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Verhofstadt entraîne les Libéraux vers plus d’Europe [FR]

Publié 16 avril 2009
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Lors d’un rassemblement pour le lancement de la campagne européenne du Parti européen des libéraux démocrates et réformateurs hier soir (15 avril), l’ex-Premier ministre belge Guy Verhofstadt a critiqué l’échec des leaders européens à trouver un accord sur un plan de relance commun contre la crise mondiale ; il a appelé ses confrères libéraux à chercher à faire avancer l’Europe.

Confrontée à la crise la plus dévastatrice depuis 80 ans, l’UE n’a pas fait preuve du leadership européen si nécessaire pour gérer la crise actuelle, a déclaré M. Verhofstadt à des centaines de démocrates-libéraux réunis à Bruxelles.

Nous n’avons pas besoin de 27 plans de relance nationaux, il nous faut un plan de relance européen aussi ambitieux que celui du président américain Barack Obama, a-t-il ajouté, soutenant que c’était uniquement grâce à l’euro et à la direction stricte de la Banque centrale européenne que l’Union avait été capable de naviguer à travers la tempête économique.

M. Verhofstadt, qui se présente aux élections européennes de juin à la tête de la liste flamande Open VLD, a expliqué sa décision en ces termes : « durant neuf ans, j'ai été membre du Conseil européen. Jamais je n'y ai entendu parler de ‘‘l'intérêt européen’’ ».

La question cruciale des prochaines élections, selon des propos que M. Verhofstadt a tenu à d’autres candidats libéraux, sera de savoir si des Etats membres se rapprocheront l’un de l’autre dans une Union européenne unique ou s’ils resteront séparés. 

Depuis les précédentes élections européennes, l’Union s’est enfoncée dans une forêt d’impasses institutionnelles et d’échecs politiques. Nous avons perdu cinq ans et ne pouvons nous permettre d’attendre plus longtemps, a-t-il déclaré, faisant référence à la ratification du traité de Lisbonne et à la réforme bloquée des institutions européennes. 

Nous pourrions même laisser tomber le traité si nous approuvions l’article qui abolit la règle de l’unanimité dans l’Union européenne, a laissé entendre l’ex-Premier ministre belge. 

M. Verhofstadt est considéré comme le favori à la succession de Graham Watson en tant que leader du groupe de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) au Parlement européen. M. Watson, qui a annoncé son intention de laisser ce poste après les élections de juin, a lancé sa propre campagne pour devenir président de l’assemblée européenne, déclarant qu’il retournerait sur les bancs des députés.

« Les cinq années à venir, je souhaite pousser l'Europe de l'avant » au nom de la liberté et de la démocratie, a annoncé M. Verhofstadt devant une foule de candidats libéraux admiratifs. 

L’ancien Premier ministre a déclaré qu’il fera campagne contre l’euroscepticisme. Non seulement les eurosceptiques traditionnels, mais aussi ceux qui siègent dans les rangs socialistes et conservateurs, qu’il qualifie d’eurosceptiques silencieux. 

M. Verhofstadt a déclaré à son public qu’il était temps pour l’Union européenne d’aller de l’avant, de mobiliser ses pouvoirs financier, économique et commercial à travers un effort unique pour sauver notre sort, de rallier nos forces les plus créatives et ne pas les disperser, d’unir et de ne pas diviser. 

Contexte : 

Guy Verhofstadt a été Premier ministre de la Belgique pendant presque neuf ans, jusqu’à ce qu’il soit évincé par les électeurs lors des élections nationales, en juin 2007. Il lui a pourtant été demandé de rester en place quelques mois supplémentaires car les conservateurs, vainqueurs du scrutin, se sont révélés incapables de former une coalition. Il s’est retiré en mars 2008, lorsque les partis politiques belges ont réussi à former un gouvernement instable, qui s’est effondré par la suite. 

L’année dernière, M. Verhofstadt est resté dans l’ombre. Suivant le déclenchement de la crise économique, il a publié une analyse avec la fondation Bertelsmann, proposant trois moyens de se sortir du bourbier (EurActiv 14/11/08).

L’ancien Premier ministre belge devrait présenter son dernier livre avant la fin du mois, et lancera sa propre campagne électorale le 3 mai, à Louvain. 

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