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Elections aux Etats-Unis : l’Europe souhaite un changement [FR]

Publié 06 février 2008
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Au moment des résultats des primaires du « Super Tuesday », de nombreux responsables politiques et gouvernements en Europe espèrent un changement radical à la tête du gouvernement américain, après le mandat de huit ans de M. Bush.

Même si l’on est encore loin de pouvoir affirmer qui sera à la Maison Blanche à ce moment de l’année prochaine, les responsables politiques européens attendent avec impatience un changement, après des années de frustration due à la politique étrangère du président George W. Bush.

La course entre les candidats démocrates a vu la montée de Barack Obama, sénateur charismatique de l’Illinois, rivalisant pour devenir le premier président noir, et de sa concurrente, l’ancienne première dame Hillary Clinton – qui espère également marquer l’histoire en devenant la première femme présidente de l’Amérique. Suite au grand nombre de délégués remportés par ses deux candidats, la campagne s’annonce serrée.

Jusqu’à présent, M. Obama semble avoir remporté 13 Etats et Mme Clinton huit, mais elle a remporté le soutien des Etats clés que sont la Californie et New York, les deux Etats ayant le plus grand nombre de délégués, ce qui lui permet de prendre la tête.

Dans la course républicaine, le sénateur John McCain d’Arizona a clairement émergé comme le favori, remportant au moins neuf Etats mais ne parvenant pas à renverser ses rivaux, Mitt Romney et Mike Huckabee, dans les élections étrangères les plus suivies en Europe depuis très longtemps.

Des guerres en Afghanistan et en Irak à l’absence de véritable engagement envers des mesures de lutte contre le changement climatique (EurActiv 16/06/07), les Européens souhaitent un nouveau départ.  Ce sont notamment les candidats démocrates qui gagnent le plus vaste soutien sur le « vieux continent », la couverture médiatique étant largement axée sur la course Obama-Clinton.

Le principal espoir est que le nouveau dirigeant réorientera la politique étrangère des Etats-Unis vers une approche plus multilatérale, en accordant une attention toute particulière à la coopération politique, militaire et environnementale avec l’Europe.

Néanmoins, la plupart des analystes affirment que, quel que soit le candidat qui parvienne à la Maison Blanche, il est peu probable d’assister à un changement fondamental dans la politique étrangère et l’intérêt porté au projet européen restera à l’arrière plan.

Réactions : 

Commentant les primaires, le président du groupe socialiste au Parlement européen Poul Nyrup Rasmussen a déclaré : il semble que cela soit la fin de l’ère conservatrice aux Etats-Unis. Les démocrates attirent une nouvelle génération dans la politique. 

Quel que soit le vainqueur chez les démocrates, il devra encore battre les républicains, a ajouté M. Rasmussen qui appelle au changement. 

Mais l’ancien ministre allemand des Affaires étrangères et vice-chancelier Joschka Fischer estime que les Européens seront probablement déçus dans leurs espoirs d’un changement fondamental dans la politique étrangère américaine. « Il faudrait un vrai petit miracle politique pour que ces espoirs ne soient pas déçus, et ce dernier n’aura pas lieu – quel que soit le nouveau président », a écrit M. Fischer pour le Project Syndicate-Institute for Human Sciences.

« Mais Bush n’a ni inventé l’unilatéralisme américain, ni été à l’origine du clivage qui sépare les Etats-Unis de l’Europe. Certes, il a aggravé ces deux tendances, mais leurs causes réelles sont plutôt à trouver dans des facteurs historiques objectifs, notamment dans le fait que les Etats-Unis constituent la seule puissance mondiale depuis 1989 et dans la faiblesse que l’Europe s’inflige à elle-même. Tant que les Etats-Unis resteront la seule puissance mondiale, le prochain président américain ne pourra ni ne voudra changer le cadre de base de la politique extérieure américaine », a-t-il conclu. 

La publication de l’Economist basé à Londres  estime également que les Européens risquent d’être déçus s’ils espèrent un changement politique majeur vers davantage de multilatéralisme. D’après le journal, l’enthousiasme européen, quel que soit le candidat, risque de se dissiper après les élections, quel que soit le nouveau chef d’Etat, Mme Clinton ou M. Obama. La personne qui convaincra les électeurs gouvernera comme un Américain, promouvra les intérêts américains dans le monde, et décevra sans aucun doute de nombreux observateurs à l’étranger. Il serait naïf de la part des Européens d’imaginer autre chose. 

George Friedman, pour le Stratfor's Geopolitical Intelligence Report, affirme que les évolutions géopolitiques majeures, comme la réémergence d’une Russie qui s’affirme, la puissance économique croissante de la Chine et l’avenir de l’Union européenne, ne sont tout simplement pas des sujets pour tous les candidats, dans la mesure où le débat de politique étrangère continue de se limiter à une question : l’Irak. 

Prochaines étapes : 
  • 3 juin 2008 : Les trois derniers des 29 primaires et caucus seront organisés, révélant les résultats finals. 
  • 4 nov. 2008 : Election présidentielle aux Etats-Unis
Contexte : 

Les élections présidentielles américaines ont pris un tournant décisif le 5 février – le fameux « Super Tuesday » – avec un record de 24 Etats tenant les primaires et organisant des caucus pour sélectionner les délégués qui éliront le candidat de leur parti à la présidentielle de novembre.

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