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Cameron joue dans la cour des Tories eurosceptiques

Publié 23 avril 2010 - Mis à jour 27 avril 2010
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Le leader des conservateurs britanniques David Cameron, qui d'après les sondages reste sur la bonne voie pour devenir le prochain premier ministre britannique, ne s’est pas éloigné des sentiers battus classiques des conservateurs lors du débat télévisé d'hier soir, déclarant que son gouvernement voulait être dans l'UE, non pas gouverné par l'UE. Ses opposants l'ont toutefois accusé de vouloir isoler le Royaume-Uni sur la scène mondiale.

Le débat télévisé d'hier soir entre le favori pour devenir le futur premier ministre M. Cameron, le premier ministre sortant Gordon Brown et le leader du parti libéral démocrate Nick Clegg, a vu le leader des Tories tenir des propos eurosceptiquesmémorables et assez prévisibles.

M. Cameron a affirmé que ses opposants cédaient à tout ce qui venait de Bruxelles et ne défendaient pas leur pays.

La question de l'Europe est un casse-tête historique pour les dirigeants des Tories, qui doivent trouver un équilibre délicat pour contenter l’influent courant eurosceptique du parti tout en maintenant des relations cordiales avec les groupes politiques du même bord politique à travers l'Europe.

Suite aux élections européennes de juin 2009, M. Cameron a semblé confirmer ses tendances eurosceptiques lorsqu'il a retiré les Tories duprincipal parti du Parlement européen, situé au centre droit, l'estimant trop pro-européen. Cet événement a été perçu comme désastreux pour les Tories par de nombreux commentateurs européens, qui pensent qu'ils perdront non seulement leur influence mais aussi de nombreux partenariats européens majeurs (EurActiv 13/07/09).

Les Tories sont devenus par la suitela force motrice de la formation d'un groupe eurosceptique dans l'assemblée de l'UE, le Groupe des conservateurs et réformistes européens (ECR) (EurActiv 23/06/09). Ils se sont cependant trouvés confrontés à des attaques persistantes selon lesquelles certains de leurs alliés auraient des convictions politiques extrémistes.

Echanges d'accusations sur l’Europe

Continuant dans cette voix, le dirigeant du parti travailliste Gordon Brown et le chef du parti libéral démocrate (Dem Lib) Nick Clegg ont poursuivi l'offensive sur la question des alliés des conservateurs dans l'UE. M. Brown a accusé M. Cameron d'avoir rejoint un groupe d'extrémistes de droite, alors que M. Clegg a affirmé que les Tories étaient alliés avec une bande de « tarés » et d’homophobes niant le changement climatique.

M. Brown a continué en déclarant que son rival Tory était anti européen et voulait un petit Royaume-Uni qui serait isolé et affaibli sur la scène internationale. Ne soyons plus jamais un siège vide dans l'Europe, a-t-il affirmé.

Faisant écho au premier ministre Gordon Brown,  le leader Dem Lib Nick Clegg a annoncé : nous voulons diriger dans l'Europe, non pas rester sur la touche. Nous donnons le meilleur de nous-mêmes lorsque nous travaillons ensemble en Europe, a-t-il dit.

M. Cameron a rétorqué en affirmant que les suppositions selon lesquelles un gouvernement conservateur laisserait le pays isolépar rapport à Bruxelles étaient illogiques. Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel  défendent leurs pays, a-t-il affirmé lors de la conférence de Bristol, et ils ne restent pas sur la touche en Europe.

Mais vous vous êtes éloigné de M. Sarkozy et vous êtes partis avec les extrémistes de droite, a répondu M. Brown.

M. Cameron a contre-attaqué en accusant M. Brown d'avoir cédé trop de pouvoirs à Bruxelles, que les Tories veulent récupérer, ce qui a alimenté les suppositions selon lesquelles un gouvernement conservateur chercherait des dérogations pour le Royaume-Uni dans un certain nombre de politiques européennes.

M. Cameron a également attaqué le premier ministre travailliste pour avoir refusé d'honorer sa promesse d'organiser un référendum pour le traité de Lisbonne. Les gens se sentent trahis par le fait que le référendum n'ait pas eu lieu, a-t-il déclaré.

Ce que vous entendez de la part des deux autres, c'est, franchement : ne faites pas confiance au peuple. Ne leur demandez pas leur avis lorsque vous passez le pouvoir de Westminster à Bruxelles, a-t-il conclu.

Des sondages d'opinion peu concluants

Les premiers sondages d'opinion ont suggéré que le débat d'hier soir était beaucoup plus serré que le premier, qui a eu lieu mardi dernier.

Il n'était pas évident hier de savoir qui de M. Cameron ou M. Clegg avait pris le dessus, alors que les taux de M. Brown sont ceux qui se sont le plus amélioréparmi les trois candidats.

