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En vue du sommet du 1er mars, qui devrait répondre à l’aggravation de la récession économique, Anna Diamantopoulou, ancienne commissaire aux Affaires sociales, a mis en garde les leaders européens contre les propos protectionnistes. Elle s’est confiée à EurActiv dans un entretien.
« Nous devons clairement lutter contre le protectionnisme, qui peut avoir un véritable effet boomerang », a déclaré Mme Diamantopoulou en marge d’un débat organisé par Les amis de l’Europe, un think tank bruxellois. « Lorsque vous le lancez, il revient à vous ».
Au sujet des troubles sociaux qui ont éclaté en Grèce, le pays d’origine de Mme Diamantopoulou, l’ancienne commissaire a souligné le fait que l’Union devrait s’efforcer encore plus d’apporter son soutien aux membres les plus faibles de la société.
Désormais membre socialiste du Parlement grec, Mme Diamantopoulou a plaidé en faveur de mesures de soutien à la demande des consommateurs, soit sous la forme d’avantages sociaux ou de projets dans le domaine de l’éducation et de la formation. « Cela sera un désastre si la partie la plus faible de la société est laissée sans soutien », a-t-elle déclaré, mettant en garde contre de plus amples mouvements sociaux si cela devait se produire.
Se référant aux controverses autour du nationalisme sur le marché britannique de l’emploi et aux allégations de protectionnisme relatives au projet français de subvention de l’industrie automobile, Mme Diamantopoulou a déclaré que les gouvernements européens tiraient profit des lacunes de la législation européenne en matière de concurrence et d’aides d’Etat. « Si nous n’avons pas de règles communes, nous ne pouvons pas accepter un sentiment commun de respect », a-t-elle déclaré, appelant la Commission européenne à trouver une liste de règles communes qui couvre les questions économiques, sociales et celles du domaine de la concurrence, afin de lutter contre la récession.
« Autrement, chacun travaillera dans son pré carré à court terme », a-t-elle averti.
Mme Diamantopoulou a fait écho aux commentaires émis par la commissaire à la Concurrence, Neelie Kroes, la semaine dernière, à propos du manque de leadership européen en ces temps de crise.
« Nous avons des leaders nationaux intéressants, courageux et compétents. Nous n’avons pas les leaders européens que nous avions il y a quinze ans. Mais celui qui prendra une initiative européenne à ce moment critique écrira l’histoire », a-t-elle indiqué.
Mme Diamantopoulou s’est montrée pessimiste à l’égard de la campagne européenne à venir. De même, elle voit s’installer un climat défavorable pour les affaires européennes en raison de la récession. Elle a suggéré de se concentrer sur des propositions concrètes afin de montrer la valeur ajoutée « d’une Europe plus présente » dans la résolution de la crise. Mais « nous avons également besoin de donner un visage à l’Europe », a-t-elle indiqué, soulignant le fait qu’il est important que les partis présentent des candidats au poste de président de la Commission européenne.
« Nous devons donner une substance politique à l’Europe. Nous devons être clairs quant aux personnes et aux idées » estime Mme Diamantopoulou. « [L’actuel président de la Commission José Manuel] Barroso est un responsable politique très conservateur, et je ne crois pas qu’il puisse être soutenu par les sociaux démocrates ».
« Cela serait une bonne idée que les sociaux démocrates présentent une femme, et je pense qu’il y a des femmes très compétentes au niveau européen », a-t-elle déclaré.
A un autre moment de l’entretien, Mme Diamantopoulou a également donné son avis sur la stratégie de Lisbonne et la responsabilité sociale des entreprises, deux dossiers dont elle avait la responsabilité lors de son mandat de commissaire, de 1999 à 2004.
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