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La plupart des parties slovaques se sont engagés à la défense des intérêts slovaques au Parlement européen, rejoint en cela par le président du pays qui a ajouté sa voix à la rhétorique nationaliste. Un reportage d’EurActiv Slovaquie.
La Slovaquie va élire 13 eurodéputés au Parlement européen (PE) cette année. Le moment le plus controversé de la campagne européenne en Slovaquie, qui pourrait avoir un impact sur les élections du PE en général, tourne autour du Parti Nationaliste (SNS), qui a joué la « carte hongroise » (voir le LinksDossier d’EurActiv sur les élections européennes en Slovaquie).
Le parti SNS pourrait bien rejoindre le Parlement européen pour la première fois après ces élections. En 2004, le parti était fragmenté et divisé, et n’avait aucun représentant au parlement national slovaque. Mais aujourd’hui, en tant que membre de la coalition gouvernementale et avec un soutien public d’à peu près 10 %, il a de bonnes chances de gagner deux sièges.
La perspective d’une participation faible, autour de 15 % (selon les projections d’Eurobarometer), va probablement amener les partis à mobiliser des groupes spécifiques d’électeurs, sans les tenter d’aller au-delà de leur électorat traditionnel. Cela pourrait être particulièrement vrai pour les conservateurs chrétiens démocrates (KDH), ainsi que pour le parti qui représente la minorité hongroise en Slovaquie (SMK) et le Mouvement/Parti du peuple pour une Slovaquie démocratique (HZDS), mené par Vladimir Mečiar.
Péter Balázs, le ministre hongrois des Affaires étrangères, a récemment déclaré à EurActiv Hongrie dans un entretien exclusif que son pays et la Slovaquie devait faire des efforts majeurs pour dépasser les tensions nationalistes (EurActiv 24/04/09).
La campagne électorale en Slovaquie a cruellement manqué d’un véritable débat politique européen, ont souligné les analystes à Bratislava, a-t-on pu lire dans la presse. Selon eux, la plupart des partis politiques ont promis de défendre leurs intérêts nationaux ou slovaques en Europe au lieu de présenter leurs positions sur des questions d’actualité européennes.
Les relations slovaquo-hongroises se sont retrouvées au centre du débat. Les partis de la coalition gouvernementale ont critiqué le parti de l’opposition ethnique hongroise, SMK, pour avoir soulevé la question des droits des minorités en Slovaquie au Parlement européen. Récemment, les eurodéputés ont posé des questions écrites
sur « la dégradation de la situation de la minorité hongroise traditionnelle en Slovaquie ».
Si le SMK n’avait aucun représentant au Parlement européen, la situation serait calme, a déclaré lors de la campagne Boris Zala, en tête de la liste du parti SMER-SD (membre du Parti socialiste européen) menée par le Premier ministre Robert Fico.
Mais le SMK a riposté, avec des déclarations de représentants selon lesquels M. Fico jouerait la carte hongroise dans une tentative pour détourner l’attention des scandales de corruption qui accablent son cabinet.
Adoptant un ton plus radical, Ján Slota, le dirigeant du Parti national slovaque (SNS – une force nationaliste politique qui devrait être représentée au prochain parlement), a indiqué que la Slovaquie aurait en réalité moins de 13 eurodéputés parce que les membres du SMK ne défendent pas les intérêts slovaques.
Ses mots ont trouvé leur reflet du côté hongrois par le dirigeant d’opposition Viktor Orbán, qui est affilié au Parti populaire européen (PPE). Les élections décideront du nombre d’eurodéputés qui représenteront à Brussels les Hongrois qui vivent dans la Plaine de Pannonie, a-t-il dit lors d’une réunion électorale, secondé par les dirigeants du SMK. Sa déclaration a essuyé les critiques de deux partis slovaques d’opposition (le SDKÚ-DS et le KDH), qui ont déclaré qu’ils soulèveraient la question au PPE.
Après une discussion orageuse au Parlement slovaque le 3 juin, les parlementaires ont approuvé une déclaration condamnant les déclarations nationalistes répétées de Viktor Orbán, le président du parti hongrois d’opposition Fidesz. Selon le texte, ce responsable politique a jeté le doute sur l’intégrité territoriale de la Slovaquie, et ébranlé la stabilité de l’Europe centrale.
Le président slovaque, Ivan Gašparovič, a encore alimenté le flot incessant de rhétorique nationaliste. Dans un discours du 3 juin, Il a rappelé combien il était important d’aller voter parce l’on pourra élire des eurodéputés qui agiront tous ensembles au sein de l’Union européenne et défendront les intérêts slovaques.
Nous ne pouvons prétendre que cela ne nous concerne pas, a-t-il déclaré, en particulier après l’expérience du dernier mandat, lorsque tous nos eurodéputés ne défendaient pas les intérêts de la Slovaquie de manière responsable. Au contraire, a poursuivi M. Gašparovič, ils ont contribué à salir notre image au Parlement européen.