Le troisième débat, qui concernera l'économie, aura lieu jeudi prochain, et sera retransmis sur BBC One.

Réactions : 

J'ai appris à Bruxelles que l'Europe n'était pas parfaite, mais que vous l'aimiez ou non, il y a de nombreuses choses que nous ne pouvons pas faire tout seuls, comme combattre le changement climatique, les crimes internationaux, et solutionner le nuage de cendres, a dit le dirigeant Dem Lib Nick Clegg, qui a auparavant travaillé dans la capitale européenne.

Les gens commencent à espérer que cette fois ci nous puissions faire quelque chose de différent. Si nous faisons les choses différemment, nous pourrons être fiers du rôle que nous jouerons pour de bon en tant que force dans le monde, a affirmé M. Clegg.

Attaquant l'attitude du leader Tory David Cameron vis-à-vis de l'UE,  M. Clegg a dit : n'écoutez pas les histoire effrayantes selon lesquelles nous ne pouvons pas changer l'Europe. Evidemment nous pouvons la changer si nous ne restons pas en retrait. J'y ai été.

Une majorité autre que travailliste au prochain Parlement mettrait la reprise économique en danger, a dit le premier ministre Gordon Brown, disant aux électeurs : ne faites rien qui puisse mettre la reprise économique en danger.

Appelant à une rupture radicale par rapport aux treize années d'échectravailliste, le dirigeant des conservateurs David Cameron a affirmé que M. Borwn semblait désespéré et l'a accusé d'essayer d'affoler les gens.

Réagissant au débat entre les trois prétendants, le dirigeant du parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) Nigel Farage a dit : C'est tout? Nous n'aurons qu'un débat de 10 minutes sur l'Union européenne? Un débat de 10 minute dans toute la campagne électorale pour les élections législatives sur une institution qui représente maintenant 75 % de notre législation?

Ce que nous avons vu, c’est unconsensus totalsur le fait d’appartenir à l'Union européenne. Et honnêtement, je pense que pour un parti comme l’UKIP, qui est arrivé deuxième aux élections européennes de l'an dernier et n'avoir eu aucune contribution à ce programme signifie qu’il n’y a pas eu de débat approprié sur l'Union européenne dans cette campagne électorale, a affirmé M. Farage.

Simon Darby du Parti national britannique (BNP) a dit qu'il n'y avait pas eu de débat sur l'Europe. Tous ces gens sont profondément engagés avec l'Union européenne.

Personne n'a suggéré que nous devrions nous retirer de l'Union européenne. Sur la question de la guerre en Afghanistan, ils sont tous pour. Nous ne devrions pas être dans cette situation, a dit M. Darby.

J'ai mes problèmes, notre parti a des problèmes avec la communauté musulmane dans ce pays, mais nous ne croyons pas à l'invasion des pays musulmans, ni au fait de les forcer à intégrer nos idéaux occidentaux. C'est scandaleux, a-t-il ajouté.

Adam Price du parti nationaliste gallois Plaid Cymru a dit : Quel choix s'offre à nous? Quel changement pouvons-nous envisager quand les trois leaders de Westminster MM. Cameron, Brown et Clegg soutiennent tous les trois la poursuite de la guerre en Afghanistan – une guerre dont on ne voit pas la fin et qui nous a coûté cher en vies et en financements?

Ce débat des leaders n'était pas un réel débat et nous n'avons pas vu le petit signe précieux de leadership que les gens réclament a-t-il affirmé.

Prochaines étapes : 
  • 29 avril : Troisième débat, principalement sur les affaires économiques.
  • 6 mai : Elections législatives au Royaume-Uni.
Débat entre les dirigeants de partis
Contexte : 

Les trois principaux partis politiques britanniques ont revendiqué la victoire de leur dirigeant respectif lors du premier débat de l'histoire du Royaume-Uni entre premiers ministrables qui s'est déroulé la semaine dernière (15 avril). Toutefois, les sondages d'opinion indiquent que c'est le dirigeant du Parti démocrate libéral Nick Clegg qui a le plus fait sensation en amont des élections générales prévues le 6 mai (EurActiv 16/04/10). 

Les trois programmes électoraux offrent des visions différentes du futur des relations du Royaume-Uni avec l'UE.

Un gouvernement conservateur s'engagerait de manière constructive avec l'UE mais établirait un blocage référendaire sur tous les futurs transferts de pouvoir de Londres à Bruxelles, alors que les travaillistes essaieraient de préserver le rôle du Royaume-Uni en tant qu'acteur moteur dans l'Europe.

Les Démocrates libéraux, pour leur part, se sont engagés à mettre le pays au cœur de l'Europe pour s'assurer que le pays utilise son influence pour parvenir à la prospérité, à la sécurité et pour offrir des opportunités à son peuple.

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