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Après une nuit agitée, Komorowski remporte les élections polonaises

Publié 05 juillet 2010 - Mis à jour 06 juillet 2010
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Après une nuit agitée pour la démocratie polonaise, BronisławKomorowski du parti dominant libéral-conservateur Plate-forme civique (PO) apparaît comme le gagnant de l’élection présidentielle qui a eu lieu dimanche (4 juillet). Un reportage d'EurActiv Pologne.

L'élection s'est avérée plus serrée que ne l'avaient prédit les sondages d'opinion.

Aux environs de 22 heures, M. Komorowski semblait avoir gagné, avec 50,6 % des voix contre 49,4 % pour Jarosław Kaczyński, dirigeant du parti Droit et justice (PiS), et frère jumeau de l'ancien président Lech Kaczyński, décédé dans un accident d'avion au mois d'avril.

Toutefois, avec 21 % des voix comptées, le résultat était encore dans la balance et peu après minuit, le gagnant semblait être M. Kaczyński, qui avait 50,4 % des voix en sa faveur. De nouveaux résultats sont apparus à 1 heure environ, lorsque 80,39 % des voix avaient été comptées. A ce moment-là, M. Komorowski  était à nouveau en tête avec 51,3 % des voix.

Cette tendance a été confirmée plus tard et lorsque 95 % des voix ont été comptées, M. Komorowski avait obtenu 52,6 % des voix contre 47,4 % pour M. Kaczyński.

M. Komorowski salue le fort taux de participation

Saluant le taux de participation relativement élevé (plus de 54 %) lors de ses premiers commentaires, M. Komorowski a déclaré que sa victoire n'était pas personnelle, mais que la démocratie avait gagné. Plus de 23 millions de Polonais avaient le droit de participer à cette élection.

Père de  cinq enfants et homme politique connu pour son tempérament calme, M. Komorowski deviendra le quatrième chef d'Etat polonais démocratiquement élu depuis la chute du communisme en 1989.

Pour sa part, M. Kaczyński a reconnu cette victoire et a dit que son but était de changer la Pologne. Il a ajouté qu'il était optimiste par rapport aux élections municipales et parlementaires qui auront lieu l'an prochain.

Aleksander Kwasniewski, un ancien président de centre gauche qui a effectué deux mandats, s'est dit satisfait du résultat et a dit qu'avec M. Komorowski, le PO aurait "100 % de pouvoirs et 100 % de responsabilité" et devrait répondre aux attentes sociales d'un grand nombre de Polonais.

Il a affirmé que M. Komorowski était un homme politique expérimenté et une personne honnête.

D'après l'ancien dissident Adam Michnik, rédacteur en chef de la Gazeta Wyborcza, de grands défis restent à relever pour le PO suite à la victoire du parti. La Plate-forme civique aura l'aisance du pouvoir et n'aura pas d'excuse pour ne pas réformer l'Etat. C'est le moment aujourd'hui de mettre en place les réformes qu'on promet depuis longtemps, a-t-il écrit.

Le premier ministre Donald Tusk a dit que la Pologne devrait mener une politique économique sage et stricte dans l'espoir de rassembler le soutient du Parlement. Cependant, il a dit que ce ne serait pas une tâche facile au vue des élections parlementaires à venir à l'automne 2011.

Sławomir Sierakowski, sociologue et commentateur pour le journal de gauche Krytyka Polityczna, a dit qu'il ne s'attendant pas à ce que le PO entreprenne les réformes indispensables sur les finances publiques et le budget. Qui donnera un alibi cette fois, le président n'était plus lié à l'opposition? Qu'est-ce qui sera le plus important pour la Plate-forme civique, ma réélection en  2011 ou la réalisation de son propre programme? Le professeur Jadwiga Staniszkis, sociologue, a noté le bon résultat obtenu par Jaroslaw Kaczyński. Ce n'était pas un perdant, a-t-il soutenu, sa position de départ était bien inférieure, il a tout de même réussi à devenir un rival important de M. Komorowski.

L'ancien premier ministre Jan Olszewski s'est montré enthousiaste, relevant que ma Pologne restait très divisée entre les riches et les pauvres. Il a été contredit par le professeur Janusz Czapinski, un analyste politique, qui a insisté sur le fait que les profondes divisions auxquelles M. Olszewski avait fait allusion était idéologiques et symboliques.

Réactions : 

La présidence de Bronisław Komorowski pourrait contribuer à stimuler le zloty, mais il ne faut pas s’attendre à une réforme économique majeure, a écrit le Warsaw Business Journal.

Les économistes disent que les investisseurs accueilleront Komorowski avec une satisfaction toute modérée – la coopération entre le gouvernement de la Plate-forme civique et un président issu du même parti pourrait signifier que la route vers la réforme économique sera plus aisée.

Le succès de M. Komorowski devrait renforcer le zloty de 2% dans la semaine et décroître la différence des taux d’intérêt entre les obligations polonaises et allemandes de 0,3% point de pourcentage, a dit l’économiste de BNP Paribas Michel Dybula.

Toutefois, personne ne s’attend à une guérison miraculeuse des finances publiques. Les marchés répondront probablement avec un léger optimisme à l’élection de Bronisław Komorowski, mais ils seront loin d’être enthousiastes, a dit l’économiste de la Danska Bank Lars Christensen.

Contexte : 

Bronisław Komorowski, le candidat du parti dominant de centre-droit Plate-forme civique, a fini avec une avance sur son rival conservateur Jarosław Kaczyński suite au premier tour des élections présidentielles, qui a eu lieu le 20 juin. Comme aucun des candidats n’a obtenu une majorité, le deuxième tour qui a eu lieu hier était indispensable (EurActiv 21/06/10). 

Jaroslaw est le frère jumeau de l’ancien président Lech Kaczyński, décédé dans un accident d’avion en Russie le 10 avril (EurActiv 10/04/10).

M. Komorowski est proche politiquement du premier ministre Donald Tusk, dont le parti Plate-forme civique (PO) sera sous pression en raison de l'attente de résultats après la victoire.

Selon plusieurs commentateurs, le premier tour de l’élection présidentielle a révélé un nouveau joueur politique en la personne de Grzegorz Napieralski, le candidat de l’Alliance Démocratique de gauche (ADG).

Bien qu’il ne soit arrivé qu’en troisième place avec environ 14% des suffrages, M. Napieralski a obtenu bien plus de votes que ce que les prévisions laissaient entendre, il y a deux mois, lorsque la campagne a débuté. Sa performance a donné l’espoir à la gauche polonaise de retourner sur le devant de la scène politique polonaise, a affirmé un analyste.

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