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Belgique : élections générales en vue après la chute du gouvernement

Publié 27 avril 2010 - Mis à jour 03 mai 2010
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Le Roi des Belges Albert II a accepté hier (26 avril) la démission du gouvernement du premier ministre Yves Leterme, qui n'aura duré que cinq mois. Le pays plonge de nouveau dans la crise, alors qu'il se prépare à assumer la présidence tournante de l'UE.

Le monarque a demandé à M. Leterme, 49 ans, de rester provisoirement à son poste, a déclaré le palais dans un court communiqué quatre jours après que la coalition gouvernementale se soit effondrée en raison de l'impasse entre les communautés francophones et néerlandophones.

Le Roi a essayé de décrisper la situation durant le week-end, en consultant les dirigeants de partis et en demandant au ministre des finances Didier Reynders, francophone, d'essayer de négocier et de surmonter cette impasse entre francophones et néerlandophones sur les langues et les droits politiques. M. Reunders a demandé à être déchargé de sa mission lundi.

A moins que le Roi ne décide d'une autre initiative, il semblerait que la Belgique se dirige vers des élections anticipées avant celles prévues en 2011.

Cela pourrait avoir des conséquences regrettables sur la préparation du pays avant sa présidence européenne tournante de six mois qui doit commencer en juillet.

M. Leterme, qui a démissionné deux fois en trois ans, a affirmé dans un communiqué écrit qu'il regrettait qu'une solution négociée n'ait pas été trouvée.

Tout en attendant les initiatives du chef de l'Etat, le gouvernement continuera à assurer la gestion effective des affaires courantes dans l'intérêt du pays et de ses citoyens, selon ce communiqué.

Les économistes sont inquiets de voir la paralysie politique de ce pays fort de 10,6 millions d'habitants porter préjudice aux efforts faits pour ramener sa dette nationale en dessous de 100 % du PIB.

Le PIB s'est contracté de 3 % l'an dernier et il devrait augmenter de seulement 1 % en 2010. Le déficit budgétaire pour 2010 devrait atteindre 4,8 % du PIB.

Dans un entretien avec la chaîne d'Etat francophone, Mark Eyskens, ancien premier ministre, a mis en garde : Si nous avons une crise politique profonde, nous pourrions nous retrouver dans une situation similaire à celle de la Grèce. Nous avons une dette qui dépasse les 100 % de notre PIB qu'il nous faut financer.

Certains médias belges ont déjà commencé à remettre en question l'intérêt de conserver en l'état ce pays âgé de 180 ans.

M. Leterme a présenté sa démission jeudi (21 avril) après que le Parti libéral flamand, l'Open VLD, se soit retiré de son gouvernement.

L'Open VLD a déclaré avoir perdu foi dans la coalition en raison de son incapacité à résoudre un différend entre les parties francophones et néerlandophones à propos des frontières électorales autour de la capitale, Bruxelles – une question complexe et sujette à discorde.

Pour compliquer un peu plus la situation, la Cour constitutionnelle a affirmé qu'une solution devait être trouvée avant que des élections ne puissent se tenir, ce qui a conduit les hommes politiques à débattre de la possibilité d'une élection et à accuser leurs rivaux d'être à l'origine de la crise.

(EurActiv avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EurActiv.)

Contexte : 

Les institutions politiques belges sont complexes, et la plupart d’entre elles s’organisent autour du besoin de représenter les principales communautés culturelles.

A la suite des révisions consécutives de la Constitution (en 1970, 1980, 1988 et 1993), un Etat fédéral unique a été créé avec un pouvoir séparé en trois niveaux : le gouvernement fédéral, les trois communauté linguistiques (néerlandophone, francophone et germanophone) et les trois régions (flamande, wallonne et Bruxelles capitale). 

En 2007-2008, les tensions communautaires ont déclenché une crise politique d'une telle ampleur que de nombreux observateurs ont spéculé sur la possibilité d'une partition de la Belgique. Pour apaiser la situation, un nouvel effort visant à réformer la Constitution et à rééquilibrer le pouvoir est actuellement en cours. En 2008, une autre crise liée à la banque Fortis a accéléré la chute du premier gouvernement de M. Leterme.

La ville de Bruxelles est majoritairement francophone, mais sa périphérie est flamande. Les 100 000 francophones vivant aux alentours de la ville bénéficient de privilèges spéciaux, comme celui de pouvoir voter dans le district électoral bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvoorde (BHV).

Toutefois, les néerlandophones s'opposent à ce privilège et ont appelé à une division de ce district en entités séparées entre Bruxelles elle-même et les municipalités flamandes.

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