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Les Tories cherchent une alliance anti-socialiste au PE [FR]

Publié 13 juillet 2009
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Mené par les conservateurs britanniques, le nouveau groupe des conservateurs et des réformateurs européens (ECR) au Parlement européen a lancé un appel à toutes les familles politiques de centre droit pour exclure les socialistes de la prise de décision dans l’assemblée européenne.

S’exprimant la semaine dernière (10 juillet) devant l’Association des assureurs britanniques à Londres, l’eurodéputé Timothy Kirkhope, président intérimaire du nouveau groupe (EurActiv 02/06/09), a déclaré que le vote sur la reconduction de José Manuel Barroso en tant que président de la Commission européenne aiderait à forger une telle alliance.

Le PPE (Parti populaire européen) de centre droit, les européens conservateurs et réformateurs, et les membres les plus libéraux du groupe Libéral pourraient nous aider à remettre M. Barroso à la Commission sans céder un pouce de terrain aux socialistes, a déclaré M. Kirkhope.

Mais un tel scénario ne serait pas possible sans nos votes, a ajouté l’eurodéputé Tory. M. Barroso le sait. Le PPE le sait. Les Libéraux le savent. Et les socialistes le savent également.

Le Parlement européen fraîchement élu se rencontre pour le première fois cette semaine à Strasbourg pour sa séance plénière constitutive d’ouverture à la suite des élections européennes de juin.

Cependant, il reste à voir si l’appel des Tories sera entendu. En effet, la position des conservateurs britanniques va à l’encontre de celle de Guy Verhofstadt, le nouveau dirigeant de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE), qui souhaite construire une coalition proeuropéenne au Parlement européen.

Plus tôt en juillet, M. Verhofstadt a spécifiquement appelé à ce que le nouveau groupe anti-fédéraliste soit exclu de la prise de décision dans la nouvelle assemblée (EurActiv 02/07/09). 

Mais M. Kirkhope a rejeté l’appel de M. Verhofstadt et il a courtisé les eurodéputés plus libéraux économiquement du groupe ADLE. Le nouveau dirigeant de l’ADLE M. Verhofstadt a apporté la politique belge au sein du Parlement européen : quelque chose qui ne devrait rassurer personne !, a déclaré M. Kirkhope.

L’eurodéputé conservateur a souligné que le nouveau groupe souhaitant de bonnes relations avec le groupe dominant PPE de centre droit et qu’il espérait que tous deux voteraient de manière similaire sur beaucoup de sujets.

Quand nous avons quitté le PPE, nous leur avons bien fait comprendre que nous voulions conserver une excellente relation. Nous espérons que cela sera réciproque de la part du PPE, qui a reconnu la nécessité pour nos groupes de travailler ensemble quand cela est possible, a ajouté M. Kirkhope.

Le PPE et les Socialistes ont dominé le dernier parlement, a dit M. Kirkhope, et un compromis était habituellement nécessaire entre ces deux groupes pour l’adoption des législations.

Mais l’eurodéputé Tory a dit que ce monopole avait été brisé à la suite des élections européennes puisque le groupe socialiste avait été réduit en taille, malgré qu’il reste le deuxième groupe le plus important.

Nous avons devons nous une opportunité sans précédent pour former une coalition de centre droit : le PPE, l’ECR et l’aile libérale – si ce n’est pas l’ensemble – de l’ADLE, a déclaré M. Kirkhope. 

Contexte : 

José Manuel Barroso a reçu le soutien unanime des chefs d’Etat et de gouvernement lors de leur sommet du 18 et 19 juin, pour son second mandat de cinq ans à la tête de la Commission européenne (EurActiv 19/06/09). Cependant, les dirigeants européens n’ont pas formalisé sa désignation, attendant la suite des négociations avec les chefs de groupe du Parlement européen. 

Le Parlement européen fraîchement élu se réunit pour sa première session le 14 juillet et élira son président le même jour. Le Parti populaire européen, la famille politique de M. Barroso, a pesé pour un vote de soutien du Portugais en session plénière, dès le 15 juillet. 

Cependant, après des consultations arbitrées par la présidence suédoise, il est apparu que l’assemblée de l’UE ne votera pas sur la nomination de M. Barroso lors de sa session plénière de juillet (EurActiv 02/07/09). Et cela largement à cause de la position adoptée par Guy Verhofstadt, le nouveau leader de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE).

L’ancien premier ministre belge, qui a été élu sans rival comme dirigeant de l’ADLE le 30 juin, a affirmé que lui et son groupe n’accepteraient pas le calendrier imposé au Parlement. Précédemment, le groupe des Verts avait annoncé qu’il s’opposerait à la tenue d’un vote sur M. Barroso en juillet, rejoignant ainsi la position prise le 18 juin par les socialistes.

Le 9 juillet, les chefs d’Etat et de gouvernement ont adopté par procédure écrite la décision de soutenir officiellement M. Barroso (EurActiv 09/07/09). 

Les partis, originaires de toute l’UE et qui comprennent maintenant le noyau dur du groupe des conservateurs et réformistes européens, sont: 

• République tchèque : Parti démocratique civique (ODS), avec neuf eurodéputés ;   • Pologne : Droit et Justice (PiS) avec 15 eurodéputés ;   • Royaume Uni : Parti conservateur, avec 26 eurodéputés dans le nouveau groupe ;   • Belgique : Liste Dedecker (LDD), avec un eurodéputé dans le nouveau groupe ;   • Finlande : le Parti du centre (Keskusta) siège dans le groupe libéral (ADLE), mais l’un de ses eurodéputés rejoint maintenant le nouveau groupe ;  • Hongrie : Forum démocrate hongrois (MDF) avec un eurodéputé ; • Lettonie : Mouvement letton d’indépendance nationale (TB/LNNK) avec un eurodéputé, et ;   • Pays-Bas : Union chrétienne (ChristenUnie) avec un eurodéputé.

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