Helle Thorning-Schmidt, dont le parti a dirigé une alliance connue sous le nom de « Bloc rouge », a annoncé sa victoire environ trois heures après la fermeture des bureaux de vote. « Nous avons écrit l'histoire aujourd'hui », a déclaré Helle Thorning-Schmidt.
Selon un premier décompte, le Bloc rouge a gagné avec une légère majorité de cinq sièges au parlement danois, qui en compte 179 au total. Le taux de participation a été de 87,7 %.
Dès aujourd'hui, la future première ministre du Danemark va devoir s'atteler à la tâche difficile de former un gouvernement de centre-gauche, après une élection qui met fin à dix ans de pouvoir du centre-droit.
Même si sa victoire n'a pas été écrasante, Helle Thorning-Schmidt a toutefois su mener un Bloc rouge composite, dont les partis sont parvenus à exploiter la colère des électeurs face à la situation économique et à chasser le premier ministre, Lars Lokke Rasmussen.
Pour le Danemark, qui compte 5,5 millions d'habitants, l'élection s'est jouée autour des questions qui ont également divisé beaucoup d'autres pays européens : une faible croissance, un déficit important et une dette nationale record.
Le fait que les deux plus grands vainqueurs de la soirée aient été l'alliance Rouges-Verts d'extrême-gauche et les sociaux-libéraux du centre va compliquer la formation du gouvernement.
Ces deux alliances soutiennent Mme Thorning-Schmidt, mais sont loin d'être d'accord sur bon nombre d'autres domaines. Le parti des socio-démocrates de Helle Thorning-Schmidt a en réalité récolté moins de voix et sera le deuxième parti, après les libéraux de Lars Lokke Rasmussen.
« C'est le défi de la politique », a déclaré Jorgen Elklit, politologue à l'Université d'Aarhus. « Il faudra sans doute des jours, voire des semaines pour former un gouvernement ».
Les premières questions abordées porteront sur l'économie, le Danemark se préparant à prendre les rênes de la présidence tournante de l'UE en janvier de l'année prochaine. La plate-forme électorale de Helle Thorning-Schmidt s'est appuyée sur une augmentation des dépenses de l'Etat, une augmentation des impôts pour les plus aisés et un plan peu commun d'augmentation du temps de travail de douze minutes par jour pour tous. Une heure supplémentaire chaque semaine, affirme son alliance, pourrait contribuer à la reprise économique.
Vote sanction contre le gouvernement en place
Avec l'élection de Helle Thorning-Schmidt, le Danemark est le dernier en date parmi plusieurs pays européens à voter contre le gouvernement en exercice, au moins en partie à cause des difficultés économiques.
L'Irlande, la Finlande, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et le Portugal ont subi les mêmes changements.
Le gouvernement socialiste espagnol pourrait bien perdre les élections générales du 20 novembre, et la chancelière allemande, Angela Merkel, a également perdu plusieurs élections régionales depuis mai 2010.
Le Danemark a été épargné des plus graves traumatismes endurés par d'autres pays d'Europe occidentale, dans la mesure où il ne fait pas partie de la zone euro. Cela signifie qu'il n'est pas impliqué dans le sauvetage des pays fortement endettés tels que la Grèce, une question qui a suscité beaucoup d'amertume de la part des citoyens allemands.
La crise économique a toutefois transformé l'excédent satisfaisant du pays en déficit, ce dernier devant atteindre 4,6 % du PIB l'année prochaine.
Les banques danoises sont elles aussi en difficulté ; la petite banque Fjordbank Mors est notamment passée aux mains de l'Etat en juin, la neuvième dans ce cas depuis le début de la crise en 2008.
La nouvelle première ministre fait partie d'une famille politique européenne plus large, étant mariée au fils de Neil et Glenys Kinnock. Neil Kinnock a été commissaire européen et a dirigé le parti travailliste britannique, Glenys Kinnock a été eurodéputée et ministre en charge des affaires européennes dans le dernier gouvernement travailliste.
EurActiv avec Reuters – Article EurActiv traduit de l'anglais

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