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L’aide au développement, un levier pour la solidarité et la responsabilité

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Publié 01 juin 2012

Alors que les citoyens français du Benelux s’apprêtent à élire leur premier représentant à l’Assemblée nationale française, Perrine Ledan, la candidate des Verts, considère le maintien de l’aide au développement comme une pierre angulaire de la politique européenne.

Perrine Ledan est candidate pour la circonscription du Benelux aux élections législatives françaises. Elle représente le parti politique vert Europe Ecologie Les Verts (EELV).

"En tant que citoyenne et en tant que candidate, l’une de mes préoccupations est la préservation de l’agriculture durable et de la souveraineté alimentaire.

Cet axiome ne peut se concevoir de manière autonome. Pour les écologistes, tout est dans tout et c’est pourquoi il est évident que c’est tout autant au Nord qu’au Sud que nous devons préserver ces richesses communes que sont la terre et l’eau.

L’aide au développement, si elle est soutenue par des objectifs clairs et pertinents à long terme, est à cet égard essentielle. Aujourd’hui, un constant nous accable : près d’1 milliard d’êtres humains ont faim dans le monde. Paradoxalement, les trois quarts des affamés sont des paysans.

Pourtant – paradoxe et scandale permanent –, l’offre alimentaire mondiale est suffisante et le monde actuel n’a jamais eu autant de moyens pour l’accès de tous aux droits fondamentaux. Il est donc tout aussi fondamental aujourd’hui de garder en tête six priorités qui doivent guider nos politiques de développement et notre accompagnement de la société civile au Nord comme au Sud :

  1. Garantir le droit à la souveraineté alimentaire : la France, et avec elle l’Union européenne, devrait renoncer aux subventions, aux exportations à prix bradés des denrées agricoles et au pillage des zones halieutiques. Elle doit aider financièrement les paysans du Sud à passer à des techniques adaptées et promouvoir un accord international sur la pêche préservant les droits de la pêche artisanale ;
  2. Respecter les engagements pris en faveur de la lutte contre le changement climatique et l’adaptation des pays les plus vulnérables : abondement du Fonds vert bilatéral et multilatéral, en priorisant les pays les plus pauvres et les États insulaires, à hauteur de leurs besoins de résistance climatique, financement des forêts, dont la destruction génère actuellement 20 % des émissions de gaz à effet de serre, soutien aux populations locales pour le non déboisement et l’entretien des forêts tropicales ;
  3. Agir en faveur d’une politique ambitieuse en matière d’environnement, passant par la mise en place d’une Banque mondiale de partage des savoirs communs (semences, gènes, technologies vertes) ; d’un dispositif mondial de lutte contre la biopiraterie avec la mise en place d’offices nationaux de vérification des brevets et de protection des savoirs ancestraux ; du renforcement du droit international en matière de pollutions, notamment la reconnaissance des crimes environnementaux ;
  4. Contribuer à garantir les droits fondamentaux et mettre en œuvre les Objectifs du Millénaire pour le développement, aujourd’hui en panne, à travers l’appui aux services sociaux de base, avec priorité aux zones rurales et aux femmes, et la définition d’un nouvel objectif de gestion démocratique et participative ;
  5. Renforcer le droit dans la lutte contre les délits économiques et financiers, et contre l’impunité en cas de délits commis par les chefs d’État ou les élites internationales. Il faut mettre un terme définitif à la Françafrique, prévenir et sanctionner les conflits d’intérêts par une réelle coopération judiciaire et fiscale, et assurer la restitution rapide des avoirs détournés aux pays spoliés (les « biens mal acquis ») ;
  6. Garantir l’accès à la justice aux victimes des multinationales, avec notamment la création d’un fonds d’appui aux ONG ;

Pour atteindre ces objectifs, plusieurs leviers d’action existent en France et en Europe :

  • La vigilance des collectivités territoriales, qui peuvent refuser de travailler avec des banques utilisant des paradis fiscaux ou des multinationales opaques, comme l’ont déjà décidé douze régions françaises, l’insertion de clauses dans les appels d’offres des marchés publics et le soutien aux démarches de labellisation et de commercialisation « éthiques » et écologiques (la sensibilisation des citoyen-ne-s à ces démarches) ;
  • La mobilisation des consommateurs, avec l’obligation d’étiquetage du contenu social et environnemental des biens et services, et du contenu « fiscal » des produits financiers et bancaires ;
  • L’éducation à la responsabilité, à la justice et à la solidarité internationale, sociale et écologique ;
  • L’appui aux réseaux militants de la société civile.

Les choix à faire sont politiques certes. Ils sont collectifs mais aussi individuels. Nous pouvons chacun d’entre nous, œuvrer, à des niveaux différents, pour lutter contre ce déséquilibre.

Le Sud et le Nord sont étroitement liés et c’est pourquoi le volume de l’aide au développement est si conséquent. Mais il convient d’utiliser à bon escient la manne européenne en prenant en compte les objectifs à long terme. Car en la matière comme ailleurs, une vision politique étriquée et à court terme ne pourra servir le Sud."

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