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Mettre une annonceLe ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a vivement rejeté l’idée de la chancelière allemande Angela Merkel d’un partenariat privilégié entre l’UE et la Turquie, en affirmant que son pays n’accepterait aucune alternative à une adhésion complète à l’Union européenne.
S’exprimant à un rassemblement de jeunes conservateurs le 10 mai, Mme Merkel a affirmé qu’il n’y avait aucune raison pour l’UE de continuer à s’étendre continuellement si cela implique une Union paralysée.
Elle a ajouté qu’elle préfèrerait voir la Turquie être engagée dans un partenariat privilégié avec l’UE plutôt qu’une véritable adhésion, faisant ainsi écho aux récents propos du Président français Nicolas Sarkozy qu’il a tenus lors du lancement de la campagne de son parti pour les élections européennes (EurActiv 08/05/09).
Lors du même rassemblement, M. Sarkozy a déclaré au journal allemand Bild am Sonntag que l’Europe avait besoin d’être bien organisée et que cela signifiait qu’elle ne devait pas s’étendre sans garder de frontières. Il a ajouté que de fausses promesses ne devait pas être faites à la Turquie.
Comme alternative, M. Sarkozy a proposé la création d’une grande zone économique conjointe, notant également que ce type d’initiative pourrait aussi servir à rapprocher la Russie de l’UE.
La presse turque a exprimé une consternation généralisée face aux propos des deux dirigeants, tenus lors d’un évènement rassemblant les jeunes militants de la CDU (démocrates chrétiens). Le quotidien Milliyet a écrit que Merkel a officiellement scandalisé la Turquie.
Avant d’être élu Président en mai 2007, Sarkozy a fréquemment affirmé son refus de voir la Turquie intégrer l’UE, mais il avait adouci sa position après son élection (EurActiv 28/08/07). Pour ce qui est de l’Allemagne, la position négative de Mme Merkel à propos de l’adhésion de la Turquie est tempérée par l’attitude plus positive de son ministre des Affaires étrangères et partenaire de la coalition gouvernementale, Frank-Walter Steinmeier.
La presse française, pour sa part, a interprété le discours de Mme Merkel comme étant une attaque voilée contre le parti conservateur britannique. « Ceux qui refusent le traité de Lisbonne, qui permet de mieux travailler, qui permet d'admettre de nouveaux membres, et qui parlent en même temps d'élargissement, nous refusons de leur tendre la main », a déclaré Mme Merkel à l’AFP.
L’agence cite également un membre non identifié du gouvernement français qui aurait dit que Mme Merkel se référait au parti conservateur dirigé par David Cameron. Le ton eurosceptique adopté par les conservateurs britanniques, qui ont décidé de quitter le Parti Populaire européen (PPE) de centre droit, inquiète Paris et Berlin, selon cette même source anonyme.