjà planifier son second mandat
M. Martens a également réitéré son soutien à un second mandat de José Manuel Barroso au poste de président de la Commission européenne, si le PPE conserve son statut de groupe dominant après les élections. Selon une règle tacite, le chef de l’exécutif européen est issu du parti politique le plus important, ou bénéficie à tout le moins du soutien de ce groupe au Parlement européen.
Toutefois, cette décision implique généralement un certain nombre de compromis, notamment par rapport au poste du président du Parlement et celui de haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité.
A la question de savoir si le Premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, peut être considéré comme une alternative éventuelle à Barroso, M. Martens a indiqué que M. Balkenende a clairement fait savoir qu’il n’est pas candidat. Parmi les dirigeants du PPE, M. Barroso est accepté comme candidat, a souligné le dirigeant du parti. Il a ajouté que la convention du parti à Varsovie lui conférera son soutien officiel. Les dirigeants européens ont déjà officieusement nommé M. Barroso lors de leur sommet en octobre dernier. Pas encore de listes paneuropéennes
Interrogé quant à la probabilité que les candidats du PPE-DE fassent campagne sur des listes pan-européennes, M. Mertens a répondu qu’un objectif réaliste serait que 20-25 % de ses membres fassent campagne sur une base paneuropéenne, lors des élections de 2014.



