Le groupe socialiste du Parlement européen s’opposera à la réélection de M. Barroso, a déclaré son dirigeant hier (9 juin), après que l’actuel président de la Commission ait confirmé qu’il se présentait à sa réélection.
« M. Barroso prône une politique à laquelle nous nous sommes opposés lors des élections européennes. Je ne peux pas assurer en ce moment que ma fraction soutiendra M. Barroso pour un second mandat, a déclaré Martin Schulz selon l’édition de mercredi du journal Financial Times Deutschland (Allemagne).
EurActiv a appris de ses sources que Daniel Cohn-Bendit, co-président du groupe des Verts, avait proposé une action conjointe pour l’élection de M. Verhofstadt à la barre de la Commission à Poul Nyrup Rasmussen, le président du Parti socialiste européen, et que M. Rasmussen avait accepté. De plus, M. Rasmussen fait actuellement le tour des capitales européennes pour s’assurer du soutien à l’élection de M. Verhofstadt, selon ces sources.
Ce rebondissement sonne comme une mauvaise nouvelle pour le Parti populaire européen (PPE), dont le meneur Joseph Daul a appelé lundi (8 juin) à une grande coalition entre le PPE, les libéraux de l’ADLE et le Parti socialiste européen (PSE) pour réélire M. Barroso (EurActiv 09/06/09).
Puisque le vote au Parlement européen est secret, le PPE doit trouver de l’aide en-dehors de ses rangs pour faire réélire M. Barroso. Le centre-droit a gagné les élections avec 264 sièges sur 736, bien en tête devant le PSE qui en a obtenu 162. Néanmoins, il n’est pas facile pour lui d’assurer une coalition majoritaire.
La chancelière allemande, Angela Merkel, n’a pas caché que réélire M. Barroso serait une épreuve difficile.
Nous devrons tenir des discussions difficiles avec le Parlement européen, a-t-elle déclaré lors d’une conférence commune avec M. Barroso hier à Berlin. M. Barroso parcourt en ce moment les capitales européennes pour y trouver des soutiens à sa réélection.
Les pires films, ce sont les remakes
M. Verhofstadt lui-même ne va pas faire de commentaires à ce stade, a déclaré son porte-parole Kurt Debuef à EurActiv. Il a toujours affirmé que les pires films, c’était les remakes, a ajouté M. Debuef, faisant allusion au fait que M. Verhofstadt avait déjà été candidat à la présidence de la Commission en 2004, mais s’était heurté au veto de l’anglais Tony Blair, premier ministre d’alors.
Des sources au Parlement européen ont confié à EurActiv que M. Verhofstadt restait prudent, car son camp n’était pas uni derrière lui ; le principal problème est que le dirigeant de l’ADLE, Graham Watson, nourrissait lui-même l’ambition de devenir président du Parlement européen. Comme le groupe libéral est relativement petit, il ne pourra obtenir ces deux postes clé, et M. Watson considère donc M. Verhofstadt comme un concurrent de poids.
Aussi, M. Watson aurait prévu la prochaine réunion du groupe ADLE à la fin du mois de juillet afin d’éviter à dessein d’avoir à aider M. Verhofstadt, selon les sources. Au sein du Parlement européen, l’eurodéputée belge ADLE Annemie Neyts-Uytterbroeck a pris l’initiative d’appuyer la candidature de M. Verhofstadt au lieu de M. Watson au sein du groupe ADLE, ont ajouté les sources.



