Dans son communiqué, la Commission européenne félicite M. Ponta, le dirigeant de l'Union sociale-libérale (USL), pour sa victoire. L'USL est une coalition qui regroupe le Parti social-démocrate (affilié au Parti socialiste européen) de M. Ponta et le Parti national libéral de Crin Antonescu (membre du groupe ADLE). Le parti de M. Ponta est le constituant principal de la coalition.
L'USL a remporté les élections du 9 décembre par une large majorité à la Chambre des députés et au Sénat, récoltant 273 sièges sur 412 dans la chambre basse.
L'Alliance Roumanie droite (ARD), qui fait partie du Parti populaire européen, le parti de centre-droit dont est membre José Manuel Barroso, se retrouve loin derrière les alliés de M. Băsescu. Elle est arrivée en deuxième position avec 56 sièges à la chambre basse, une chute de 50 % comparée aux résultats de 2008.
La constitution roumaine donne au président le pouvoir de choisir un premier ministre et il est loin d'être certain que M. Băsescu nommera son adversaire politique Victor Ponta. L'été dernier, quand les deux hommes se sont lancés dans une lutte politique acharnée, M. Băsescu a affirmé qu'il ne désignerait pas une nouvelle fois M. Ponta au poste de premier ministre.
L'avenir de M. Băsescu au poste de chef d’État paraît toutefois aussi incertain. Même si son mandat se termine en novembre 2014, la coalition USL devrait à nouveau essayer de discréditer le président.
En juillet, une tentative similaire a échoué en raison du nombre insuffisant de participants au référendum.
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Dans son communiqué, M. Barroso indique qu'il se réjouit de collaborer avec les deux hommes politiques.
« Le peuple roumain a clairement exprimé son choix de manière démocratique. Le président Barroso se réjouit de collaborer avec le premier ministre Victor Ponta et le président Băsescu au cours des prochaines années difficiles afin de promouvoir les réformes nécessaires dans les intérêts de la Roumanie et de l'Europe », peut-on lire dans ce communiqué.
Ce message soigneusement formulé invite les deux dirigeants à se maîtriser. Alors que M. Ponta est sorti comme le grand vainqueur de l'élection, il semble que la Commission veuille que M. Băsescu respecte les résultats des élections et désigne M. Ponta au poste de premier ministre. M. Barroso a néanmoins déclaré à l'USL qu'il se réjouissait de collaborer avec M. Băsescu dans les « années à venir ».
Les relations entre la Roumanie et l'UE ont été mises à l'épreuve depuis la crise politique de cet été.
Rapport de suivi
La Commission européenne prépare un rapport de suivi sur les réformes judiciaires roumaines (voir « contexte »), qui devrait être publié au cours des semaines prochaines. Le dernier rapport, publié le 18 juillet, laisse penser que si l'ordre constitutionnel du pays n'est pas respecté, la Roumanie pourrait être suspendue de son droit de vote au Conseil des ministres de l'UE.
Des sources de la Commission ont confié à EurActiv que l'exécutif européen enverrait une mission exploratoire à Bucarest avant la fin de l'année. La délégation de cette mission rendra compte à M. Barroso et le prochain rapport devrait ensuite être publié au début de l'année prochaine.
Mark H. Gitenstein, l'ambassadeur des États-Unis à Bucarest, a aussi récemment déclaré que Washington attendait de la Roumanie, son « allié stratégique », qu'elle reste fidèle à l'État de droit et à ses engagements envers le FMI afin d'éviter une répétition de la crise politique de l'été dernier.




