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Gordon Brown révèle son grand remaniement ministériel [FR]

Publié 29 juin 2007 - Mis à jour 22 décembre 2011
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Le successeur de Tony Blair au poste de premier ministre du Royaume-Uni, Gordon Brown, a dévoilé l'ampleur du remaniement ministériel visant à imprimer sa marque sur le nouveau gouvernement. Etant lui-même considéré comme un "Européen minimaliste", son choix d'un pro-Européen aux affaires étrangères pourrait bien jouer un rôle de contrepoids politique.

Gordon Brown, ancien chancelier de l'Echiquier, a souligné "le besoin de changement" en devenant premier ministre du Royaume-Uni le 27 juin 2007 après avoir patienté dix ans pour prendre la suite de Tony Blair.

Son nouveau Cabinet ne sera pas seulement composé d'opposants à la guerre en Irak dans laquelle s'est engagée Tony Blair, tout en cherchant à attirer des talents n'appartenant pas à l'arène politique. Il s'efforce ainsi de regagner la confiance des électeurs travaillistes avant la tenue des élections législations qui devraient avoir lieu dans trois ans. Le parti travailliste (Labour) est à la traîne dans les sondages, se retrouvant derrière le parti conservateur emmené par David Cameron.

Le parti travailliste s'est notamment divisé sur la question de l'engagement dans la guerre en Irak, contraignant T. Blair à renoncer à accomplir la totalité de son troisième mandat, ce qui a conduit G. Brown à déclarer qu'il "réexaminerait la présence britannique en Irak".

David Miliband, qui remplace Margaret Backett et devient le plus jeune secrétaire d'Etat des trente dernières années, va devoir relever le défi de mettre son pays à certaine distance du conflit irakien, tout en restant en bons termes avec l'Administration Bush. Miliband, pro-Européen et cofondateur du think-tank Centre for European Reform, jouera également un rôle déterminant pour assurer la bonne marche des relations quelque peu tendues entre l'Europe et Gordon Brown, perçu par la plupart des responsables européens comme un Eurosceptique.

Miliband a fait partie du groupe d'intellectuels européens qui a formulé la Déclaration de Laeken en 2001, appelant à une réforme institutionnelle pour renforcer l'UE. Il sera également un élément important pour lutter contre les Conservateurs qui réclament la tenue d'un référendum sur le tout nouveau traité européen (EurActiv 23/06/07). Il sera assisté par Jim Murphy, un Blairiste pro-européen, qui sera en charge des affaires européennes.

Alistair Darling, secrétaire d'Etat au commerce et à l'industrie, a été choisi pour remplacer Brown comme ministre des Finances, alors que John Hutton a été nommé à la tête du nouveau ministère de l'Entreprise et de la Réforme réglementaire, qui remplacera le ministère tentaculaire du commerce et de l'industrie. Témoignant du souhait de G. Brown de se rapprocher des mileiux d'affaires, ce nouveau ministère se chargera de "promouvoir la productivité et l'entreprise au sein du gouvernement et en Europe" et couvrira également la politique énergétique - un domaine considéré comme essentiel pour la compétitivité.

Selon certains observateurs, l'approche économique pro-libérale de G. Brown et son minimalisme européen pourrait le mettre aux prises avec le nouveau président français, Nicolas Sarkozy.

N. Sarkozy se montre favorable à davantage d'intégration politique et se démarque de G. Brown sur l'ouverture à la concurrence et la globalisation. Sa position a exaspéré le Royaume-Uni lors du récent Sommet européen, où le président français a demandé le retrait des objectifs européens du principe de "concurrence libre et non faussée". Il a également plaidé en faveur d'une politique industrielle reposant sur la "préférence communautaire" visant à produire des "champions européens" (EurActiv 27/06/07).

La chancelière allemande Angela Merkel jouera certainement un rôle de pivot dans cette relation. Partageant l'enthousiasme de N. Sarkozy à l'égard de l'Europe, sa politique se rapproche de celle de G. Brown en matière de libéralisation des marchés et de libre-échange.

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