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La réunion des socialistes européens qui s’est tenue en France le week-end dernier (24 avril) a formulé une série de demandes politiques à l’attention du nouveau Parlement européen. Pourtant, la plupart des sondages et des analystes indiquent qu’ils ne pourront pas remplacer le PPE de centre-droit en tant que groupe majoritaire du Parlement européen lors des prochaines élections de juin.
Le groupe Socialiste au Parlement européen compte actuellement 217 membres, tandis que le groupe PPE-DE de centre-droit en compte 288.
Le PSE, depuis le lancement de son manifeste pour la campagne 2009, en décembre 2008, n’a cessé de rendre la majorité des gouvernements européens de centre-droit (actuellement, 19 sur 27) responsables de la crise financière et économique.
La direction du PSE considère les élections de 2009 comme une occasion décisive de dépasser le PPE, et de regagner ainsi la première place du Parlement pour la première fois depuis les élections de 1994.
Les candidats du Parti socialiste européen (PSE) ont gagné Toulouse depuis toute l’Europe pour lancer officiellement leur campagne électorale, plusieurs mois après la présentation de leur programme électoral, à la fin de 2008 (EurActiv 03/12/08).
Le clou de la campagne est une liste à l’américaine de mesures à réaliser lors des cent premiers jours du nouveau Parlement, qui identifie sept étapes pour « lutter contre la récession et le chômage de masse et afin de préserver la sécurité sociale ».
Les sept mesures comprennent un pacte européen pour l'emploi, une nouvelle charte des droits des femmes et un pacte pour le progrès social – tous font partie de la stratégie socialiste pour persuader les électeurs qu’eux seuls détiennent les outils nécessaires à la reconstruction du système économique et financier européen très éprouvé.
Au-delà de ces sept mesures, la direction du PSE, représentée au premier plan à Toulouse par la dirigeante socialiste française Martine Aubry et le président du PSE Poul Nyrup Rasmussen, a demandé l’adoption d’une stratégie quinquennale pour l’UE (basée sur le manifeste du PSE, intitulé « Citoyens d'abord : Un nouveau sens pour l'Europe »), qui sera présentée à tous les candidats nommés à la nouvelle Commission européenne après les élections.
En route pour la défaite ?
Cependant, des prescriptions politiques si détaillées pourraient se révéler vaines si le PSE échoue à prendre la place du PPE-DE en tant que plus grand groupe politique du Parlement. Lors du lancement de leur manifeste, en décembre, les délégués du PSE ont confié à EurActiv que la crise financière avait donné aux Socialistes européens un nouvel élan, et la conviction qu’ils sortiraient vainqueurs en juin.
Comme l’a rapporté EurActiv, leurs chances devraient augmenter suite au départ des conservateurs anglais du groupe PPE-DE, après les élections (EurActiv 12/03/09).
Toutefois, les chances d’une victoire socialiste semblent se réduire comme peau de chagrin. Le site Internet Predict09, qui avait prédit avec précision le résultat des élections de 2004, ne donne au PSE qu’une probabilité de 2% de dépasser le PPE (EurActiv 08/04/09).
De même, le Dr Hermann Schmitt, expert ès élections européennes à l’Université de Mannheim en Allemagne, a confié à EurActiv que dans chacun des six gros pays européens, il s’attend à ce que le PSE remporte moins de sièges que son adversaire de centre-droit, « peut-être même moins, par rapport à 2004 ».
La direction du PSE rejette de telles analyses en raison du fait qu’elles apparaissent de manière trop précoce. Poul Nyrup Rasmussen a affirmé que son parti se battrait jusqu’à la dernière minute, soutenant qu’ils sont le seul parti européen à offrir un projet clair et complet pour lutter contre la récession.
Aucune chance de voir un président de la Commission socialiste pour M. Schulz
En parallèle, en réaction aux mois de spéculation sur la question de la nomination par le PSE d’un candidat alternatif pour la présidence de la prochaine Commission européenne (EurActiv 03/12/08), l’eurodéputé allemand Martin Schulz –leader du groupe socialiste au Parlement européen – a confié au FT Deutschland que même si le PSE remportait les élections européennes, il n’y aurait pas de président de la Commission de tendance socialiste ou sociale-démocrate, puisque la majorité des leaders européens émanent actuellement.
Cela semble conforter l’opinion largement répandue dans les milieux européens selon laquelle le président en exercice, José Manuel Barroso, sera nommé pour un second mandat à la tête de l’exécutif européen.
Le leader du principal parti d’opposition grec (PASOK, socialiste), qui est également le président de l’Internationale socialiste (IS), George Papandréou, a insisté sur le fait que les Socialistes ont la tâche historique de réagir aux défis de la crise économique mondiale actuelle.
Intervenant lors d’un congrès ouvert organisé par le Parti socialiste européen (PSE) et le Parti socialiste français vendredi soir, il a semblé confiant quant au fait que les élections européennes de juin devraient apporter un revirement en faveur de la gauche.
Les peuples d’Europe vont se tourner vers la gauche, a-t-il souligné, ajoutant que l’Europe a besoin d’un changement immédiat, nécessaire à une Europe socialement juste, une Europe socialiste : politiquement, économiquement et socialement.
Il a ajouté que les forces progressistes du monde entier font confiance aux Socialistes européens, parce qu’ils sont convaincus que les Socialistes européens peuvent prendre les initiatives qui ouvriront la voix à une nouvelle organisation démocratique de nos sociétés.
Le président du Parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen a déclaré que « notre ambition de prendre la majorité est réaliste, nous sommes très proches », de sa concrétisation.
Jean-Christophe Cambadélis, directeur de campagne du Parti socialiste français (PS), a affirmé que M. Rasmussen était « le candidat le mieux placé » du PSE pour remplacer José Manuel Barroso à la présidence de la Commission européenne.
La leader du PS, Martine Aubry, a conclu que « Si on est majoritaires au Parlement, on trouvera des alliés pour un candidat commun » pour la présidence de la Commission.
En parralèlle, Wolfgang Münchau, co-fondateur et directeur d’Eurointelligence, a affirmé que le manque d’ambition parmi les socialistes européens est effarant.
Selon M. Münchau, le leader du groupe socialiste Martin Schulz a déclaré que même en cas de victoire socialiste aux élections européennes, il n’y aurait pas de président socialiste ou social-démocrate à la Commission.
M. Schulz, qui nourrit l’espoir de devenir commissaire européen après les élections, a fait remarquer que la situation serait différente si le traité de Lisbonne était en vigueur, mais pour l’instant, la majorité des chefs d’Etat et de gouvernement sont conservateurs.