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Les Verts européens ont officiellement fait part de leur intention de s’opposer à une nouvelle nomination de José Manuel Barroso en tant que président de la Commission européenne lors du lancement du manifeste de leur campagne pour les élections européennes, le week-end dernier (27 et 28 mars) à Bruxelles.
La campagne « Stop Barroso ! » des Verts a révélé sans équivoque l’opinion négative du parti quant au mandat de président du Portugais de centre-droit, et a appelé les socialistes européens à présenter un candidat alternatif crédible.
Le porte-parole des Verts, Philippe Lamberts, qui participera aux élections européennes de juin en Belgique, a déclaré à EurActiv que les « socialistes font entendre deux sons de cloche » sur cette question, « certains critiquent M. Barroso, tandis que d’autres soutiennent le renouvellement de sa nomination. C’est quelque chose que nous ne pouvons comprendre ».
De la même façon, l’eurodéputée italienne et co-présidente du groupe des Verts Monica Frassoni, a qualifié de très grave le fait que certains leaders de centre-gauche, et en premier lieu le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, aient accordé leur soutien à M. Barroso.
Selon des sources du parti, les Verts n’ont pas présenté leur propre candidat à la présidence de la Commission car ils ne croient pas disposer de suffisamment de membres ou d’influence pour proposer une alternative crédible.
Nous devons reconnaître, en tant que démocrates, que nous ne sommes pas la plus forte famille politique au Parlement et que nous ne le serons probablement pas non plus après le 7 juin, a indiqué la source. En toute logique, de ce fait, le second groupe le plus important au Parlement, les socialistes, devraient prendre l’initiative de proposer une alternative à M. Barroso.
Le président du PSE à bord du wagon anti-Barroso ?
En parallèle, le président du Parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen, a déclaré au cours du week-end que son parti ne soutiendrait pas M. Barroso, en dépit du soutien au président en fonction affiché par d’éminents leaders de centre-gauche, tels que M. Zapatero et le britannique Gordon Brown.
M. Rasmussen a également appelé au report de la décision relative au prochain président de la Commission jusqu’à la fin de l’été, afin de laisser suffisamment de temps au Parlement européen pour réfléchir au résultat des élections de juin, ainsi qu’à la solution qu’il doit donner au problème. En l’état actuel, les leaders européens pourraient adopter une décision sur le nouveau président dès le 18 juin, à l’occasion du sommet de Bruxelles.
Si le PSE fait mentir les sondages actuels et devient le groupe le plus important du Parlement, les observateurs s’attendent à ce qu’il fasse pression en faveur d’un président de la Commission socialiste.
Philippe Lamberts semble laisser ouverte la possibilité de présenter un candidat Vert si les socialistes ne peuvent en présenter un. « Nous les défions de présenter un candidat, et s’ils ne le font pas, nous verrons comment nous pourrons contourner le problème ». Il a ajouté qu’ils « n’ont pas encore joué le dernier atout de cette partie ».