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Un tango embarrassé entre M. Barroso et le nouveau Parlement [FR]

Publié 08 juin 2009
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European elections
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Malgré sa victoire aux élections européennes, le centre-droit devrait avoir plus de difficultés à faire passer ses propositions dans la nouvelle assemblée européenne, étant donné que son leadership a été érodé au profit de partis plus petits.

Le Parti populaire européen (PPE) devra chercher à s’allier avec d’autres partis à sa gauche pour gagner le soutien nécessaire à la reconduction de José Manuel Barroso, l’actuel président de la Commission européenne. 

On s’attend à un accord des dirigeants européens sur la désignation de l’ancien Premier ministre portugais pour un second mandat de cinq ans à la tête de l’exécutif européen, lors d’un sommet qui se tient les 18 et 19 juin. 

Mais la plus grande fragmentation du Parlement, après les élections, signifie qu’il pourrait affronter la fronde des eurodéputés opposés à sa reconduction. 

Les conservateurs britanniques et les tchèques du parti ODS, plutôt eurosceptiques, ont récemment décidé de quitter le groupe PPE-DE, ce qui pourrait éventuellement affaiblir l’autorité de ce dernier dans la nouvelle assemblée et rendre le Parlement un peu plus imprévisible. 

Les Verts, le seul parti ayant gagné des sièges dans la nouvelle assemblée, se sont déjà opposés à la reconduction de M. Barroso et ont lancé une campagne contre lui, baptisée « Stop Barroso ».

Daniel Cohn-Bendit, le meneur du parti en France, a appelé à la création d’une large alliance dans le but de déloger l’ancien Premier ministre portugais. 

Ses appels pourraient s'avérer tentant dans les rangs des nouveaux eurodéputés, qui seront désireux d’asseoir leur autorité au moment de voter pour ou contre le potentiel nouveau président de la Commission européenne, lors de leur première séance plénière en juillet. 

Le Parlement européen doit se battre pour sa popularité et sa légitimité, a déclaré Mario Telo, le président de l’Institut d’études européennes à l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Les eurodéputés devraient anticiper le traité de Lisbonne et jouer un rôle clé dans la sélection du président de la Commission européenne.

Vote secret

Cependant, il pourrait s’avérer tout aussi difficile pour le Parlement de trouver une majorité contre le président actuel de la Commission, tant que les libéraux et les socialistes sont divisés sur le sujet.

Je ne m’attends à aucune difficulté majeure dans le processus de prise de décision, a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquín Almunia. La composition de ce Parlement ne sera pas significativement différente de celle du précédent, a-t-il ajouté.

A l’occasion de la première session plénière de la septième législature les 14 et 16 juillet, le Parlement devra approuver ou rejeter la nomination par une majorité des votes exprimés.

Malgré le soutien des dirigeants socialistes du Royaume-Uni, d’Espagne et du Portugal, certains eurodéputés socialistes pourraient décider de voter contre la reconduction de M. Barroso puisque le vote est secret. Avec 159 eurodéputés, les socialistes restent la seconde force politique la plus importante de l’assemblée européenne.

Les libéraux : des faiseurs de roi ?

Au milieu des incertitudes quant aux futures majorités du Parlement, les libéraux se voient aujourd’hui faiseurs de roi dans la nouvelle assemblée. Avec 81 eurodéputés élus, l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) reste la troisième force politique du Parlement.

Je prévois que pas moins de 85 eurodéputés au centre du Parlement, ce qui fera de l’ADLE le groupe décisif quant à la formation d’une quelconque nouvelle majorité, a expliqué le dirigeant de l’ADLE, Graham Watson.

Pour leur part, les libéraux français ont signalé qu’ils ne voteraient pas pour la reconduction de M. Barroso, selon les propos de leur dirigeant François Bayrou lors d’une émission-débat avant les élections (EurActiv 05/06/09).

Contexte : 

Du 4 au 7 Juin, 375 millions de citoyens sont appelés à voter pour les 736 membres du Parlement européen qui les représenteront jusqu'en 2014. 

Au cours de ces 30 dernières années, depuis les premières élections européennes, le Parlement a gagné plus de pouvoirs, mais de nombreux citoyens voient encore l'élection comme une élection de nationale de mi-mandat servant à punir les partis au pouvoir.

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